Philippe Brach
Entrevue Publié le

Philippe Brach : Poursuivre le chemin de l’audace après le sacre du Gala de l’ADISQ 2018

Gros dimanche pour Philippe Brach. Grosse semaine, en fait. Après avoir remporté le Félix de l’Album Alternatif de l’année au Premier Gala de mercredi dernier, il en rajoutait deux autres et pas les moindres lors du grand Gala de l’ADISQ dominical : Spectacle de l’année – Auteur compositeur-interprète, et le prestigieux trophée de l’Auteur ou compositeur de l’année, qu’il partage avec Gabriel Desjardins pour l’album Le Silence des troupeaux. La célébration à peine terminée, il est déjà temps pour Brach de reprendre la route pour plusieurs spectacles au cours des prochains mois, à commencer par un arrêt au Théâtre du Vieux-Terrebonne ce samedi 3 novembre.

« L’art du spectacle, j’irais pas jusqu’à dire que c’est un art qui se perd, mais il y en a de moins en moins, nous partageait-il en coulisses peu après le gala de dimanche.  On ne perd pas en qualité, mais en quantité oui. Parce que les diffuseurs n’ont pas d’argent pour plugger des shows qui ne vendent pas de billets, ou que les gens ne connaissent pas. Il nous manque cette espèce de vibe de boîte à chansons qu’on avait avant, de venir voir un show sans trop savoir c’est quoi. »

Sa collègue Klô Pelgag a d’ailleurs touché une corde sensible, selon lui, lors de son discours de remerciement au gala. De l’avis des deux comparses musiciens, l’audace des artistes est à célébrer, mais celle du public aussi. « C’était extrêmement on point de dire : Bravo les gens qui vont voir un show quand ils n’ont jamais écouté une chanson. C’est ce qui fait que des personnes de tout acabit s’entrelacent, que les gens qui ne sont pas supposés se rencontrer se rencontrent. »

Photo par Marie-Claire Denis

N’empêche que si le Gala de l’ADISQ nous a démontré quelque chose cette année, c’est que la relève s’impose dans la colonie artistique, et que les artistes qui osent et qui brassent peuvent à nouveau obtenir les récompenses de la principale cérémonie de remise de prix en musique au Québec. Pour un gala qui a longtemps récompensé les vétérans et les artistes qui bénéficient déjà de la plus grande diffusion radio et de l’attention médiatique la plus soutenue, on sent que l’audace recommence à être valorisée dans le paysage de la musique pop au Québec. « Je ne suis pas certain que l’audace était partie, argumente Brach. Je pense qu’elle était plutôt sur la scène alternative. Là, j’ai l’impression que l’audace prend d’assaut la scène populaire, le mainstream. »

Hubert (Lenoir), Klô et moi, on n’a pas inventé l’audace. Je pense que ça a toujours existé. Mais on sent une ouverture au niveau des diffuseurs. Ils trouvent peut-être ça cute, je sais pas. Mais on s’en crisse. Nous, on le prend. Ça ouvre une nouvelle visibilité qu’il n’y avait peut-être pas il y a dix ou douze ans.

 

Photo par Loic Fortin.

Reconnaissance des gens de l’ombre

Lorsqu’il était appelé à récupérer son prix pour Auteur ou Compositeur de l’année sur la grande scène du Gala de l’ADISQ, Philippe Brach a pris soin de céder la parole à Gabriel Desjardins, qui signe les arrangements orchestre/ensembles vocaux sur l’album. Pour le prix du Spectacle de l’année, il a aussi tenu à prendre le temps de remercier les gens de l’ombre : les techniciens, les ingénieurs de son, les professeurs de musique. « Sincèrement, je trouve ça vraiment important. Je sais que c’est un job où tu passes vraiment dans l’ombre. Et que si tu n’es pas là, tu vas te le faire dire, mais si tu es là, personne va te remercier ou te féliciter. À chaque show, moi je prends le temps d’aller voir tous les techniciens. »

Les gens de l’ombre ne sont pas uniquement ceux qui travaillent dans le milieu du spectacle. « Un prof de musique qui passe la passion, qui transmet la culture de la musique de personne à personne, c’est parfois cent fois plus efficace qu’une chanson. Donc oui, ça en prend des chansons, mais ça prend aussi des gens de l’ombre qui y croient, qui font ça de bon coeur, et qui n’en reçoivent pas de trophée.  Leur dévotion est pure et c’est digne de mention. »

Trêve d’humilité, il n’en demeure pas moins que Philippe Brach a le vent dans les voiles, que ses prix sont grandement mérités, et que son spectacle Le Silence des troupeaux est aussi essentiel que son album éponyme.

Pour voir ce spectacle récompensé du prestigieux Félix du Spectacle de l’année – Auteur-compositeur-interprète, rendez-vous au Théâtre du Vieux-Terrebonne ce samedi 3 novembre. Billets et détails par ici.


* Cet article a été produit en collaboration avec le Théâtre du Vieux-Terrebonne. 

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