MRCY
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MRCY 2015 | Alabama Shakes, Mac Miller, Local Natives et plus à Laval

Visiter Laval n’aura jamais été aussi divertissant et agréable que pour cette édition du MRCY. Musique rock, rap, alternative et diversifiée, le tout durant une journée assez froide du début de la saison automnale.

 


 

Précisons que le système de son du festival a joué pour gros dans plusieurs performances. Une qualité sonore exquise se dégageait des enceintes ce soir. Accompagné d’une ambiance festive, public comblé et performances déchainées étaient aux rendez-vous.

 

A$AP Ferg

Le son festif du rappeur se considérant lui même comme le « trap lord » a bien fait danser la foule qui se réchauffait en sautant. L’audience s’est régalée sur des interprétations assez connues, le tout, avec une bonne mise en place des morceaux.

Définitivement, les deux têtes d’affiches hip-hop du festival (lui, mais aussi Mac Miller) avaient le sens de la mise en scène et de la performance. Ferg et son énergie contagieuse ont frappé encore une fois. Entre ses rap, généralement de bouts de chansons, Ferg a offert quelques mots au public entrecoupés d’effets sonores de fusil qui revenait sans arrêt entre ses morceaux.

C’est ce qui a fait le point fort de l’ensemble du concert : des interprétations ne ressemblant pas à ce qui figure sur l’album.

Précisons que le système de son du festival était un élément important dans l’ensemble des performances hip-hop. Le son de Ferg est principalement dans les basses fréquences ce qui a tendance à enterrer le reste des instruments et des voix lors des concerts. Heureusement, les installations du festival ont permis à une qualité sonore distinguée.

Le résultat de la performance reste dans la lignée du style. Un genre de musique pour lâcher notre énergie, danser, mais avant tout, pour faire la fête. Ferg a bien livré.

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Local Natives

Définitivement, le festival a misé sur plusieurs bons artistes réunissant une large clientèle de mélomanes. Par leur son à la Half Moon Run, Local Natives a envoûté leur public. Encore une fois, une performance qui reste dans la lignée du groupe. Les gars de la formation sont rodés et balance le son, sans accrochage.

Le répertoire interprété se promenait entre leur premier album et leurs nouvelles compositions. Leur son sur album est impeccablement réalisé et possède divers arrangements sonores complexes, autant au niveau des voix, que des percussions, que de l’ensemble des constructions musicales. En concert, les Californiens sont sur la note, sur le rythme et le tout captive l’attention, assurément.

Le groupe semblait bien content de performer, tout comme l’audience qui chantait à plein cœur leurs paroles. Dans la grande sphère des genres musicaux regroupant l’ensemble de la programmation, Local Natives se plaçait au sommet de ceux à ne pas manquer pour les fans de rock, indie, et folk enivrant.

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Mac Miller

Il était attendu ce Mac! Disons que l’artiste sait comment jouer la carte du musicien qui ne se prend pas trop au sérieux et aime plaisanter avec l’auditoire. Avant même que le concert s’entame, le jeune homme courait, vêtu de noir, d’un bout à l’autre de la scène. Tous l’applaudissant et riant à la fois.

Apparaissant sur la scène, accompagné de Q, l’un de ses bons amis, l’artiste originaire de Pittsburgh commençait déjà à animer la foule. En criant quelques mots, le public s’est joint à la fête. Pour cause de mot grossier dans la langue de Shakespeare, il est impossible de faire une traduction francophone ayant une représentation parfaite de ce que Mac répétait sans arrêt.

La pièce d’ouverture du concert est un classique de l’artiste, disons que le répertoire du jeune homme dépasse déjà bien des discographies d’artistes déjà établis depuis des années. LOUD a servi de mettre la table, dès les quelques notes de synthétiseurs formant la mélodie jouant sur les enceintes, l’aventure était commencée. Mac Miller possède un grand sens du spectacle, et pour bien le saisir, il faut embarquer et pas juste à moitié.

Après s’être réchauffé sur LOUD, c’était le son du monotube Watching Movies, production sonore par Flying Lotus. Après quelques chansons interprétées, on savait déjà qu’il voulait être saoul à la fin de la performance, qu’il avait un nouvel album, qu’il était bien content d’être à Montréal, et bien sur, le tout en s’informant si la foule était de la fiesta.

L’un des points importants de la performance reste l’ordre des ses morceaux interprétés. Vu son nouvel album récemment sorti, plusieurs s’attendaient à avoir seulement les nouvelles créations. Nous avons cependant eu droit à une sélection passant de ses premières mixtapes, à ses succès en allant cherchés dans le répertoire de ses collaborations.   Mention spéciale à la présentation de sa chanson Donald Trump, qui n’aurait pas pu être mieux présenté vu le contexte social-politique du moment.

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Alabama Shakes

La journée (chargée) s’est conclu avec Alabama Shakes, pour une première présence à Laval, voire même au Québec. En 7 ans d’existence et après deux albums, ils ne sont encore jamais venus à Montréal. Bonne prise pour MRCY, donc, même si à l’oeil, on voyait bien que Mac Miller avait attiré plus de gens devant sa scène.

Mené par la charismatique Britanny Howard, chanteuse à la voix époustouflante, le groupe se caractérise par un mélange de roots rock, de soul, de blues et de gospel. Les musiciens forment un tout épatant, soudé comme peu de groupes, mais bien entendu, la foule n’en a que pour l’épatante chanteuse.

Toute une finale pour une deuxième édition du festival fort réussie, qui comptait aussi sur des prestations des quelques talents locaux (Alaclair Ensemble et Safia Nolin), ainsi que le groupe rock’n’roll July Talk et sa pétillante chanteuse Leah Fay, l’explosif trio gallois The Joy Formidable, et le groupe rock un peu générique Kodaline.

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