Osheaga
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Osheaga 2018 | Bilan : Nos surprises, déceptions et meilleurs moments!

L’édition 2018 d’Osheaga est maintenant derrière nous, mais les souvenirs demeurent impérissables. Nos collaborateurs Victor Perrin, Amélie Boudreau et Marc-André Mongrain se sont séparé la tâche en couvrant chacun une journée, mais le temps est venu de revenir sur l’ensemble du festival, avec la surprise, la déception et le meilleur moment de chacun.

 

Les surprises

Rex Orange County (V.P.)

Avant d’arriver vendredi après-midi près de la scène de la Vallée, je sous-estimais ce parterre qui débordait pour Rex Orange County. Or, du haut de ses vingt ans, le natif de Grayshott a offert une prestation surprenante pendant près de quarante-cinq minutes.

Force est de constater que sa pop lumineuse est d’une efficacité redoutable. Sur fond d’abricots, thème de son album Apricot Princess, la scène de la Vallée recevait à ce moment là quelques rayons de soleil, meilleur moment pour le multi-instrumentiste anglais de s’amuser avec son jeune public dans ce contexte estival.

Tintée de jazz, soul et même de hip-hop, ses pièces auront sublimé en solo ou en trio ce moment jovial par des mélodies à la fois douces et rythmées qui firent inévitablement sauter le public qui reprenait en cœur certains succès comme Best Friend.

* Photo par Loic Fortin.

 

Le bain de foule de Matt Berninger de The National (A.B.)

Je dois être franche dès le départ, je connais mal le répertoire de The National. Groupe important de la scène indie-rock, je ne pouvais par contre pas manquer leur passage au festival. J’allais donc y assister avec toute l’innocence du monde, ne sachant pas du tout comment cela pouvait tourner…

Le tout a commencé mollo, rien de bien spécial à l’horizon jusqu’à temps que le chanteur, Matt Berninger, commence à prendre du poil de la bête et à se défoncer sur scène. Celle-ci devait être rendue trop petite pour lui, car il a fini par descendre au niveau de la foule, à sauter de l’autre côté des barrières! Et trois fois plutôt qu’une, dont deux fois très proches d’où je me trouvais! Cette fougue m’a franchement séduite. J’ai même pris le fil de son micro dans ma main, c’est-tu pas assez excitant à votre goût ça?

* Photo par Loic Fortin.

La popularité de Brockhampton (M-A.M.)

L’an dernier, durant que la tête d’affiche du dimanche (The Weeknd) jouait sur la scène principale, Osheaga avait contre-programmé Death From Above 1979 à la scène verte pour ceux qui désiraient conclure leur festival loin de la foule principale. Nous étions tout au plus 300 ou 400…

Cette année : au tour de Brockhampton d’occuper ce rôle, pendant que la majorité des festivaliers allait se réjouir de la présence de Florence + The Machine, pensions-nous. Or, Brockhampton est devenu beaucoup plus populaire qu’on le croyait…

En février dernier, le « meilleur boy band depuis One Direction » (c’est eux qui le disent dans Boogie) était de passage à Montréal, au Théâtre Corona, qui peut contenir moins de 1000 personnes. Mais devant la scène verte dimanche soir, c’était PA-QUE-TÉ, et tout le monde connaissait les chansons par coeur.

Gros moment de bounce collectif pour terminer le festival, avec une setlist très bien construite qui culminait sur Boogie, LA toune de party par excellence. Gros coup de coeur pour ce spectacle de clôture! La prochaine fois qu’ils reviendront à Montréal, il n’y aura aucun doute : ce sera au MTELUS, minimum!

* Photo par Loic Fortin.

 

Les déceptions

La balance son au concert de Portugal. The Man (V.P.)

Groupe que j’attendais énormément après avoir manqué leur prestation en février dernier au MTELUS, Portugal. The Man était de retour à Montréal pour le bonheur de nombreux festivaliers, moi compris… sauf sur un point qui gâcha l’expérience.

Beaucoup ont découvert les Alaskains grâce au titre planétaire Feel It Still tandis que l’album Evil Friends (2013) joue chez moi un rôle clé. Et si des titres tels que Modern Jesus ou Hip Hop Kids m’ont évidemment réjoui, je conserve l’amertume d’un concert qui aurait pu être grandiose à mes oreilles. Car malgré le superbe travail visuel et un jeu irréprochable, le son de la scène de la Montagne était de médiocre qualité.

En étant placé pas nécessairement loin, mais juste devant la régie son, il est inconcevable d’entendre une balance aussi mal gérée, laissant tout le loisir aux basse de couvrir le moindre solo de guitare ou la voix aigue de John Gourley. Dommage.

* Photo par Loic Fortin.

Deux déceptions : manquer Brockhampton et Noname (A.B.)

C’est moi qui ai couvert Florence + The Machine dimanche soir. Et qui dit couvrir Florence Welch et sa bande, dit manquer Brockhampton. Après en avoir entendu que du bien à travers la couverture de leur passage au Bluesfest d’Ottawa par notre rédacteur en chef, j’étais déçue de les manquer. Semble-t-il, que «on aurait difficilement pu choisir une meilleure façon de conclure le week-end magique d’Osheaga», selon les dires de Marc-André Mongrain. Oh well…!

Une autre déception, mais celle-ci était entièrement de ma faute, c’est d’avoir raté la performance de Noname. La rappeuse de Chicago était programmée au festival l’an dernier, mais sa présence avait été annulée à la dernière minute. Elle était de retour pour cette nouvelle édition, mais ne voulant pas arriver trop tôt sur le site avec cette chaleur, je me suis résolue à ne pas la voir. Je le regrette après avoir vu des stories Instagram dont celle de notre collègue Marie-Kim Dupuis-Brault qui l’a même sacré « cool découverte ».

* Photo tirée de sa prestation au Bluesfest d’Ottawa en juillet, par Greg Matthews.

 

L’heure des spectacles de St. Vincent et Essaie Pas (M.-A.M.)

Pour le commun des mortels : vendredi, on travaille. C’est donc dire que le pire moment pour qu’un artiste se produise à Osheaga, c’est vendredi après-midi. Mais bon, il faut bien que certains le fassent…

Mais pourquoi fallait-il que ce soit St. Vincent, qui mérite clairement mieux qu’un spectacle à 17h40? Surtout avec le concept très visuel de son présent spectacle, avec des projections post-modernes pour chaque chanson, un jeu d’éclairage inventif, et une disposition scénique qui nécessite une certaine noirceur ambiante. Les festivaliers n’ont pas semblé déçus pour autant — Annie Clark est une bête de scène qui laisse personne indifférent! — mais ça aurait dû être un moment marquant d’Osheaga, au lieu d’un « Ah, je retournerais la voir en salle pour bien catcher ce qu’elle fait ».

Programmer Essaie Pas sur la scène des arbres encore plus tôt en après-midi était aussi un choix peu judicieux. C’est le genre de duo no-wave qu’on aimerait voir à la Sala Rossa passé minuit. Pas à 16h55 un vendredi. Zéro ambiance. Dommage. Ils méritent mieux.

* Photo par Marie-Claire Denis

 

Les meilleurs moments

La fin de journée à la scène Verte (V.P.)

Dans une journée de dimanche chaude et ensoleillée, le début de soirée aura été un laps de temps mémorable avec coup sur coup des groupes aussi énergiques que sympathiques. Entre sourires et mouvements de danse, le public aura transpiré sans trop être dégoûté car il vivait là l’un des moment phare du festival.

Sur la scène Verte, les britanniques Jungle puis Franz Ferdinand auront tous deux offert de la joie aux festivaliers. Les sonorités soul du premier nommé auront inévitablement provoqué des mouvements de danse insoupçonnés à l’écoute de leur répertoire juvénile comprenant Busy Earnin’ mais aussi l’excellente Heavy, California du nouveau matériel à paraître.

Quant à Franz Ferdinand, ils auront définitivement fait trembler la canopée du parc Jean-Drapeau avec leurs guitares et leur bonne humeur. Le charisme du chanteur Alex Kapranos aura de suite captivé une foule passionnée qui sauta bien souvent sur le rock virevoltant des écossais. Et le cinq minute vécu au rythme de Take Me Out fût évidemment un moment grandiose. Pas besoin d’en dire plus…

* Photo par Laurie-Anne Benoit.

La nouvelle reine, Kali Uchis (A.B.)

Kali Uchis fut définitivement un coup de coeur pour moi! J’adorais déjà son album Isolation, mais de la voir performer sur scène et ainsi rallier les deux expériences en un tout cohérent était encore plus inspirant.

Il faut aussi souligner que d’avoir créé une oeuvre musicale aussi diversifiée qui se tient et d’arriver à la projeter sur scène comme Uchis l’a fait samedi soir était digne des grands. Bon, c’était pas au niveau Beyoncé à Coachella mettons, mais c’était quand même une performance épatante pour une jeune artiste qui a déjà beaucoup de métier.

Photo par Marie-Claire Denis

Les Yeah Yeah Yeahs toujours dans le coup! (M.-A.M.)

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu parler des Yeah Yeah Yeahs, qui avaient été placés en tête d’affiche à Osheaga 2009 à la suite de l’annulation des Beastie Boys. Ça ne serait plus nécessairement à eux qu’on donnerait pareille commande aujourd’hui si des circonstances semblables survenaient…

Mais Karen O. est encore et toujours reconnue comme une bête de scène, et pour cause : elle a donné une leçon en règle de « comment être une frontwoman convaincante et hautement divertissante ». Rien de bien compliqué : des grosses tounes (Gold Lion, Zero, Maps…), une présence de scène incarnée, faire faire des ouh ouhs à la foule en lui rendant visite et surtout, ce sourire omniprésent de la fille qui apprécie son travail.

D’ailleurs, mentionnons-le : les femmes ont vraiment rocké cette année à Osheaga!  La collègue Amélie Boudreau le mentionnait dans son compte-rendu du samedi, avec Kali Uchis, Billie Eilish (la patte dans le plâtre!), Milk & Bone et Blondie. Mais on peut rajouter à cette liste Jenny Lewis, Alvvays, The Beaches, Noname, Tash Sultana et bien entendu Florence + The Machine, qui sont parmi les noms les plus souvent évoqués par les festivaliers parmi leurs moments marquants.

* Photo par Marie-Claire Denis

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