Lucius
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Lucius au Théâtre Fairmount | Parfaite synchronicité

On se trouvait dans une bulle fermée, hermétique, intime et d’une simplicité désarmante mardi soir, au Théâtre Fairmount, alors que les doubles de Lucius prenaient place sur les planches de la salle du Mile-End. Une synchronicité parfaite aux touches rétro qui nous emmène dans un espace-temps parallèle.


On est d’abord transporté par le doux rock indie de Pure Bathing Culture, un duo de Portland, Oregon, tout ce qu’il y a de plus cliché et typique de cette région américaine, où le mouvement hipster serait né. Mais les sonorités planantes et les mélodies vocales ont un je-ne-sais-quoi qui rappelle fortement Fleetwood Mac et qui ne manque pas de bercer la foule qui ondule tranquillement aux rythmes soft du duo. Une belle découverte qui met bien la table pour la suite.

Harmonie symétrique

À la tête de Lucius, le duo féminin formé de Jess Wolfe et Holy Laessig est tout à fait hypnotisant. D’abord, le reflet l’une de l’autre, jumelles de style, elles prennent place sur scène face à face, dans une symétrie orchestrée, comme si un miroir tranchait la scène en son milieu. Elles chantent systématiquement à l’unisson, d’une seule voix, dont les échos ne font que mettre en valeur les harmonies vocales générées.

Débutant le voyage avec l’excellente Madness, issue de leur tout récent Good Grief, suivie de la toute aussi excellente Tempest, du précédent Wildewoman, on aborde la soirée solidement. Et le rythme se maintiendra tout au long de la soirée, la qualité de la prestation continuellement élevée et à la hauteur des attentes.

Une qualité musicale assurée non-seulement par les voix justes de la bête à deux têtes, mais également par les trois autres membres du groupe, multi-instrumentistes, alternant avec facilité de la guitare aux percussions, à mi-chanson. On apprécie leur talent notamment lors d’improvisations réussies comme celle qui sert de transition et de prétexte à changement de costume à Better Look Back et Almighty Gosh.

Les performances dépouillées sont probablement les plus impressionnantes et les plus populaires auprès d’une foule particulièrement chaleureuse et réceptive. On pense entre autres à la magnifique Go Home, empreinte d’une émotion sincère ou à Dusty Trails, qui prend un tout autre sens sur scène et dont la pertinence est d’autant plus rehaussée que la version sur disque. Leur interprétation avec passages a cappella démontrent toute la justesse et la clarté de l’appareil vocal des deux chanteuses.

Un spectacle habilement calculé qui garde pourtant une touche de spontanéité et d’authenticité désarmantes. Le tout appuyé par un charisme indéniable de la part du groupe dont la classe et une prestance assumée émanent des deux leaders, qui forment l’âme du quintette.

À découvrir ou redécouvrir sans hésitation cet été à l’occasion du festival Osheaga, auquel le groupe prendra part.

Grille de chansons

  1. Madness
  2. Tempest
  3. Almost Makes Me Wish For Rain
  4. Truce
  5. Go Home
  6. Don’t Just Sit There
  7. Something About You
  8. Nothing Ordinary
  9. Better Look Back
  10. Almighty Gosh
  11. Turn It Around
  12. Dusty Trails
  13. Born Again Teen
  14. Gone Insane

Rappel

  1. Can’t Help Falling In Love (reprise de Elvis Presley) avec Pure Bathing Culture
  2. How Loud Your Heart Gets
  3. Genevieve

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