Obituary
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Obituary, Abbath, Midnight et Devil Master à Montréal | Affiche de tueurs

Obituary fêtaient les 30 ans de leur premier album, invitant au passage le légendaire Abbath, la horde cagoulée de Midnight et les occultes Devil Master. Le genre d’affiche All Killer No Filler, avec quatre groupes qui valent le détour! Retour sur un vendredi soir comme on n’en fait plus beaucoup au Théâtre Corona.

 

Le diable tisse sa toile

C’était Devil Master qui ouvrait le bal avec leur metal vampirique sorti d’un film d’horreur des années 80, aux touches black metal et punk. Un groupe intriguant qui a en fait déjà joué à Montréal il y a quelques années dans un squat sur Van Horne.

Devil Master se fait remarquer avec un style assez original, et les chansons excellentes de leur dernier album jouées ce soir comme Skeleton Hand ou Black Flame Candle, ou encore le superbe Her Thirsty Whip et ses mélodies épiques. Dommage que le son moyen ne les mette pas assez leur talent en valeur.

Le groupe rappelle un peu Tormentor avec le côté théâtral noir et la vibe un peu proto-punk/metal, des riffs et mélodies sorties d’outre-tombe. Un voile noir transparent est accroché au micro du chanteur et sur les deux bords de la scène, enfermant le groupe dans une sorte de toile d’araignée.

Ne s’adressant jamais au public, Devil Master semble dans une transe occulte, envoûté dans leur son occulte avec beaucoup de reverb. Devil Master est un groupe à surveiller, qui reviendra d’ailleurs nous hanter dans quelques semaines à Montréal avec Power Trip et High on Fire.

 

Royauté Satanique

Les désormais maîtres du black’n’roll étaient très attendus, et les gars de Midnight ont encore une fois donné un concert avec une énergie impressionnante. Les trois musiciens masqués sont possédés et dégagent une aura de chaos et violence qui explose dans le mosh pit dès leurs premiers morceaux.

Midnight possède maintenant une discographie assez grande et va piocher autant dans le dernier album avec Penetrator Ecstasy ou Poison Thrash qui sont joués d’emblée, que dans les débuts avec leur hymne Black Rock n Roll. Tout l’art de Midnight, ce mélange parfait entre le côté sombre et démoniaque du black metal, et l’énergie, le groove et le côté accrocheur de l’aspect rock’n’roll. Le tout porté par une puissance thrash/punk : explosif.

Le guitariste semble vouloir détruire son manche. Le classique Satanic Royalty, ou encore Evil Like A Knife, emportent la foule. Midnight excelle et conquis de plus en plus de fidèles à coup de riffs simples et efficaces balancés avec une hargne et une attitude que peu de groupes égalent. Le groupe surprend avec un final plus mid-tempo, Unholy Rotten et son riff qui groove et prend aux tripes. Le groupe quitte la scène et frappant les cymbales à coups de guitare, ou en maltraitant la basse sur les moniteurs, on sent presque qu’ils se retiennent de détruire plus de choses, comme ils ne s’étaient pas empêchés sur la dernière tournée. Il est maintenant clair que Midnight pourrait prendre une tête d’affiche et jouer un plus long concert. L’avenir nous le dira sûrement avec la sortie de leur nouvel album chez Metal Blade l’année prochaine…

 

Le Elvis de Blashyrkh

Place au black metal plus traditionnel avec une légende du genre. Le charismatique Abbath s’affirme dans sa carrière post-Immortal, assumant son second degré, apportant la touche d’humour derrière le corpse-paint, mais n’oubliant pas d’envoyer du blast-beat et du gros riff.

Ses deux albums comportent leur lot de bons morceaux, comme Winterbane ou le récent Harvest Pyre, même si il faut l’avouer, les grands moments du concert sont les deux morceaux de Immortal. Et pas des moindres, deux classiques de Sons Of Northem Darkness. L’épique In My Kingdom ColdAbbath se plait à crier les « Open the gates ! ». Puis le lent mais envoûtant Tyrants, avec toujours cette pause avant le deuxième couplet où Abbath fait crier la foule, concours entre le balcon et le parterre, avant de reprendre « …In…conquerable walls ! » et la foule d’exulter.

Le morceau Warriors de I est aussi une des meilleures chansons du concert, faisant presque regretter que Abbath ne tire pas plus sur son côté black’n’roll, le mélange entre riffs accrocheurs et arpèges épiques dans ses nouveaux albums, car c’est vraiment le style qui semble correspondre au personnage.

Peu importe, l’homme se fait plaisir, et dégage une bonne humeur communicative, entre deux mosh-pits et morceaux guerriers des légendes du Nord. Tout un personnage, entre ses interventions dans un anglais parfois incompréhensible à l’accent Norvégien à couper à la hache, ses désormais célèbres chorégraphies (crab walk et son twist à la Elvis), les objets qu’il jette dans la foule en se moquant de celui que le reçoit dans la face, ses blagues avec l’agent de sécurité: Abbath règne en maître de son froid mais jovial royaume.

 

Le mur du son est.1989

On passe de la Norvège à la Floride avec des légendes du death metal qui fêtent les 30 ans de leurs classique Slowly We Rot. Et quelle claque. Trente ans plus tard, cJohn, Donald et Trevor sont toujours sur scène, et ça fracasse. Commençant avec l’instrumental Redneck Stomp, qui donne le ton, puis John Tardy arrive finalement sur scène et l’excellent Threatening Skies lance les hostilités et le cirlce-pit. Le groupe va en fait chercher dans plusieurs albums, même si la set-list donne la part belle à Slowly We Rot, on a quand même droit aux autres classiques comme Chopped in Half.

Obituary domine la soirée avec un son monstrueux. Un mur de guitares avec un son tout de suite reconnaissable, grave, lourd, avec une tendance fuzzy mais une certaine chaleur, et du gros riff lourd qui écrase tout sur son passage, martelé par basse et batterie qui enfonce les clous derrière. La voix de Tardy toujours aussi agressive.

Le pit explose, la salle entière headbangue sur les riffs lents. Les passages instrumentaux parfaitement interprétés. Les accélérations qui repartent la bataille dans la fosse. Le côté thrash avec cette voix au timbre unique, et des tendances doom, peu importe l’étiquette: Obituary mérite sa tête d’affiche et a encore donné une leçon ce soir. Respect. On a déjà hâte à l’année prochaine pour les 30 ans de Cause Of Death.

Le groupe salue la foule conquise, et quitte la scène alors que joue Dancing Queen de Abba, rapport à Abbath? La réponse ici :

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