Lou Doillon
Critique Publié le

Montréal en lumière 2016 | Le captivant retour de Lou Doillon

C’est une Lou Doillon épanchée par la foule montréalaise qui a pris l’assaut des planches du Métropolis, vendredi soir, dans le cadre de Montréal en lumière.


En entamant le concert avec deux pièces de son nouveau répertoire, Doillon a de surcroît imposé un style et une ambiance bien à elle. Et de l’ambiance, il y en avait à foison dans le parterre et les gradins du Métropolis, qui affichait complet.

Pour la Franco-Britannique, sa présence dans la métropole représentait plus qu’un transit, mais aussi « étrangement, une impression de revenir à la maison. » Un sentiment qui s’explique par son alliance montréalaise avec Taylor Kirk, du groupe Timber Timbre, fruit de son deuxième opus, Lay Low.

Si plusieurs doutaient des talents musicaux de la fille des notables réalisateur Jacques Doillon et de l’actrice et chanteuse Jane Birkin, l’écoute de Places en avait agréablement surpris plus d’un. Avec Lay Low, Doillon impose son univers folk/rock avec plus d’assurance et sa curieuse voix rauque, qui semble taillée sur mesure pour le style.

Pour entrer dans le monde de Where to Start, la chanteuse, mannequin et actrice offre trois laissez-passer. Même si elle avoue ne pas avoir un style parfait pour la danse, elle veut voir la foule se trémousser et chanter devant elle. Par-dessus tout, « j’adore voir des gens se rouler des pelles! Comment on dit ici? Frencher? Alors, j’adore voir des gens se frencher! » Une bonne façon de se mettre la prochaine pièce d’inspiration fifties en bouche.

On sent aussi plus d’introspection dans les nouveaux titres et plus de place aux instruments. Les mélodies sont un peu moins accrocheuses, occasionnant de possibles appréhensions pour certains spectateurs avertis. Qu’à cela ne tienne, leur interprétation n’en n’était pas moins captivante et nous donne l’envie de les écouter une seconde fois.

Les 90 minutes de va-et-viens entre les découvertes plus électriques et les titres plus mélodiques du premier album étaient bien naturels et savoureux. Sans montée d’intensité mais beaucoup de richesse musicale, le spectacle s’apparente à un parfait cocon d’hiver.

 

Andy Shauf en première partie

À noter que la première partie était assumée par Andy Shauf. Accompagné de ses trois musiciens, le style musical de l’auteur-compositeur-interprète originaire de la Saskatchewan s’amalgamait bien à celui de Doillon.

Intime, son vol plané d’une trentaines de minutes nous rappelait parfois les années 1970.

Malheureusement, il était difficile de prêter l’oreille aux textes plus introspectifs de Shauf, dont le rock feutré a plutôt servi d’ambiance avant l’arrivée de l’artiste principale.

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