Paul McCartney
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Paul McCartney au Centre Bell | Une icône généreuse pour une soirée lumineuse

Le légendaire Paul McCartney s’arrêtait à Montréal jeudi soir pour un concert marathon dans un Centre Bell plein à craquer! Généreux, l’icône du rock aura définitivement illuminé les spectateurs de la métropole qui vécurent un instant mémorable à travers le répertoire gigantesque de l’ancien Beatles.


 

Une atmosphère excitante s’empare du Centre Bell en ce jeudi soir. Autour de l’antre du Canadien, c’est sans surprise qu’une foule massive afflue vers les gradins puisqu’un monument de l’histoire de la musique est de passage. Avec près de quarante chansons sur trois heures de concert, le spectateur ne pouvait se sentir lésé. Et si évidemment un certain pécule était à débourser pour assister à cet événement exceptionnel, il en valait vraiment la chandelle (ou le prêt rapide nécessaire pour parvenir à le payer!).

À 76 ans, Paul McCartney impressionne encore. Avec son énergie constante et sa capacité de maintenir un rythme effréné, il aura su offrir des larmes, des sourires et des moments d’excitation pure comme peu d’artistes sont encore capables de le faire aujourd’hui. De toutes générations confondues, le public voyait là une occasion magnifique de reprendre les titres iconiques que le multi-instrumentiste a pu composer, accompagné magistralement par ses musiciens depuis 15 ans que sont Brian Ray (basse, guitare), Rusty Anderson (guitare), Abe Laboriel Junior (batterie), Paul ‘Wix’ Wickens (synthétiseurs).

 

L’entame sans détours d’un riche répertoire

Pour patienter avant le début du concert, deux écrans latéraux jouent des vidéos de portraits du jeune Beatles. Avec cette coupe de cheveux d’époque mais aussi cette sculpture sèche du visage, Paul McCartney a décidément des traits inoubliables. Certes, des cheveux blancs et des rides s’invitent désormais, mais la fougue d’antan ne s’est pas dissipée pour autant.

C’est ainsi que sonnent, dans une ambiance électrique, les premières notes de la fameuse A Hard Day’s Night, symbole d’une époque frénétique où tout était possible. Et comme si le temps s’était arrêté, Paul McCartney dévoile dès ce premier titre une voix intacte, puissante même, qui ne s’affaissera jamais. Visiblement heureux d’être ici, l’Anglais s’amuse avec insouciance et conclura la suivante Hi, Hi, Hi d’un « We’re gonna have a party in this place tonight ! ».

Ponctuant ses entre-chansons de petits mouvements forts amusants, McCartney s’essayera aussi au français après Can’t Buy Me Love, titre qui fera instantanément lever la foule. Se débrouillant pas mal, il reprendra toutefois vite le contrôle de la langue de Shakespeare avec la dansante Letting Go qui verra pour la première fois les cuivres du Hot City Horns s’inviter au milieu du public. Ainsi, nombreuses sont les occasions où sont interprétés des titres personnels de Paul McCartney et des Wings. Passant de la basse à la guitare et au piano dans une aisance déconcertante, l’homme de 76 ans aura inévitablement accouché sur des flottements (Who Cares, Let ‘Em In, FourFive Seconds) mais aussi des réjouissances chaudement applaudies comme Queenie Eye, Maybe I’m Amazed ou encore 1985.

Certaines séquences furent émotives à travers l’hommage rendu à John sur une plateforme surélevée (Here Today) ou à sa femme Nancy derrière un piano Yamaha (My Valentine). Enfin, certaines auront transfiguré les musiciens sur scène, notamment dans la seconde partie du spectacle où Fuh You dévoilait des sonorités pop dans l’ère du temps et Live and Let Die surprenait quant à elle le monde. Elle aura potentiellement provoqué des arrêts cardiaques à cause de feux d’artifices et jets de flammes parfaitement synchronisés avec le contexte troublant de ce titre et l’énergie déployée par le batteur Abe Laboriel Junior.

 

Les Beatles cristallisent le succès populaire 

Le succès est certain mais que dire des titres provenant du répertoire des Beatles ? Ils cristallisent tout simplement le succès populaire du natif de Liverpool. Mille explications ne sont guère nécessaires pour saisir toute l’importance symbolique que procure ces morceaux à des générations entières.

Avec plus de vingt chansons dénombrées, c’est un magnifique cadeau qu’offrit l’Anglais à son public, qui se délecte par exemple des paroles somptueuses de Let it Be joué magistralement au piano ou encore celles de Something au ukulélé en hommage à son complice feu George. Blackbird apportera quant à elle un moment fort apaisant en totale communion avec le public avant que ne rugisse les guitares sur Ob-la-di, Ob-la-da et évidemment Back In The U.S.S.R. La faute à un harmoniciste peu inspiré, Love Me Do aura été moins percutante que l’originale alors qu’au contraire, Hey Jude concluait à merveille ce spectacle interminable. Le public s’époumonera avec joie sur les fameux « Na Na Na Na » avant qu’il le fasse de même pour un rappel parfait mêlant Yesterday, Helter Skelter et enfin Golden Slumbers/Carry That Weight/The End sur fond de signe de paix multicolore.

Difficile de signifier la fin d’un spectacle qui fût aussi magistral. Généreux et avenant, McCartney apporte de la joie à son public. Et comme il l’annonça, c’était la fête jeudi soir. En attendant la prochaine fois…

 

Grille de chansons

  1. Hard Days Night
  2. Hi Hi Hi
  3. Can’t Buy Me Love
  4. Letting Go
  5. Who Cares
  6. Come On To Me
  7. Let Me Roll It
  8. I’ve Got A Feeling
  9. Let ‘Em In
  10. My Valentine
  11. 1985
  12. Maybe I’m Amazed
  13. I’ve Just Seen A Face
  14. In Spite of All the Danger
  15. From Me To You
  16. Michelle
  17. Love Me Do
  18. Blackbird
  19. Here Today
  20. Queenie Eye
  21. Lady Madonna
  22. Four Five Seconds
  23. Eleanor Rigby
  24. Fuh You
  25. Mr. Kite
  26. Something
  27. Obla Di Obla Da
  28. Band On The Run
  29. Back In The USSR
  30. Let It Be
  31. Live and Let Die
  32. Hey Jude

 

Rappel

  1. Yesterday
  2. I Saw Her Standing There
  3. Sgt. Pepper
  4. Helter Skelter
  5. Golden Slumbers / Carry That Weight / The End
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