Patinoire
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Patinoire de Patrick Léonard et Les 7 Doigts à la TOHU | Étonnant et accrocheur

À sa manière, Patrick Léonard, un des sept cofondateurs de la compagnie Les 7 Doigts en 2002, réinvente le cirque en solo à la TOHU avec son spectacle Patinoire dont il assume l’idée originale, la direction artistique, la scénographie, la co-mise en scène avec Nicolas Cantin, la composition musicale au ukulélé et la performance. Étonnamment accrocheur, son spectacle fait mouche à partir de trois fois rien.

Il entre en piste tenant en main une bouteille de champagne, gracieuseté d’Air France, et met aussitôt le public dans sa poche en nous enjoignant non pas d’éteindre nos cellulaires, mais de ne pas parler trop fort pour ne pas déranger nos voisins. Le ton est donné pour l’artiste au magnétisme réjouissant qui nous entraîne dans sa folie en jouant au gaffeur qui s’enfarge dans tout ce qui l’entoure, tel un clown de l’absurde.

Photo par Roland Lorente.

Photo par Roland Lorente.

Nullement surpris d’apprendre que Patrick Léonard a été consacré quatre fois de suite champion canadien du patin à roulettes artistique, on voit tout de suite qu’il maîtrise son art avec une grande adresse, rendant aléatoires en apparence seulement ses talents d’équilibriste qui empruntent au théâtre, à la danse et à la musique pour mieux faire son cirque, dans les deux sens du terme.

La musique est d’ailleurs au centre du spectacle, passant du folk le plus banal des années 60 au grandiose de Gustav Mahler avec un égal bonheur. Le branchement compliqué des fils emmêlés de son tourne-disques à 33 tours sera suivi par un empilage précaire de quatre immenses haut-parleurs sur une petite chaise placée sur une table chambranlante, au sommet desquels il réussira à se hisser et se tenir debout à cette hauteur périlleuse avec une dextérité et une agilité renversantes.

Natif de Québec, mais formé à l’École nationale de cirque de Montréal après qu’il eut tourné le dos à son surprenant baccalauréat en chimie, Patrick Léonard a performé en tant que clown et diaboliste au Casino de Montréal, avant de rejoindre le réseau des cabarets allemands qui rivalisent d’originalité dans la présentation de numéros insolites en cirque, un réseau qui profite à plusieurs finissants de l’ENC.

Avec Les 7 Doigts, dont il est toujours directeur artistique, il se prépare en même temps à la création de Temporel, un spectacle hybride élaboré conjointement avec le tandem Lemieux-Pilon 4Dart, et qui sera présenté dès le 10 janvier à la Cinquième salle de la Place des Arts.

Les 7 Doigts, qui a toujours revendiqué ce qui pourrait s’appeler du « cirque d’auteur », installera bientôt en 2018 son centre de création et de production dans les anciens locaux complètement remodelés du défunt Musée Juste pour rire sur le boulevard Saint-Laurent. Un lieu de prédilection couvrant 60 000 pieds carrés en plein cœur du Quartier des spectacles.

Mais Patrick Léonard ne pouvait attendre pour présenter sa glissante Patinoire à la TOHU, ce qu’il fera jusqu’au 6 janvier. Un spectacle qui plaît tout autant aux enfants, si l’on en juge par leurs petits rires et leurs cris ébahis le soir de la première, et qui constitue un cadeau des Fêtes tout à fait incomparable.

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