Osheaga
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Osheaga 2017 – Jour 1 | La pluie et le beau temps pour Justice, MGMT, Glass Animals et plus!

Mère Nature n’a pas été super clémente pour la gang d’Osheaga déployant pluie, tonnerre, éclairs, même déluges par moment qui ont causé l’interruption des spectacles d’une partie de la journée. C’est venu mettre un petit bémol sur cette première journée de festival qui se présentait déjà comme un test pour le nouveau site sur l’Île Notre-Dame qui ne fait pas l’unanimité. Au moins, c’est une brochette d’artistes renversants qui ont bravé la météo et les festivaliers en ponchos dont entre autres Lorde, Justice, MGMT, Glass Animals, Milky Chance, pour ne nommer que ceux-là.

Photos par Thomas Mazerolles et Karine Jacques

Vulvets

Les artistes en début de journée qu’on considère généralement comme les plus « petits » ont en fait été les plus chanceux parce qu’il faisait beau, il faisait chaud et le maquillage de ces dames tenait toujours en place. Le quatuor de Vulvets sont elles-même arrivées sur scène vêtues de leur plus belles robes estivales et nous ont rentré dedans en partant avec leur garage sans faille. Bien entendu, les festivaliers d’Osheaga étant majoritairement anglophones, Vulvets n’a pas attiré une grande foule à la Scène des Arbres (pas d’arbres), mais pour celle qui était sur place, c’était un début de journée idéal.

Barns Courtney

En se promenant sur le site d’Osheaga, on croise plus d’un énergumène costumé pour l’événement. Le summum de l’inusité s’est retrouvé toutefois sur la Scène de la Rivière (plus près de la rivière que jamais) où Barns Courtney s’est lancé plein d’entrain à deux pieds à un pied et une jambe de bois! Le chanteur britannique s’était cassé la jambe quelques semaines plus tôt, mais ça ne l’a pas empêché de tout donner à Osheaga. Et la foule lui balançait tout son support moral en chantant, dansant et sautant. Avec une énergie hallucinante et une voix rappelant un peu George Ezra, c’est avec certitude qu’on peut dire que les festivaliers se souviendront de son americana longtemps.

Muna

Sur le chemin vers Andy Shauf sous les premières gouttes de pluie, on s’est arrêté à la Scène de la Montagne pour découvrir Muna, un groupe aux allures on ne peut plus hipster qui offre un indie-pop dans les cordes de Chvrches et MS MR. La chanteuse toute de noir vêtue s’est mise à chanter d’une voix à la fois délicate mais puissante. Le genre de spectacle qui te fait dire « Ben voyons que je ne connaissais pas ça avant! » Clin d’oeil particulier au bassiste et son afro dansant qui nous reconfirme que les bassistes c’est toujours les plus cools (insérez ici un emoji de bonhomme avec des lunettes de soleil).

Andy Shauf

Écouter la musique d’Andy Shauf sous la pluie: la déprime à son état pur. Pourtant, on était plus que disposé à s’y rendre d’un pas rapide. Jamais bien bavard, Andy Shauf accompagné de son band nous ont bercé des pièces de l’album The Party. On s’attendait également à entendre des morceaux de son précédent album The Bearer of Bad News, mais on en n’a pas eu la chance puisque des orages sont venus interrompre son spectacle et ceux du reste du site. On aurait adoré en entendre davantage…

Intermède météo

Nous interrompons ce programme parce que la pluie et les orages font rage sur l’Île Notre-Dame. Pour ceux qui n’étaient pas à Osheaga vendredi et qui ne connaissent pas la configuration du nouveau site, sachez qu’il n’y a pas beaucoup d’arbres donc pas beaucoup d’endroits pour se réfugier en cas de pluie. Bon, nos mères nous l’ont dit aussi: il ne faut pas se réfugier sous un arbre durant un orage, mais c’est tout de même un abri pour un moment. Le moment s’est toutefois étiré, tellement que De La Soul et NoName n’ont pas été capables de se rendre sur le site, et les shows de Angel Olsen, BadBadNotGood, London Grammar et Leif Vollebekk ont été suspendus.

Grâce à l’absence de De La Soul et NoName, BadBadNotGood et London Grammar ont pu prendre leurs cases et jouer un peu. Ils ont toutefois goûté comme il faut à un déluge d’environ cinq minutes qui s’est suivi d’un soleil radieux. La foule était contente et allait sécher beaucoup plus vite. Les gars de BadBadNotGood étaient ravis et ont pu continuer de faire onduler la foule de leur jazz-rock, ainsi que de leurs reprises de Seven Nation Army, du thème de James Bond et (ironiquement) de Thunderstruck.

Glass Animals

Photo par Karine Jacques

Photo par Karine Jacques

La case de Glass Animals a été très réduite puisque des employés d’Osheaga se démenaient à sécher la Scène de la Rivière (ironique) et de s’assurer que la structure n’était pas endommagée. C’est plutôt du côté des musiciens qu’ils auraient dû veiller aux bris puisque quand Glass Animals a pu enfin débuter son spectacle avec Life Itself, le synthétiseur s’était noyé.

Le chanteur s’est excusé, lui qui était visiblement mal de nous avoir fait attendre une demi-heure. On ne lui en voulait pas du tout, c’était plutôt nous qui étions mal pour eux.

Ils ont finalement pu faire un morceau ne nécessitant pas ou moins le synthétiseur mouillé, Gooey, au plus grand plaisir de la foule. Sur la dernière note, le chanteur nous annonce tout sourire: « On a le temps pour une autre! » Quoi? Une seule autre? Bon. Le groupe britannique nous a offert Pork Soda de son plus récent album How to Be a Human Being qu’ils auraient sans doute préféré nous présenter plus en profondeur. Ce sera pour une prochaine fois, comme le 3 octobre prochain au Métropolis.

Avec le petit vent qui s’installait et l’entièreté de nos vêtements qui étaient mouillés, en plus des chaussures qui faisaient squick-squick, on est rentré se mettre au sec durant une heure ce qui ne nous empêche de vous parler des spectacles de Car Seat Headrest et Tove Lo. Les voici donc en photo.


Milky Chance

Photo par Thomas Mazerolles

Photo par Thomas Mazerolles

Ce sont des favoris d’Osheaga. Malgré le spleen dans la voix du chanteur qui en fait sa signature particulière, Milky Chance réussit à faire danser la foule de la Scène de la Montagne. Le jeu de guitare est entraînant, bien que répétitif, et joue les riffs des morceaux bien connus.

Malgré le chanteur, qui est visiblement content d’être là mais qui ne le dit pas à sa voix, la seconde moitié du duo est super dynamique, passant de la basse à l’harmonica. Ils nous ont joué leurs meilleurs dont l’incontournable Stolen Dance qui, surprennament, n’était pas la dernière pièce, en plus des nouveaux morceaux de leur tout nouvel album Blossom. Bien que c’étaient des nouvelles chansons, le public embarquait avec joie. Il faut dire que le folk-rock marque toujours des points à Osheaga.

MGMT

Photo par Karine Jacques

Photo par Karine Jacques

À moins d’être un fan aguerri de MGMT, on se rend rapidement compte qu’on ne connait vraiment bien que les gros hits de la formation américaine. Avec trois albums à leur actif, bientôt quatre, les morceaux les plus récents ont un peu raté leur cible. C’était bon, mais au lieu de faire sauter la foule de la Scène de la Rivière, ça suscitait plutôt un simple hochement de la tête respectueux. Toutefois, sur les morceaux les plus célèbres Electric Feel, Kids et Time to Pretend, c’était la réaction attendue où les gens dansaient et criaient les paroles.

Rag N’ Bone Man

Le chanteur britannique a vraiment une voix hallucinante. Il est la définition même de l’expression « Don’t judge a book by its cover« . Malgré ses allures de gars dur à cuire, il chante des ballades à la Sam Smith. C’était un réel baume sur le coeur. Il était accompagné d’une choriste qui assurait les harmonies et vraiment, leurs voix ensemble étaient tout à fait magnifiques. C’aurait été encore meilleur à l’intérieur, pas parce qu’il pleuvait à la Scène de la Vallée, simplement parce que c’aurait été d’autant plus poignant. Comme avant-dernière chanson, il nous a interprété son succès Human et sur la dernière note, Rag n’ Bone Man était ému, renversé par tout l’amour qu’on lui projetait. Il nous l’a répété. S’il était un baume pour nous, nous étions un gros plaster sur le coeur pour lui.

Hamilton Leithauser

C’est un genre de Father John Misty a plus petit déploiement, mais c’est tout aussi bon côté folk. Hamilton Leithauser s’est produit sur la Scène des Arbres devant une foule de ponchos. Eh oui, la pluie allait et venait, partait et revenait continuellement pour le reste de la soirée.

Parenthèse comme ça: on dira ce qu’on voudra des femmes qui se rendent à Osheaga en style « festival » qu’on appelle communément en mini shorts et brassière, elles l’avaient l’affaire côté pluie. Elles séchaient pas mal plus vite! Fin de la parenthèse.

Malgré les éclairs qui commençaient à se faire voir, aucun spectacle n’a été arrêté, Hamilton Leithauser a pu continuer de nous enchanter.

Justice

Photo par Thomas Mazerolles

Photo par Thomas Mazerolles

C’était un drôle de choix de première partie pour Lorde, mais quoi qu’il en soit, c’était un passage remarqué. En formule DJ set, Justice a créé une réelle communion musicale entre la foule et les artistes. Contrairement à l’electro pas tout le temps écoutable qui règne dans les milieux plus EDM, Justice nous livre des rythmes bien dansants qui ont fait vibrer la foule, l’Île Notre-Dame au grand complet et sans doute St-Lambert qui a goûté au bruit plus que jamais.

Ici, on a compris que quand la musique sait nous faire danser, pas besoin de connaître la chanson pour l’apprécier, contrairement à MGMT plus tôt. C’était le happening de la journée qu’on aurait voulu faire durer.


Mais ce n’est pas tout de cette première journée d’Osheaga! Retrouvez notre retour sur le spectacle de Lorde par ici.

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