Machine De Cirque
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Machine de cirque à la TOHU | Cinq kamikazes s’amusent

La compagnie québécoise Machine de Cirque, qui continue de parcourir le monde avec son premier spectacle du même nom, en met plein la vue aux plus inconditionnels amateurs de sensations fortes. Ils sont cinq gars, cinq acrobates redoutablement doués qui accomplissent à la chaîne leurs étonnants numéros de cirque à la TOHU pour six soirs seulement.

Créée en 2013 à l’initiative de Vincent Dubé qui en est resté le directeur artistique, la troupe n’était pas revenue ici depuis sa participation au Festival Montréal Complètement Cirque en 2015. Ce qui rend son travail spécifique, c’est que Vincent Dubé, lui-même artiste circassien depuis l’âge de 11 ans, est allé se chercher en parallèle un baccalauréat en génie civil. On ne sera donc pas surpris de constater que Machine de Cirque s’appuie sur les trois axes forts que sont l’ingénierie, la musique live performative et la théâtralité d’exécution.

La machine en question est un échafaudage complexe sur quatre paliers qui répond de maintes façons à l’inventivité débordante des artistes qui s’en emparent. Avec son enchaînement effréné de numéros originaux, en apparence faciles seulement, le résultat est absolument renversant.

Mêlant avec une certaine malice la jonglerie, le trapèze, l’acrobatie, l’unicycle et la planche coréenne, Machine de Cirque amène encore plus loin ces différentes disciplines au rythme des percussions (surtout la batterie) de Frédéric Lebrasseur qui porte bien son nom.

Tous ont collaboré à l’ensemble en y mettant chacun du sien, mais reste que l’idée originale, l’écriture du spectacle, la direction artistique et la mise en scène sont placées sous la signature de Vincent Dubé. L’adhésion de chacun est à ce point totale que le quintet multiplie avec des sourires coupables les plaisirs dangereux auxquels il se livre, quand ce ne sont pas les éclats de voix entre eux et une dégaine partagée très communicative, rendant vivante et spontanée cette imposante machine.

S’y trouvent une bicyclette trafiquée pour rouler à l’inverse, des chapeaux melon qui valsent, des unicycles périlleux, des quilles blanches jongleuses, des instruments de musique divers et quoi encore? Par contre, la scène est souvent mal éclairée, et à trop vouloir en mettre, on perd le fil parfois, car tout ce contenu disparate roule à plein régime.

L’un des numéros les plus spectaculaires revient à Raphaël Dubé chevauchant l’un après l’autre des unicycles de plus en plus hauts, ce qui doit bien atteindre les trois mètres de hauteur au final. Du jamais vu. Parmi les nombreux autres exploits de Machine de Cirque, il faut souligner aussi la performance à quatre sauteurs sur la planche coréenne, et qui donne les frissons d’un contentement électrisant dans la salle.

Cette proposition circassienne québécoise a été récompensée de nombreux honneurs, dont le Prix d’excellence des arts et de la culture l’année dernière. Deux des membres de la compagnie, Maxim Laurin et Ugo Dario, ont été récipiendaires au Festival mondial du cirque de demain à Paris, et au Youngstage en Suisse. Sans oublier que la performance a repoussé le record Guinness du plus grand nombre de sauts périlleux arrière à la planche coréenne en 2016. Une vidéo de l’exploit a même été diffusée à Times Square.

Le spectacle de 90 minutes sans entracte, qui a été présenté dans une quinzaine de villes de pays incluant la Roumanie, l’Allemagne et même la Hongrie, est un réel accomplissement artistique, et pourrait-on dire, athlétique ou même sportif. Un motif de fierté, comme quoi le cirque créé ici se porte et s’exporte bien.

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