Phil Roy
Critique Publié le

Phil Roy à l’Olympia Un monsieur hilarant

À 28 ans, Phil Roy lance Monsieur, son tout premier spectacle solo dont la grand première a eu lieu cette semaine à l’Olympia de Montréal. Si, de prime abord, le titre renvoie à un humour de mononc’ plutôt dépassé, il n’en est absolument rien du contenu. Celui qui a connu la gloire auprès des adolescents grâce à SNL Québec, Le nouveau show, Code G et ALT (Actualité Légèrement Tordue) propose un humour à la fois léger, surprenant et profondément humain.

En guise de première partie,  Guillaume Pineault, ami et comparse de Phil Roy à ALT, a offert un condensé efficace de son 60 minutes À la maison présenté cet été au Zoofest. Avec sa bouille sympathique, il a réchauffé avec énergie un public déjà enthousiaste composé d’humoristes, gens du public et journalistes. Récemment séparé de sa copine des douze dernières années, il a raconté sa désastreuse première date Tinder et comment il s’est mis à dos une communauté de gens faisant de l’uni-cycle à cause d’un simple statut Facebook. Charismatique, Guillaume Pineault possède un sens du timing précis qui annonce un très bel avenir.

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Phil est Roi !


Ayant comme seul décor deux écrans géants projetant des écussons changeant de signes selon les sujets des numéros, Phil Roy a foulé la scène avec aplomb, lui qui fut accueilli comme un roi.

Tout au long du spectacle d’environ deux heures (incluant un entracte brisant inutilement le rythme), l’attachant adulescent a expliqué avec une honnêteté et une liberté rafraîchissantes ce qui caractérise un vrai monsieur selon lui. Pour ce faire, il a abordé sa jeunesse, sa relation privilégiée avec sa mère et celle moins spontanée avec son père, sa période punk (assister à un concert de Blink-182 au Vans Warped Tour avec les cheveux dégoulinant de gel), son parcours à l’école secondaire, ses premières expériences avec la drogue et les hauts et les bas d’être un humoriste de la relève (dont un voyage à Nunavik).

Évidemment, ces thèmes de prédilection pour la plupart des humoristes, spécialement lors de leur premier one man show, ne réinventent pas la roue, mais Roy livre ses anecdotes de manière si unique qu’il est impossible de ne pas tomber sous le charme. Aidé par les conseils de son metteur en scène Réal Béland, il engendre les rires par ses gestes extravagants et le ton joyeusement expressif et inimitable de sa voix. Il parvient presque toujours à déstabiliser les spectateurs en pimentant ses blagues avec des référents qui semblent sortir de nulle part. En faisant des liens farouchement habiles avec MSN, Caramail, Do you look good, Tamagotchi et bien d’autres, Phil Roy fait le bonheur des bébés des années 90 qui se reconnaissent dans ces éléments ayant marqué une génération entière. On salue le méticuleux travail de recherche derrière ces gags et comparaisons finement construits et élaborés. Ceci dit, les gens moins familiers avec ces liens culturels risquent de rire moins fort et fréquemment.

Chaque numéro contient des perles qui risquent de devenir cultes. Celui qui a suscité de nombreux éclats de rire dans la salle s’avère celui portant sur l’école secondaire. Le prof d’éducation physique avec ses culottes trop courtes, les galettes à l’avoine, les acétates, se sentir rebelle et criminel quand on quitte un cours pour faussement s’éclipser aux toilettes… Ses souvenirs sont drôles par leur universalité et vérité. Le spectacle ne comporte pratiquement aucun temps mort sauf les deux segments finaux (incluant le rappel) car ils ont déjà été présentés dans des galas Juste Pour Rire et à la télévision.

Bref, Monsieur confirme que Phil Roy a bel et bien sa place dans l’univers de l’humour et que son évolution sera  des plus agréables à suivre.

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