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MRCY 2014 | Metric, Death from Above 1979, Neutral Milk Hotel et plus

Vendredi soir, à l’Espace Montmorency, dans le stationnement de la salle André-Mathieu de Laval, se tenait la toute première édition du MRCY Block Party. Un événement qui accueillait une programmation pas piquée des vers: Metric, Neutral Milk Hotel, Death From Above 1979, The Barr Brothers, Foxtrott, Thus Owls et Caravane. 

En début de soirée, le mythique duo punk rock torontois Death From Above 1979 a livré la marchandise de façon assez efficace. Pendant 45 minutes, Grainger et Kelly ont misé sur une formule concise et punchée, enchaînant les chansons avec dynamisme et impétuosité.

Malheureusement pour les fans de la première heure, les deux rockeurs ont plutôt misé sur les pièces de leur deuxième album en carrière (et premier en dix ans) The Physical World, paru au début de la semaine.  Du lot, les nouvelles Trainwreck 1979 et Right On, Frankestein se sont démarquées. Reste que c’est le classique Romantic Rights qui a suscité le plus de réactions de la foule.

Même s’il a minimisé ses interactions, préférant laisser parler les coups de batterie embrasés et les riffs de guitare incisifs, Grainger s’est confié à la foule avec humour au milieu du spectacle. «La dernière fois que je suis venu à Laval, c’est parce que mon grand-père est décédé. On est venu jouer au bowling et manger de la poutine !», a-t-il dit dans un français impeccable. «J’étais encore un peu triste quand même….»

Death From Above 1979, photo par Karine Jacques

Death From Above 1979, photo par Karine Jacques

Juste avant le coucher du soleil, la troupe montréalaise The Barr Brothers a fait retentir son folk accrocheur. Malgré le talent exceptionnel des musiciens et la qualité des mélodies gracieuses, parfois teintées d’un blues rural bien échelonné, la foule semblait distraite, peu réceptive. Les programmateurs auraient dû prévoir le coup en sélectionnant un groupe un peu plus rock, histoire de mettre la table convenablement pour Death From Above 1979.

The Barr Brothers, photo par Karine Jacques

The Barr Brothers, photo par Karine Jacques

En remplacement de la chanteuse américaine Sky Ferreira, la Montréalaise FOXTROTT a offert une performance ressentie, appuyée par des passages cuivrés et des claviers envoutants. En milieu d’après-midi, le quatuor rock francophone Caravane et le groupe canado-suédois alterno-expérimental Thus Owls ont bien fait, malgré une foule pratiquement absente.

Metric et Neutral Milk Hotel
par Marie-Kim Dupuis-Brault

Drôle de décision que de coincer Neutral Milk Hotel entre le rock qui déchire de Death From Above 1979 et le rock pop dansant de Metric. L’indie folk rock plaignard du groupe aura tôt fait de refroidir la foule précédemment réchauffée par la décharge électrique administrée par DFA1979.

Même si le groupe assurait en formule band, les violons, accordéon, trompettes et scies de la partie, on ne pouvait en dire de même lorsque Jeff Mangum restait seul avec sa guitare devant la foule. Ce n’est pas que le spectacle offert n’était pas de qualité, mais plutôt que le contexte dans lequel il prenait place servait plus ou moins bien le style et l’esprit du groupe. Dommage.

D’autant plus qu’on sentait que la foule attendait patiemment Metric, la tête d’affiche de la soirée, qui au final, n’aura joué qu’un petit 45 minutes, soit 15 minutes de moins que la bande qui les précédait.

Un court set sans rappel d’une dizaine de morceaux seulement, ce qui en a étonné plus d’un.

Metric, photo par Karine Jaques

Metric, photo par Karine Jaques

Sans être la meilleure performance à vie, le groupe a su offrir un concert bien dynamique, fidèle à sa réputation. Emily Haines, en forme, sait comment séduire sa foule avec ses danses et ses interactions fréquentes. On la sent là pour son public.

Les musiciens ont présenté une grille de chansons assez variées, compte tenu du temps limité dont ils disposaient. Des vieux succès comme Dead Disco avec des extraits de IOU et Succexy ont fait leur place parmi les titres issus de Fantasies (Help I’m Alive, Sick Muse, Gold Guns Girls, Stadium Love) et du plus récent Synthetica (Nothing But Time, Youth Without Youth, Clone, Breathing Underwater).

La pièce titre de Synthetica a d’ailleurs donné lieu à un beau moment, les lumières stroboscopiques illuminant les hochements de tête des festivaliers, alors que Breathing Underwater a créé un beau sentiment d’union et d’harmonie en clôture du spectacle.

 

 

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