Parquet Courts
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Parquet Courts sème le chaos et l’admiration au Théâtre Fairmount

Dès les premières notes de Total Football, un énorme mosh pit mouvementé a pris forme au milieu du Théâtre Fairmount, s’étendant du rebord de la scène jusqu’au fond de la salle. Parquet Court a décidé d’ouvrir son spectacle avec la même pièce qui ouvre son dernier album Wide Awake, paru plus tôt ce mois-ci. Il était déjà clair que le public était plus prêt que jamais à accueillir les chansons du nouveau disque.


C’est ainsi que tout au long d’un parcours de 20 pièces, dont la moitié provenait de leur dernier opus, les quatre rockers ont joué au yo-yo avec la foule. Ils n’avaient pas peur de contraster des brûlots comme Almost Had to Start a Fight/In and Out of Patience avec des chansons plus posées comme Freebird II. Tout d’un coup, la tempête suante de corps s’entrechoquant joyeusement laisse place à un amas de têtes qui hochent à l’unisson. Parquet Courts contrôle chaque membre du public comme un pantin.

La première partie du spectacle se termine sur une reprise de Today Your Love, Tomorrow the World. Même sans être la chanson la plus connue des Ramones, la pièce permet au groupe de compter sur des centaines de choristes pour sa finale.

Le long spectacle était en effet découpé de quelques pauses, question d’alterner les instruments. La deuxième partie débute tranquillement avec Dear Ramona avant de repartir en force avec deux chansons de Light Up Gold, l’album qui leur a permis d’exploser en dehors de la scène garage rock de Brooklyn en début 2013. Coup sur coup, Master of My Craft et Borrowed Time réussissent à faire exploser le public. Les corps s’entrechoquent, la sueur s’échange. Il semble pleuvoir des humains tant le body surf est partout. Quelqu’un perd un soulier.

Sans se prendre la tête

Hormis quelques ballades, toutes les chansons de Parquet Courts semblent dix fois plus fortes, dix fois plus énergiques, dix fois plus amusantes.

Amusantes, oui, parce que le groupe sait avoir du plaisir sur scène. On le sent lorsqu’ils interprètent de façon impromptue la reprise la plus croche et désorganisée de Smells Like Teen Spirit ou en s’adressant avec nonchalance à la foule. « Jouez vos hits! », lance un spectateur à mi-chemin dans le spectacle. Andrew Savage lui demande s’il vient juste d’arriver au concert. « On ne fait que jouer des hits depuis le début » ajoute-il. « On n’écrit que des hits. »

Il est toutefois vrai que le groupe a laissé tomber plusieurs de ses chansons les plus connues. Les pièces Stoned and Starving, Sunbathing Animal ou Berlin Got Blurry auraient toutes pu être de bonnes candidates pour finir le spectacle, mais le groupe a préféré ne pas jouer le jeu du rappel et quitter la scène pour de bon après la très courte Light Up Gold, permettant un dernier mosh pit bien senti. Il était quand même déjà 23 :30 à ce moment, et le groupe avait donné une bonne heure et quart de rock garage et de post-punk bien senti.

Avec une production d’albums et de EP aussi régulière, les membres de Parquet Courts doivent passer bien du temps en studio : ils ont toutefois démontré hier que c’est bel et bien sur scène que le quatuor est à son meilleur.

Goat Girl et Pottery : deux univers, deux résultats

Une dizaine de minute après avoir fumé une cigarette devant le Théâtre Fairmount, le guitariste et le claviériste de Pottery étaient sur scène avec leurs collègues pour ouvrir le bal. Les cinq garçons ont réussi petit à petit à conquérir le public avec un son qui mélange post-punk des années 1980s, The Strokes, The Clash et un brin de speed dans un punk un brin col bleu. Les conventions de couplets et refrains sont balancés par la fenêtre grâce à des structures incongrues et imprévisibles. Les riffs sont précis et angulaires, alors que les lignes des deux guitares s’imbriquent souvent l’une dans l’autre.

C’est d’ailleurs durant les passages instrumentaux que le groupe montréalais se démarque le plus. Vers la fin de leur performance, on sentait qu’ils avaient réussi à mettre le public dans leur poche. Celui-ci a particulièrement apprécié la finale très noise du groupe.

La salle était donc bien réchauffée pour Goat Girl, qui a toutefois semblé refroidir un peu le public. Le quatuor britannique a offert un rock teinté de post-punk et de psychédélique, avec quelques influences surf rock.

Malheureusement, une batterie très robotique et une voix monotone n’ont pas aidé le groupe à se démarquer. Les filles étaient sur le pilote automatique sur scène, livrant leurs chansons avec peu d’énergie. Dommage : le spectacle aurait autrement pu être une belle vitrine pour que le groupe fasse découvrir son premier album homonyme, chaudement reçu par les critiques de son Angleterre natale à sa sortie en avril dernier.

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