Nothing More
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Nothing More au Théâtre Corona | Voyage à dos de scorpion

Adieu, petite routine tranquille du dimanche soir: hier, Nothing More débarquait à Montréal, au Théâtre Corona, et ce n’était pas le temps de relaxer. Et ce groupe du Texas présentait autre chose que du country! Avant le spectacle, Sors-tu.ca a eu la chance de rencontrer le bassiste du groupe, Daniel Oliver, où il a parlé de la présente tournée, et de leurs récentes nominations aux Grammys. Oliver a aussi élaboré sur sa passion pour la soudure, qui l’a mené à créer des engins de scène tels que le Bassinator et le Scorpion Tail. Retour sur un spectacle plus grand que nature.


Eyes Set To Kill et Bad Wolves: voyageurs du désert et athlètes de haut calibre

En première partie, deux groupes ont offert des prestations très énergiques et professionnelles. Eyes Set To Kill, voyageurs en provenance du désert (Phœnix, Arizona), ont su gagner le coeur du public peu à peu. La chanteuse frêle, à la voix puissante et pleine de «garnote» a démontré ses excellentes capacités. Somme toute un peu générique, le groupe a néanmoins posé les premières pierres de la soirée.

Bad Wolves, le groupe suivant, pourrait être qualifié d’athlétique — non seulement à cause de leur iconographie et leur vêtements sportifs, mais aussi grâce à leur performance! Ils ont servi un djent serti de refrains accrocheurs, comme si Hatebreed et The Architects rencontraient Odium et les Deftones. Les spectateurs, à présent très nombreux en ce jour du Seigneur, chantaient leurs paroles avec beaucoup d’intensité.

Les deux groupes ont fait des covers (respectivement Black Hole Sun de Soundgarden et Zombie des Cranberries), et on se demande si cela était vraiment nécessaire… Toutefois, ces deux groupes furent de belles découvertes, pour ceux qui ne les connaissaient guère.

Nothing More: plus grand que nature

Le groupe a déjà offert une prestation à Montréal en avril cette année avec Papa Roach, et il est très content d’être de retour. «Nous sommes dans la cinquième semaine de cette tournée, qui en dure huit. C’est vraiment plaisant, car tous les groupes s’entendent très bien ensemble!, nous expliquait Daniel Oliver, le bassiste de Nothing More, avant le spectacle. On a une grosse équipe: douze personnes pour nous, et dix personnes pour Bad Wolves. C’est une production très rodée, avec beaucoup à transporter, le tout partagé entre dix semi-remorques et neuf autobus de tournée!»

Nothing More a donc joué des chansons de ses deux plus récents albums, soit The Stories We Tell Ourselves (critique de l’album ici!), et Nothing More (2014). Les Texans y sont même allés avec certaines pièces de The Few Not Fleeting (2009), pour les fans les plus hardcore! Et d’ailleurs, les spectateurs présents au Corona sont devenus une véritable chorale, les voix résonnant fortement sous les superbes structures voûtées…

La performance du groupe, extrêmement solide, entraînante et très émotionnelle, avait un rythme soutenu. Le band ne s’autorisait presque jamais à faire des petites pauses entre les chansons! Le chanteur Jonny Hawkins était carrément irréprochable, et il était captivant de le voir se muer en une sorte de gargouille musclée, alors qu’il s’accroupissait sur la structure du Scorpion Tail! On a aussi pu voir à l’oeuvre ses habiletés pour les percussions, lorsqu’il s’activait sur quelques toms installés de part et d’autre de la scène.

Nothing More a été nominé trois fois aux Grammy cette année, avec le single Go To War, pour Best Rock Performance et Best Rock Song, et également Best Rock Album. «Disons que ça solidifie le tout! lance Oliver. On est finalement reconnus dans notre ville natale… Le journal local parle enfin de nous!», lance-t-il, ironique, mais les yeux tout de même brillants.

Daniel Oliver: bassiste, mais aussi artisan soudeur

Nothing More, ce sont des machines, à l’instar de tous ces bidules étranges et captivants avec lesquels ils offrent leur performance. Hier soir, on a pu les voir en action sur ceux-ci, avec premièrement le Bassinator. Avec ce dispositif, trois membres du groupe jouent sur une basse placée à la verticale, et la font tourner grâce à un mécanisme.

Par la suite, durant une seule et trop courte chanson d’influence dubstep, le chanteur s’est amusé avec The Scorpion Tail. Constituée de ferraille; de pièces diverses récupérées (d’automobiles, de tracteurs et de moto), la créature fait partie du spectacle chaque soir. Devient-elle un peu comme un autre membre du groupe? «Je dirais plutôt qu’elle est presque comme un instrument supplémentaire, précise Oliver. Jonny peut grimper dessus, et contrôler nos instruments, un peu à la manière d’un DJ. Ce fut beaucoup de travail pour que tout fonctionne, car le câblage était complexe!» Mais rien ne semble arrêter ce passionné de soudure.

Créateur de ces engins singuliers, Oliver mentionne que The Scorpion Tail est très lourde et compliquée à transporter. Cette structure pèse tout de même 400 livres, et mesure 14 pieds de hauteur (soit un peu plus de 4 mètres)! Lorsqu’on lui demande d’où provient l’idée de créer ces installations artistiques et musicales, il répond vouloir «faire quelque chose d’imposant sur scène», car au départ, le chanteur se servait d’un petit contrôleur midi. «Je trouvais ça petit; ça ressemblait presque à une manette de jeux vidéos!», dit-il en riant.

Les ferrailleurs texans

Et à quoi ressemble le futur pour Nothing More? «Nous avons environ six mois intenses de tournée à venir, et au mois d’avril, nous prendrons un temps d’arrêt.» Oliver mentionne ensuite qu’une nouvelle invention pourrait être construite. «Oui, je veux en créer une autre!» dit-il. Il inspire, de par son désir à vouloir créer, coûte que coûte. «Je peux y travailler en tournée, car j’ai tout de même un petit atelier mobile, installé dans une remorque.»

Nothing More sera donc est en tournée nord-américaine jusqu’au début septembre. En octobre, le groupe traversera l’océan pour plusieurs dates en Europe. Puis, il reviendra à Montréal pour la troisième fois de l’année (au MTELUS le 25 novembre avec Three Days Grace), dans le cadre d’une tournée où ils traverseront le Canada. Le passage de cette machine de scène qui détruit tout sur son passage est à ne pas manquer.

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