Festival FME
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Ouverture du FME 2019 – Jour 1 | Du méchoui aux paillettes, en passant par la pluie

C’est jeudi que s’ouvrait la 17e édition du Festival de musique émergente (FME) à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue. Ce festival, dont la réputation n’est plus à faire, a su faire plaisir à tous pour cette première soirée haute en couleurs. Il n’en va pas de même de la pluie, qui en a fait rager plus d’un…

Pleuvra t’y ? Pleuvra t’y pas ?

Le traditionnel méchoui, offert sur la 7e rue, permet à tous les festivaliers de se rencontrer dans une atmosphère conviviale au son du DJ français Edsik. Une petite pluie fine un peu fatigante va et vient, mais tout le monde, décidé à bien profiter de sa première soirée de festival, l’ignore.

Méchoui sur la 7e, photo courtoisie par Louis Jalbert

C’est à 20 h qu’il faut commencer à faire ces choix déchirants qui ponctuent souvent la vie du festivalier… À l’Agora des arts se tient un concert doublé, présentant dans un premier temps le noise rock de Le Roi Angus, venu de Suisse, et les incontournables Les Sœurs Boulay, qui ont profité de l’occasion pour offrir au public quelques nouveaux titres. En même temps, le spectacle de la rentrée sur la scène extérieure Desjardins permet de transformer le 5 à 7,  initié avec le méchoui, en un gigantesque party sur la 7e rue avec, tout d’abord, Jeanne Added, puis Kid Koala.

Les Soeurs Boulay, photo courtoisie par Louis Jalbert

Avec son énergie très rock, la chanteuse française Jeanne Added offre une prestation sans faille. Le public accepte rapidement de se faire aller doucement le popotin sur cette musique hypnotique jouée avec assurance par ses trois musiciens. Puisant allègrement dans les sonorités de l’électro des années 1980 et 1990, cette musique met bien en valeur la voix naturelle ainsi que la présence sur scène de la chanteuse. La petite pluie fine un peu fatigante revient hanter sporadiquement les spectateurs, mais on continue de vivre dans le déni, déterminé à bien profiter de cette première soirée au FME.

Jeanne Added, photo courtoisie par Christian Leduc

 

Vaudeville déjanté

On change d’univers complètement ensuite alors qu’entrent sur scène Kid Koala et sa troupe, venus présenter leur Vinyl Vaudeville. Le titre de ce spectacle ne pourrait être mieux choisi : danse, humour, marionnettes, paillettes et plumes seront bien au rendez-vous ! Le fameux virtuose des tables tournantes en est le maître de cérémonie. Il vient d’abord nous présenter sa «mini première partie», Adira Amaram and The Experience. Ce trio offre une expérience scénique humoristique, déjantée et efficace, entre autres avec leur chanson Pizza Party et leur sortie de scène en séance de body surfing, qui donne bien le ton à l’expérience éclatée qui suivra…

Kid Koala, photo courtoisie par Christian Leduc

Kid Koala monte ensuite sur scène pour nous offrir une expérience tout à fait unique, invitant le public à retrouver son enfant intérieur. On aura beau sortir l’adulte autoritaire qui se cache en nous, Kid Koala sait comment le taire !

Photo par Dominic Mc Graw

On sait depuis longtemps que Kid Koala peut faire de la magie avec les trois platines qu’il manipule simultanément. Mais, avec son Vinyl Vaudeville, lui et son équipe ne cessent de surprendre le public. Un robot funambule, des pieuvres géantes, des muppets bleus, une piste de danse qui tourne en spirale, des avions en papier… Tant d’éléments mélangés dans un univers ludique original qui permet de s’éclater et de rire tout en restant abasourdi par les prouesses du montréalais. Tant de scratches et de manipulations sonores qui deviennent toujours des petits bijoux de groove.

Kid Koala fera même danser les gens au ralenti, sous prétexte que le public est figurant dans un film documentaire relatant le retour sur scène, après 25 ans d’absence, de deux pieuvres djs intergalactique géantes et que la fonction «slow motion» de l’équipement de tournage ne peut plus être utilisée. Chapeau à Kid Koala et son équipe, qui ont conçu un spectacle vraiment hors du commun.

Malheureusement, les 20 dernières minutes de cet excellent vaudeville se terminent dans un constat d’évidence : il n’est plus possible de faire dans le déni, il pleut maintenant à siaux. La détermination du public n’aura pas réussi à avoir raison de dame nature. Plusieurs spectateurs ont déjà déserté et ceux qui, comme nous, étaient restés grâce à leur enfant intérieur, réalisent l’ampleur des dégâts, maintenant que l’âge adulte retrouve sa place. Mouillé de la tête aux pieds, la mission prioritaire est maintenant de trouver une façon de mettre des vêtements bien secs.

Kid Koala, photo courtoisie par Christian Leduc

 

Expédition, «Clé de Damoclès» et violon de fin de soirée

Malheureusement, notre bracelet permettant l’entrée dans les salles est malencontreusement resté dans la poche de nos pantalons mouillés suite à une « expédition vêtements secs » menée un peu trop hâtivement. Cet oubli nous empêche d’entrer au Cabaret de la Dernière chance pour y voir la prestation du groupe si original Ellemetue.

The Young Gods, photo par Thomas Dufresne

Nous réussissons néanmoins à attraper la fin de la prestation intéressante de Millimétrik, surtout centrée autour de la batterie et des percussions électroniques. Puis, peut-être grâce à un soubresaut de la magie kidkoalienne, l’épée de Damoclès qui menaçait de mettre fin à notre soirée se transforme en clé : un petit peu de violon suffira pour réussir à entrer au Petit Théâtre du Vieux Noranda et attraper le concert des légendes suisses du rock techno/industriel, The Young Gods.

Au sortir du Petit Théâtre, les gens sont accueillis par les groove tonitruants de l’excellent DJ Deezco, qui nous permettra d’étirer la soirée jusqu’à 3 heures en dansant dans la rue et en rencontrant d’autres festivaliers…

En résumé, soirée mémorable pour l’ouverture du FME, qui continue d’impressionner par ses sélections recherchées et qui sait en offrir pour tous les goûts. Malheureusement, la pluie est venue un peu gâcher le party, plein au moment où il commençait à lever royalement.

La deuxième journée du vendredi annonçait la couleur avec, entre autres, Lou-Adrianne Cassidy, Bernard Adamus, Loud, Sarahmée, Philippe Brach et Half Moon Run. Et on a pas été déçu. Nous vous reviendrons sous peu…

 


* La photo de couverture est l’oeuvre de Dominic Mc Graw

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