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Mastodon et Eagles of Death Metal au MTELUS | Splendidement inégal

C’est un bien drôle d’amalgame de groupes qui se produisaient en ce lundi férié au MTELUS. Le post-rock de Russian Circles, suivi du rock n’ roll enjoué d’Eagles of Death Metal, suivi du métal progressif de Mastodon, ça crée une soirée un peu inégale.

L’enchaînement de styles aussi différents permet de belles découvertes, mais ça résulte aussi inévitablement en une genre de montagne russe musicale. Dès qu’on commence à se laisser porter par l’ambiance, ça coupe et on change drastiquement de registre.

Mais séparément, les performances étaient vraiment bonnes, donc traitons-les ainsi. Deal? Deal.

Mastodon: Plus grand, plus gros, plus fort

Le timing était parfait pour la venue du groupe américain; non seulement ils ont lancé un nouvel album, Emperor of Sand, plus tôt cette année, mais en plus, ils viennent tout juste de sortir un EP titré Cold Dark Place.

Donc, beaucoup de nouveau stock à présenter à leur public, dont des pièces particulièrement plaisantes à entendre en spectacle, comme Show Yourself, probablement le morceau le plus rock, le plus Foo Fighter-esque du catalogue du groupe. Mais malgré le tas de nouveautés, les gars se sont quand même permis de piger allègrement dans le reste de leur œuvre, surtout dans les trois albums précédents, The Hunter, Once More the Sun et Crack the Skye.

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Ils ont d’ailleurs commencé la soirée en grande pompe, en plongeant dans le monstre de chanson qu’est The Last Baron, comme pour prouver d’emblée de quel bois ils se chauffent. Du haut de ses 13 minutes de long, la toune tirée de Crack the Skye et un condensé de dizaines de riffs, de changements de rythme et de complexités en tout genre qui fut ma foi assez impressionnant à voir live.

En fait, pas mal tout était impressionnant dans cette performance de Mastodon. Ils se sont grayés d’une mise en scène, de lumières et visuels de scène, en plus d’un répertoire de plus en plus diversifié. On entend même que chacun des membres a amélioré ses performances vocales. En plus, ils ont joué pendant presque deux heures.

Le groupe commence à accéder officiellement au statut de géant du métal.

On pourrait même dire que ce sont des… mastodontes. (t’as pognes-tu?)

Eagles of Death Metal: Briller avec ou sans les autres

Les membres de Eagles of Death Metal et de Mastodon sont de bien bons amis (ce qui explique leur partage de la soirée, malgré les différences de style musical) et ça paraît : pour la première chanson des Eagles, Brent Hinds, guitariste de Mastodon, est sur scène, coiffé d’un casque de gladiateur, et se clenche un solo en toute camaraderie.

Eagles of Death Metal_MTLUS_2017-0252Mais le groupe n’a pas besoin de l’excentricité de Hinds pour plaire au public. Ils ont déjà la force du rock n’ roll, un guitariste à la barbe impeccable (le Père Noël du rock, qu’on l’appelle), une bassiste très douée et, surtout, un frontman à l’énergie flamboyante.

Il se dandine, se trémousse et a lancé à peu près 600 piques de guitare dans la foule.

Il a aussi lancé le foulard duquel il se sert pour s’essuyer la face. On sait pas trop si la personne qui l’a attrapé était contente ou dégoutée.

Russian Circles en première partie

Russian Circles (qui ne sont pas russes, en passant, ils sont de Chicago) a ouvert la soirée avec son post-rock/métal instrumental enivrant.

Pour bien apprécier une musique aussi ambiante, c’est toujours recommandé de l’écouter à volume maximum. C’est clairement un truc que comprend le groupe, parce qu’ils étaient à plusieurs décibels au-dessus du seuil standard.

Mais, malgré tout le volume du monde, reste qu’il faut être dans un état d’esprit bien précis pour vraiment savourer une demi-heure d’instrumental…

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