Metallica
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Metallica à Montréal | Toujours plus gros, plus fort, plus loin

Tout est toujours plus gros avec Metallica. TOUTE.


Déjà, en sortant de la station de métro Jean-Drapeau, il fallait entreprendre une excursion de 30 jours avec un sherpa pour arriver au site du spectacle. À notre arrivée, on ne comprend pas trop où est la scène. Serait-ce cette immense masse formée par 5 murs géants, sans toit pour recouvrir les musiciens en cas de pluie ?

La première partie, Avenged Sevenfold, nous confirme que oui, c’est bien ça.

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On vous épargne notre impression de la prestation d’Avenged Sevenfold. C’est MAIS VRAIMENT PAS ÇA qu’on était venu voir. Chacun ses goûts. Mais rien de tout ça ne nous a plu. EURDJIEN.

Pas grave, il y avait de quoi se divertir, comme de s’extasier devant l’ampleur de ce qu’on avait créé sur l’île Notre-Dame. La foule était imposante, séparée en 3 zones et 2 plateformes pas exactement distinguables ni à l’oeil nu, ni en s’y rendant. Juste un chaos de corps humains, avec des couloirs quasi-inexistants pour se rendre d’un endroit à l’autre, et force est de constater qu’il existe probablement plus de variétés de t-shirts différents de Metallica que d’espèces animales sur cette planète.

Un mini-déluge de 15-20 minutes est venu ajouter l’ingrédient manquant à ce cocktail olfactif particulier, composé de pot, de sueur, de Molson Canadian et de pisse. On se sentait quasiment au Rockfest.

La scène est grosse sans bon sens. Genre 8,5 km de large, facilement. James Hetfield dispose d’environ 38 micros un peu partout, et les 5 écrans diffusent en jumbo un mélange de vidéoclips et de captation live de leurs moindres mouvements. On a même pu voir un gros plan du pick de guitare de Hetfield, sur lequel il était inscrit le nom de Montréal et la date du show. Beau souvenir, en vente à la tente de merch.

Et durant les feux d’artifice de La Ronde (de 22h à 22h30), que le band voyait en arrière-plan de la foule au loin, on les diffusait également, mêlés aux autres projections. Belle façon de récupérer les centaines de milliers de dollars qui s’envolent en fumée deux fois par semaine durant l’été.

Y’a aussi des ballons géants qui éclatent à la fin de Atlas, Rise!, des lasers à n’en plus finir, des flammes, des pétards, à peu près 25 follow spots, et le tout dure environ 4 heures 30 minutesC’est la démesure, l’excès dans toute sa splendeur hard rock.

 

Fontaine de jouvence

Une chose qu’on doit admettre, c’est que Metallica vieillit plutôt bien. James Hetfield n’a franchement jamais aussi bien chanté. Et son look s’est considérablement amélioré avec le temps. Aujourd’hui, il ressemble à The Undertaker (version motard), alors que jadis, c’était plutôt le lion dans Wizard of Oz.

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Et on dira ce qu’on voudra mais Kirk Hammett est encore une méchante belle madame.

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Le batteur Lars Ulrich a toujours autant l’air du gars que t’as pas invité à ton party, mais qui se pointe à ton party. Il joue bien de la batterie, même si on le sent souvent déconnecté du reste du groupe.

Le bassiste Cliff Burton est aussi encore en très bonne forme, avec ses petites tresses et son torse de culturiste.

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Mais non, mais non… C’est une blague. On le sait que Cliff Burton est mort depuis 30 ans, et que c’est désormais un dénommé Jason Newstead qui est à la basse.

Ok, mais blague à part (veuillez adresser vos commentaires désobligeants ci-bas), ça sonnait fort en simonaque. On devait être dans les 250 db, je vous dis. On salue les résidents de Saint-Lambert, qui ont dû entendre chaque note du concert.

Metallica (prononcez à l’anglaise en mettant l’emphase sur le A du milieu pour obtenir l’effet Mike Gauthier) ont évidemment pigé dans leur vaste répertoire, en s’excusant presque avant de jouer des nouvelles chansons. « On va jouer du vieux stock aussi, là, promis… »

D’ailleurs, ils sont très polis pour des vilains métalleux que nos mères pensaient sataniques il y a vingt-cinq ans. James Hetfield multipliait les messages d’unité, et d’acceptation des différences. « On s’en fout ce que vous avez fait de votre passé, quelle langue vous parlez ou quel dieu vous priez. » C’est bien, ça.

Le doublé One / Master of Puppets était particulièrement percutant, tout comme le petit moment où la bande a investi les devants de la scène, en cercle plus rapproché pour « reproduire le garage de Metallica » du début des années 1980, et jouer Seek and Destroy.

Le rappel était bien sûr la cerise sur le gâteau, avec Fight Fire With Fire (tout plein de flammes, YEAH!), Nothing Else Matters et Enter Sandman, avant de multiplier les remerciements du fond du coeur à Montréal-cette-ville-qu’on-adore-depuis-trente-ans.

Voilà qui conclut la première partie des célébrations du 25e anniversaire de l’émeute du Stade. Revenez-vous le 19 août, même heure, même lieu, pour la suite : Guns N’ Roses (en espérant qu’Axl ne parte pas après 3 chansons) !  Faith No More, ayant été les têtes d’affiche de Heavy Montréal en 2015, ne reviendront visiblement pas pour compléter le trio.

Une dernière chose…

Oh et petit conseil pour ceux et celles qui comptent aller à Osheaga : soyez patients et prêts à rentrer tard. L’évacuation du site de l’île Notre-Dame a été, comment dire, plutôt lente hier soir pour des milliers de gens. Soyez avertis, et allez-y avec des bons amis avec qui vous aurez envie de partager une ou deux heures dans une foule bondée qui avance à pas d’escargots.

C’est le prix à payer pour des grands événements dans un lieu insulaire qui est le deuxième choix du producteur, parce que le premier est en rénovation. Et ne comptez pas sur le Casino de Montréal comme solution pour sortir plus rapidement du chaos. Le Casino n’est pas votre ami.

Y’a rien là, rentrer tard, ça forge les amitiés et ça crée des anecdotes. Assurez-vous simplement de ne pas prévoir un brunch à 8h le lendemain matin…

Grille de chansons

  1. Hardwired
  2. Atlas, Rise!
  3. For Whom the Bell Tolls
  4. The Memory Remains
  5. The Unforgiven
  6. Now That We’re Dead
  7. Moth Into Flame
  8. Wherever I May Roam
  9. Halo on Fire
  10. Motorbreath
  11. Sad but True
  12. One
  13. Master of Puppets
  14. Fade to Black
  15. Seek & Destroy

Rappel

Fight Fire With Fire
Nothing Else Matters
Enter Sandman

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