Papa Roach
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Papa Roach au MTELUS | La dure réalisation qu’on se fait vieux

C’était samedi dernier sur la scène du MTELUS que le band Papa Roach se produisait. Un show sold-out depuis quelques jours qui a rassemblé l’ancienne et la nouvelle génération « emo ». Un bon moyen pour moi de me rappeler mes bons souvenirs. Retour quinze ans en arrière le temps d’un show.

Au fond j’ai toujours été un « emo » sans vouloir trop me l’avouer. Les vieux disques de Papa Roach tournent encore sur mon lecteur cd (ne me juge pas!) et je hoche toujours autant la tête sur Last Resort, She Loves Me Not, Time And Time Again ou encore Dead Cell. Ce soir, je voulais juste renouer avec ma jeunesse, et voir de quoi cette nouvelle génération était capable. Du moins… voir ce que j’avais encore dans le bide!

Pour être franc, je n’ai pas osé le maquillage noir autour des yeux. Les fans présents s’en sont occupé pour moi, tout comme le merchandising qui tournait à plein régime. Seule ma barbe de trois semaines était rock’n’roll, et encore! Mais bon, comme disent les anciens : « Le rock’n’roll, c’est avant tout un état d’esprit ». Et parce que je jump encore dans mon salon à chaque écoute de l’album Infest, je me suis dit que le mieux était de vivre le concert au plus près: dans la fosse!

Pas encore has-been…

Le parterre est blindé, compact au bout. Je comprends de suite que ça va être difficile de se faire une place. Et parce que je suis encore rock’n’roll, je me prends une bière au bar et file me fondre dans la foule. Ça transpire le noir. Le maquillage coule déjà et les voix résonnent dans le MTELUS. Je comprends d’ores et déjà que ça va remuer sec. Le rideau tombe et Papa Roach explose sur le devant de la scène. L’énergie déployée pendant près d’une heure trente est impressionnante. Le chanteur changera trois fois de chemise d’ailleurs. Quant à moi, j’aurai perdu deux kilos et une bière.

… pas tout à fait à la page…

Toujours dans la foule et presque dans le mosh pit, je résiste! C’est intense, les jeunes s’en donnent à cœur joie et sautent dans tous les sens. Le chanteur en demande toujours plus et interagit beaucoup avec eux. Pour ce qui est de chanter, faut reconnaître que je ne suis pas dans le coup. Plus de dix ans que j’ai lâché Papa Roach. Mais heureusement je peux compter sur mes voisins qui chantent presque aussi fort que Jacoby! J’aurai l’occasion de me faire entendre sur To Be Loved et Getting Away With Murder. Voire même plus tard sur le très bon Between Angels And Insects.

Près de 20 ans de carrière et Papa Roach n’a pas pris une ride. Si le décalage de génération m’a fait me sentir vieux, force et de reconnaître qu’ils se donnent à 200% sur scène. Ils ont traversé les années comme personne et cette fougue qui les caractérise tant est restée intacte. Il n’y a vraiment qu’un pas entre l’album et la version live. Ils vivent le concert comme si c’était le dernier. À l’image du chanteur qui a fait souvent part de ses combats (tant de santé qu’idéologiques), en distillant beaucoup de messages positifs. La reconnaissance du band vis à vis de son public est telle qu’ils se donnent corps et âme pour leurs fans, les laissant bien souvent chanter les refrains. Le groupe en reste d’ailleurs bouche bée quant à l’ovation et l’accueil chaleureux qu’il leur est consacré.

L’énergie ne faiblit pas. Les jeunes surfent sur la foule et les mosh pit sont de plus en plus intenses. Pas de répit pour les vieux comme moi. Pour être dans le coup, je fais mine de jumper, mais ça ne suffit pas. Mes voisins ne sont pas dupes! Ni une ni deux, je me fais embarquer dans un mosh pit. À défaut de connaître les paroles, j’embarque comme il y a quinze ans. Et je trippe bin raide! J’ai encore de bon reste.

… je n’ai plus 15 ans!

Bon c’est pas tout, mais comme tout bon puriste du groupe j’attends avec impatience le fameux Last Resort. Après un clin d’oeil au très regretté Chester Bennington avec la reprise de In The End de Linkin Park, et quelques tounes pour nous attendrir le cœur (Scars et Forever), Papa Roach repart dans le brut. « Cut my life into pieces… » la foule est en délire et moi aussi! Je chante à n’en plus pouvoir. Je saute à m’en couper les jambes. Le show se termine sur ces notes si singulières. Je suis à bout de souffle et trempé.

Je dois me rendre à l’évidence, je n’ai plus quinze ans!

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