Plants & Animals
Critique Publié le

Nouvelle musique locale en vrac | Plants and Animals, Valaire, Duchess Says, Bateau Noir, VioleTT Pi et plus

Pendant que tous les médias s’appliquent à sortir leur thèse doctorale sur la monogamie et la limonade de Beyoncé, notre scène locale regorge de sorties musicales de qualité ces jours-ci, tant du côté des albums complets que des nouvelles chansons annonçant de nouveaux albums à venir bientôt. Petit survol des sons tout neufs qui jouent en boucle au bureau.


Albums

1. Plants and Animals – Waltzed in from the Rumbling

plantswaltzSans contredit l’album de la semaine, Waltzed In From the Rumbling fait certes partie des 3 meilleurs albums d’ici (avec ceux de Suuns et de Laura Sauvage) depuis le début de 2016.

Eux qui nous avaient habitués à un rythme d’un album par deux ans, ils en ont pris quatre après The End of That pour accoucher de ce quatrième album studio contenant 11 titres enregistrés de manière complètement analogue. Les musiciens ont pris leur temps en studio et le résultat en témoigne : il s’agit d’un album complet, qui s’écoute d’un bout à l’autre d’un seul souffle, et qui respire la liberté de création, le bonheur de faire de la musique pour la musique et non pour la carrière ou pour les attentes. C’est un disque varié, aventureux, parfois complexe dans la composition, mais léger dans l’interprétation, les musiciens y faisant preuve d’une souplesse digne de vétérans accomplis.

Avis aux audiophiles : Waltzed In From The Rumbling est un bon sujet à écouter dans des écouteurs. L’interprétation y est toute naturelle et certaines imperfections ont été conservées, mais le mixage relève d’un travail minutieux, chaque détail trouvant son espace parmi les autres.

Leur lancement (secret) au Alexandraplatz, dans le Mile-End, vendredi dernier aura démontré que les chansons de Waltzed In From The Rumbling contiennent ce qu’il faut de flexibilité pour permettre des jams à géométrie variable ici et là. À voir au Théâtre Corona le 15 octobre prochain.

2. Bateau Noir – Bateau Noir

On les avait presque oubliés, ceux-là… Bateau Noir : formation de rock instrumental, au carrefour du punk, du post-rock et du métal, comme un Pawa Up First moins raffiné mais plus féroce.

Leur EP La Sauvagerie des heures remonte à l’hiver 2010. C’est donc dire qu’il a fallu attendre plus de six ans avant que le groupe n’accouche de son premier album complet, paru vendredi dernier sur l’étiquette Sainte Cécile. L’attente en aura valu le coup : Bateau Noir revient avec un son mordant, aux détours intrigants, comme une navigation en eaux troubles avec d’habiles capitaines à bord.

Le groupe est composé des guitaristes Rémy Nadeau-Aubin (Malajube, The Hot Springs),  Pascal Dumont-Julien (Le Nom, Moussette) et Julien Michalak (Jacquemort, Meta Gruau), ainsi que du bassiste Frédéric Sauvé (des Hot Springs) et du batteur Jean-François Mineau (Dany Placard, Bivouaq, parfois remplaçant pour Malajube). Parlant de Mineau, Julien (chanteur de Malajube) a complété le travail de prise de sons entamée par Jocelyn Gagné (des Breastfeeders) en 2010, le tout mixé par Ryan Battistuzzi. Assez de name-dropping ?  Pu de défaite : à écouter impérativement.

3. Joseph Edgar – Ricochets

joseph-edgarL’Acadien-devenu-Montréalais rapplique avec l’excellent Ricochets, nouvel album (6e déjà!) qui brise un peu la facture folk-pop habituelle avec une approche plus ouvertement pop, mais à l’écriture aussi plus personnelle. Faisant moins appel à des personnages – il y en a tout de même quelques-uns – sa plume expie davantage les méandres de sa vie récente, sans pour autant alourdir l’écoute (grâce aux arrangements variés, qui rehaussent la plupart des pistes).

Le premier extrait Braises d’été, la chanson d’ouverture Appel général et la très belle (et très acadienne) L’horizon (en duo avec Lisa LeBlanc) figurent parmi les meilleurs moments de l’album.

On accueillait justement le principal intéressé dans les studios de CIBL 101,5 vendredi dernier, pour entrevue et performance acoustique d’une chanson.

(vers 12:30) :

Lancement mardi (3 mai) au Baron Samedi, de 18h à très tard, avec DJ, bouffe, perfo de l’album en entier et plus.

 

4. VioleTT PiManifeste contre la peur

Il a le sens du titre, le VioleTT Pi. Les titres, et aussi les visuels : avec ce nouvel album, il propose encore une fois une pochette marquante, ainsi qu’un vidéoclip plutôt iconoclaste pour la chanson (au titre, encore une fois, savoureux) Les huîtres de Julie Payette. 

Son contenu est moins éparpillé que sur le premier disque, mais aussi plus appliqué. On le sent davantage en contrôle de ses chansons, visiblement moins soucieux d’en mettre plein la vue sur le plan des arrangements, ce qui n’est pas une mauvaise chose. Sa poésie demeure un peu mal-léchée, et c’est bien comme ça. VioleTT Pi n’est pas l’artiste le plus facile à cerner, mais l’effort de l’auditeur est récompensé lorsqu’on entre dans sa bulle.

On sent que les titres ont un haut potentiel de folie en spectacle. Nous avions d’ailleurs assisté à son lancement, au Petit Campus, la semaine dernière. Quelques photos :


5. Sunny Duval – New Wave de Plage

Drôle de tracé pour Sunny Duval, qui a déjà donné dans le rockabilly endiablé (avant et après sa présence au sein des Breastfeeders), et que l’on retrouve ici avec un album kitsch, yéyé et un peu (volontairement) écervelé. On dirait qu’il a retrouvé son vieux Casio usagé dans le sous-sol chez ses parents, et en a fait l’épine dorsale de cet album beaucoup plus synthétique qu’à l’accoutumée.

On y retrouve pourtant des invités de marque : Marie-Anne Arsenault et Jonathan Gagné (tous deux de Propofol), Jérôme Dupuis-Cloutier et sa précieuse trompette, ainsi que Mara Tremblay aux choeurs, et le rappeur Yabock sur une autre chanson.

Si on apprécie le son rafraîchissant et impénitent à la première écoute, l’effet surprise s’estompe assez vite et on se retrouve avec des chansons lumineuses, vitaminées, mais un peu trop sucrées pour y revenir souvent. Disons que ça sent l’ananas, et ça goûte le Kool Aid.

Disponible en numérique, ou par carte postale (!).


Nouvelles chansons

1. Misteur Valaire – Whiskey Dew 

Misteur Valaire flushe le Misteur ; le groupe s’appelle maintenant juste Valaire. Eh bin. En cette ère de consommation rapide de la musique, peut-être en sont-ils venus à la conclusion que les gens n’ont plus le temps de prononcer deux noms pour parler d’un band. Pas de temps à perdre avec le Misteur, ce sera juste Valaire !

Quoi qu’il en soit, Misteur Valaire dépose dans la webosphère une nouvelle chanson intitulée Whiskey Dew, laquelle annonce un 5e album à venir le 16 septembre prochain, intitulé Oobopopop. Bonne chance pour la prononciation.

Avant de lire le titre de la chanson à haute voix, on croyait que celui-ci faisait référence au fait de pervertir quelque chose de noble : comme dans « intégrer du Mountain Dew au whiskey ». On s’entend que c’est pas l’idée gustative du siècle. Or, on apprend que le titre n’a rien à voir avec un drink d’ado attardé : on raconte dans le communiqué que la chanson (et/ou l’album) a été « composée dans le manoir Bombardier (lieu de genèse du Ski-Doo) avec beaucoup de whisky ». Donc Whiskey Dew comme dans « ski-doo ».

Peu importe, la nouvelle chanson fait dans l’électro-pop pleine de groove à saveur vaguement tropicale. Voilà qui augure bien.

2. Le TroubleWhite Knuckles

Le groupe indie rock montréalais Le Trouble n’a pas encore d’album complet à son actif, même s’il fait tourner bien des têtes sur les scènes de la métropole depuis un petit bout de temps. Une nouvelle chanson intitulée White Knuckles annonce un premier album à venir sous Indica Records à l’automne.

3. Duchess SaysNegative Thoughts

Premier extrait de l’album Sciences Nouvelles, qui paraîtra cet automne sur étiquette Bonsound, Annie-Claude Deschênes et ses acolytes sont de retour avec une toune de plus de six minutes qui kicke des culs.

Et autre bonne nouvelle dans tout ça : cela signifie que le groupe sera de retour sur scène. Aucune date pour Montréal, ni Québec pour l’instant, mais le Festif! de Baie Saint-Paul comptera sur leur présence le 22 juillet.

On mettrait un petit 2$ en papier sur un pré-lancement au prochain FME…

Événements à venir

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