Paléo Festival Nyon
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Paléo Festival de Nyon 2019 | 6 artistes suisses à absolument découvrir

Si la programmation québécoise était particulièrement riche du 23 au 28 juillet dernier au Paléo Festival de Nyon, avec notamment Coeur de Pirate, Charlotte Cardin ou encore Loud (notre compte rendu à lire ici), l’événement annuel suisse mettait aussi l’emphase – comme à son habitude – sur des artistes et groupes locaux talentueux. Sors-tu.ca revient sur 6 artistes et groupes suisses qui ont fait sensation lors de la 44e édition du Paléo et dont il serait bon d’y porter un intérêt.

 

The Gardener And The Tree 

Originaires de Schaffouse, The Gardener And The Tree ne font pas dans l’originalité mais leur folk, dans la lignée de Mumford & Sons ou The Lumineers, présente pourtant ce surplus énergique qui fait la différence. Entendue sur l’album 69591 LAXA, la voix rauque et puissante de Manuel Felder se confond parfois avec celle de Caleb Followill (Kings Of Leon) tandis que derrière cette référence, le quintette tient la cadence musicalement. Leurs compositions entraînantes aux mélodies accrocheuses usent à outrance des percussions et d’instruments acoustiques pour faire danser ou envoûter la foule sur Wild Horses ou Way To Rome. 

 

Makala

Le fondateur du collectif Superwak Clique venait cette fois seul au Paléo Festival pour jouer un son puissant et aux paroles lucides à retrouver sur le récent Radio Suicide. Quoiqu’il advienne, le rappeur de Genève ne fait jamais semblant lorsqu’il est sur la scène et se dote, pour l’occasion, de plantes, de sofas et, étonnement, d’un salon de coiffure comprenant des amis figurants.

Brut, sincère et animateur hors pair, la bête de scène embrasse avec autant d’énergie l’espace scénique qu’il embrase la foule en délire. Makala aura réussi à ce que le public reprenne aisément ses paroles tout en formant des importants moshpits (ou  »pogos » en version locale) sous un chapiteau débordant de monde.

© Paléo – Laurent Reichenbach

 

Kind & Kinky Zoo

© Paléo – Anne Colliard

Avec Kind & Kinky Zoo, on est là face à un Fet.Nat version suisse… ou presque. À l’instar du trio de Gatineau, le quatuor de Lausanne joue avec les frontières de genres musicaux pour animer son public dans un soyeux mélange instrumental. Mené tambour battant par, justement, le batteur, mais aussi le reste du groupe comprenant claviers psychédéliques et flute enivrante, le style est indéfinissable.

Sous couvert de fuzz ambiant, le groupe passe aisément de la funk au garage, sans délaisser l’immanquable afrobeat qui fait inlassablement groover le public. En prime, les spectateurs ont eu le droit à des performances de danse pendant que le pianiste martelait son Rhodes aux côtés d’un scintillant bassiste.

 

Billie Bird

Il y a parfois des airs de Lisa Leblanc dans le timbre vocal de Billie Bird. Pourtant, rare sont les fois où la Lausannoise propose, en spectacle, un rock affirmé. Pour compenser, l’artiste suisse distille magnifiquement bien une pop à la fois douce et énergique découverte récemment sur son EP La Nuit. Accompagnée d’un trio au jeu bien huilé, celle entama sa carrière musicale en anglais propose désormais plusieurs titres en français tels, justement, La Nuit ou Les Déferlantes.

Le public, transporté, aura apprécié ces moments à la fois intimistes et exultants qui soulignent les textes raffinés de la souriante femme. Nul doute que Billie Bird tiendrait sa place aux prochaines Francos de Montréal.

© Paléo – Lionel Flusin

 

Quiet Island

Le quatuor originaire de Genève n’est pas à son coup d’essai. En publiant en octobre dernier leur deuxième album Telescope sous leur nouveau nom (auparavant The Postmen), le batteur Julien Dinkel, la violoncelliste Louise Meynard ainsi que les guitaristes Laurent Zito et Julien Henchoz proposent toujours une musique à l’image de leur nom apaisant. Leur folk intimiste, qui fait furieusement référence à Crosby, Stills And Nash, joue sur les harmonies vocales pour transporter le public vers un univers céleste où il ferait bon d’y rester. Même dans l’ambiance morose de la bouette d’un dimanche pluvieux.

 

Black Sea Dahu

Black Sea Dahu, c’est entre autre, et surtout, la discrète Janine Cathrein. La chanteuse zurichoise, à la voix mystérieusement envoûtante et androgyne, emmène le spectateur très loin, dans un trip sans retour nécessaire tellement il semble confortable.

Dans ce projet composé notamment d’un violoncelle, de guitares, de claviers et des percussions se dévoile une musique apaisante nichée au coeur d’une folk foncièrement authentique magnifiée par des harmonies vocales et des rythmes entraînants.

 

Mentions en vrac pour :

B77 : les textures musicales s’assemblent et ne se ressemblent jamais chez les Fribourgois, qui dévoile une électro chaude, entraînante et voyageuse rappelant des sonorités de M83. On verrait bien le groupe suisse fouler les planches du Piknic Electronik (à découvrir ici)

Emilie Zoé : en duo avec son batteur, l’artiste propose une indie-rock lo-fi qui intrigue. Brute et captivante, sa musique se déchiffre dans tous les sens autant qu’elle s’aspire dès la première écoute. À surveiller de près ce style qui plairait à la scène montréalaise (à découvrir ici)

Muddy Monk : l’artiste de Fribourg à la synth-pop vaporeuse n’est plus tellement une découverte tellement son exportation est réussie en France depuis la publication de Longue Ride en 2018. Disponible pour les prochaines Francos peut-être ? (à découvrir ici)

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