Seth
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MESSE DES MORTS VIII | Psaume II: Cultes et légendes de France et de Navarre

La dernière soirée du festival a vu son lot de grands moments avec le retour de Forteresse, une superbe prestation de Seth qui a presque volé la vedette aux légendes de Tormentor, concluant en force et fracas ce cru 2018 de la Messe des Morts.


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Grosse affluence pour la dernière soirée du festival qui s’annonce épique. Encore en entrevue avec Attila de Tormentor, nous manquons malheureusement l’ouverture de Tsar Stangra, ou Цар Стангра, groupe de Québec aux accents folk et thématiques bulgares.

Défendant leur opus La Diatribe Infernale, les Montréalais d’Ossuaire n’inventent rien mais s’améliorent encore et sont à prendre au sérieux dans la relève du métal noir québécois. Devant une salle déjà bien remplie, ils livrent une honorable prestation avec un style cru et glacial à souhait, étendant leur noirceur plus loin à chaque concert.

Place au deuxième chapitre islandais du festival : Sinmara. Première prestation en Amérique du Nord pour ce quatuor où on retrouve un des guitaristes de Svartidauði. Et on peut définitivement dire que la scène black métal islandaise affirme son style avec ce son profond parfois planant, sorti des entrailles d’une terre volcanique en fusion où se mêle des arpèges dissonants et des rythmiques infernales, chaotique mais puissant et maitrisé par chaque musicien en contrôle de son élément.

La suite est parisienne avec la horde de Temple Of Baal qui envoie aussi du lourd. Les Français se donnent à fond dans leur black death metal nous écrasant à coup de riffs bien graves sortis des ténèbres. Presque des airs d’un Behemoth plus sombre et sale, mais tout aussi puissant, comme le prouve les extraits de leur dernier Mysterium. Ça frappe dur derrière la batterie avec une récente recrue d’Arkhon Infaustus, et Temple Of Baal s’en sort avec les honneurs pour représenter l’Hexagone ce soir.

Voici enfin les québécois les plus attendus du festival, après avoir été programmés il y a deux ans lors de la soirée annulée : le retour de Forteresse. Même si leur nom est établi depuis longtemps, le groupe s’est surpassé avec un dernier album monumental, Thèmes Pour la Rébellion, dont on peut enfin apprécier les chansons ce soir, après deux ans d’attente. Dommage que, sûrement dans une optique de recréer l’esthétique sonore atmosphérique de l’album, le son se noie un peu dans la reverb et l’écho. Ce qui n’enlève rien à la puissance de tueries comme Là où Nous Allons ou Spectre de La Rebellion qui nous emportent dans d’épiques batailles, dont celle du mosh-pit qui grandit. Les poings sont hauts et nombreux dans les airs pour saluer la solide prestation de Forteresse.

On revient alors en France avec un événement aussi attendu : Seth qui présente l’intégralité de son album culte de 1998, Les Blessures de l’Âme. Certainement la plus belle prestation du festival, puisque les Français font lever le rideau noir en fond de scène pour laisser apparent le magnifique choeur en bois sculpté de l’ancienne église, sur lequel ils font projeter leurs visuels morbides : somptueux. Ce soir le Mal est bien à sa Quintessence. 50 minutes épiques de black symphonique avec l’album joué en intégral et une mise en scène qui se terminera avec la bénédiction de deux nones que le chanteur immacule de sang sur l’autel. Ovation pour Seth et cette unique performance.

Novembre 1988, Hongrie : le groupe Tormentor enregistre un album pionnier qui allait révolutionner le metal extrême et influencer les plus grands du genre. Novembre 2018, Montréal, exactement trente ans plus tard : il est 23h15 et ce même groupe monte sur la scène du Théâtre Paradoxe. Un autre miracle de la Messe des Morts. Menés par le célèbre et diabolique Attila, également chanteur de Mayhem, Tormentor nous envoie presque l’intégralité de Anno Domini et Seventh Day Of Doom devant un parterre de fans déchaînés. Contrairement à Kreator ou Sodom qui datent de la même époque, Tormentor ne s’est pas assagi avec les années avec un son plus propre ou moderne, et nous balance son black thrash démoniaque de manière brute et sale. Presque un aspect punk qui respire l’authenticité de leur époque. Attila se sert de deux micros pour aller arracher des cris des entrailles du diable, semblant possédé à certains moments. Que ça soit dans les pièces plus lentes comme le cultissime Elisabeth Bathory ou Beyond, ou dans les dévastateurs Tormentor I ou Heaven, les Hongrois ne baissent jamais d’intensité. Le public est moins nombreux que pour Seth, peut-être faute d’heure tardive et de métro lointain, mais celui qui reste exulte et les premiers rangs sont en transe. Un événement historique et métallique, mené par le légendaire Attila pour clore en beauté cette 8éme édition de la Messe des Morts.

Grilles de chansons Tormentor:

  1. Tormentor I
  2. Heaven
  3. Elisabeth Bathory
  4. Damned Grave
  5. In Gate Of Hell
  6. Transylvania
  7. Tormentor II
  8. Trance
  9. Beyond
  10. Apocalypse
  11. Lyssa
  12. Anno Domini

Rappel:

Branded With Satan
Mephisto
Live In Damnation
Seventh Day Of Doom

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