Mile Ex End (Festival)
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Mile Ex End 2018 | Le party de quartier qui cherche sa place…

Un an après une première édition mouillée à souhait, le festival Mile Ex End était de retour ce week-end pour une deuxième édition toute en humilité et en sobriété. Nouveauté cette année : la grosse scène en moins (et donc adieu au dinosaure à tête de gland gonflable mais semi-dégonflée de l’an dernier, zut), mais un volet humour en plus. Retour sur un Mile Ex End v.2.0 qui cherche encore sa place et son identité.


« Au fond, Mile Ex End, c’est le parfait festival pour ceux qui allaient à Osheaga, mais qui ont vieilli et qui ont maintenant des enfants », concluait un festivalier en ligne pour aller se chercher une bière samedi soir, entre les spectacles de Charlotte Day Wilson et les Barr Brothers.

Ça résume assez bien. Mile Ex End se veut davantage un « party de quartier » qu’un ixième événement à s’inscrire dans la game des gros festivals de musique montréalais. Avec un décor charmant et intime sous le viaduc Van Horne, l’aménagement d’espaces familiaux et une programmation sur mesure pour mélomanes trentenaires et quarantenaires, on ne fait pas d’ombre au FIJM ou à Osheaga, en effet. Ni même au FME, qui a lieu le même week-end, mais qui attire le tout-Montréal de l’industrie musicale, alors qu’à Mile Ex End, on y croise davantage des familles. Pas de cohue par ici, pas de buzz enivrant, on est en mode plus relax.

Certains se réjouissaient qu’on pouvait y circuler allègrement, aller aux toilettes sans manquer la moitié d’un show, et surtout, en sortir sans le moindre souci une fois les spectacles terminés. D’autres interpréteront ces mêmes caractéristiques comme l’effet d’un jeune festival pas encore bien installé, à la promo plutôt modeste et à l’attrait modéré en raison de la « fatigue festivalière » de la fin de l’été. Après tout, Mile Ex End ferme ni plus ni moins la saison des festivals estivaux, trois semaines avant que POP Montréal ne lance la saison automnale.

Quoi qu’il en soit, la programmation fait la part belle aux artistes d’ici, ce qui est plutôt noble : Hubert Lenoir (qui a tout cassé!), les Barr Brothers, Klaus, Helena Deland, Loud, Tire le coyote et Heartstreets ont notamment pu s’y produire.

On nous propose aussi quelques artistes d’ailleurs, comme Rhye, Broken Social Scene, le groupe punk ontarien PUP (pour la première fois sur scène depuis plusieurs mois, puisqu’ils préparent un nouvel album) et surtout, la grosse prise : le Français Eddy de Pretto, qui avait rempli deux MTELUS deux mois auparavant lors des Francos, et qui en remplira sans doute un autre en avril lors de sa tournée québécoise. Drôle d’idée de le programmer en plein après-midi, d’ailleurs. En même temps, conclure le volet musique avec Loud, c’est un gage de succès.

 

Les humoristes en festival extérieur

Le gros pari de l’année 2018 pour Mile Ex End, c’était toutefois l’ajout d’un volet humour. Un autre festival d’humour?  Oui. Mais celui-ci se distingue par la présentation de sets d’humour en extérieur, ce qui ni le Grand Montréal Comédie Fest, ni Zoofest, ni Dr. Mobilo Aquafest ne proposent.

C’est un peu risqué. D’abord parce que l’humour, ça se consomme généralement en salle, à l’intérieur, bien assis. Mais aussi parce que le magnifique site se trouve en bordure d’un rail de chemin de fer, ce qui fait que… bin le train passe à l’occasion, et ça cause un vacarme pour le moins distrayant. C’est pas si mal quand ça concorde avec la fin particulièrement intense d’un set des Barr Brothers. Mais quand c’est l’humoriste Maude Landry qui essaie de conquérir le public attentif, et qu’elle doit interrompre son set en attendant comme un piquet sur scène pendant une bonne dizaine de minutes pour attendre que le train passe, c’est un peu moins amusant… Ouch.

Ce n’était là qu’une maladresse parmi plusieurs autres. Notons ici le « Schnitzel Truck » qui n’avait plus de schnitzel à 19h samedi, ou encore les grosses roches drôlement placées devant la petite scène, ce qui a donné droit à des sessions de bodysurfing un peu inquiétantes pendant le show de PUP.

Mais aucune blessure à déclarer. Et on nous rapporte que les schnitzels étaient de retour le dimanche.

Somme toute, tout le monde semblait y trouver son compte. Il en faut pour tous les goûts, et pour ceux que la frénésie habituelle d’un gros festival énerve, Mile Ex End est une alternative plus mollo.

Faudra voir ce qu’il en sera l’an prochain. Le volet humour aura-t-il été un succès?  Reviendra-t-on avec cette formule?

Et surtout, est-ce qu’on conserve cette vibe résolument intime?  Mais surtout, à quel prix?  Parce qu’à l’oeil, on a constaté tout au plus entre 1000 et 2000 spectateurs. Ça donne très peu de revenus de billetterie, ça…  Pourra-t-on continuer de programmer des artistes de cette ampleur pour si peu de spectateurs? Poser la question, c’est peut-être y répondre.

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