Piknic Électronik
Critique Publié le

PIKNIC ÉLECTRONIK 2018 | Le ciel s’éclaircit avec Anthony Naples et Floorplan

Si vous êtes restés à l’abri dimanche dernier, voici le récit du dernier Piknic : la joie malgré les intempéries… Et préparez-vous : le weekend prochain, Piknic électronic nous réserve, en collaboration avec MEG MTL, pas un mais bien trois événements : samedi 1er septembre avec Quandic DJ Set, Tupi Collective et Sugarface Bell Fo, Wasa Bibi; dimanche avec Mistress Barbara, Mike Larry, Poirier, Tigna$$e et Savanéy; lundi avec Charlotte de Witte, Endants Malins, Head NOdders, Da’Gil B2B Phil Fiction et J’Vlyn D’Ark.


La météo s’annonçait capricieuse ce dimanche à l’occasion du 16e Piknic, organisé cette fois en collaboration avec MUTEK. Quelques danseurs déterminés étaient pourtant au rendez-vous devant la scène MOOG Audio, qu’ouvrait Magnanime à 14h. Sara Magnan, pionnière de la scène techno house expérimentale à Montréal, a lancé en 2015 son premier EP Don’t Wait For Me et a collaboré aux compilations The Fable et Horror inc., avec Brandt Brauer Frick, Dimbiman et Stephen Beaupré.

À 16h, Ourielle Auvé, la productrice, DJ et multi-instrumentaliste d’origine guyanaise, née en France et installée à Montréal, s’installait à la scène SOLOTECH. Ouri, qui possède une formation classique en piano, en harpe et en violoncelle, a d’abord collaboré avec VNCE de Dead Obies au Québec. Son style, aux multiples influences – l’électro pop française, Mr Oizo, James Holden, l’électronique spirituelle de Flying Lotus, la jungle music, les sons de la forêt amazonienne – est décrite ainsi par MUTEK : « Downtempo dansant, harmonies fluides, expérimentations techno ambient aux inflexions RnB ». Ouri a collaboré avec Christophe (Dubé, alias CRi) pour la chanson Pearl, elle a remixé le morceau Every Second de l’artiste bedroom R&B Forever et a lancé, en mai 2017, son album Superficial. Les sons de la DJ, entre douceur et agressivité, naïveté et profondeur, allaient de pair avec le climat bipolaire…

À 16h aussi, Anthony Naples prenait la relève de la scène MOOG pour son premier passage à MUTEK. Avec son premier single Mad Disrespect paru en 2012, Naples s’est rapidement taillé une place à New York. Depuis, il a fait paraître de nombreux EP pour The Trilogy Tapes et le disquaire de Glasgow Rubadub. En 2015, le label Text de Four Tet a lancé son premier album, Body Pill. Sous un ciel de plus en plus lourd, les mélodies complexes et entrainantes du DJ américain accompagnaient les danseurs dans cette ambiance mélancolique. Peu après 17h, une averse a interrompu le set d’Anthony, autour de qui la foule s’était bel et bien animée.

Pendant une demi-heure, les festivaliers ont tenté de se regrouper sous les rares toits et parasols du site. La Plaine des Jeux n’étant pas aménagée pour les intempéries, la majorité des gens se sont retrouvés trempés en quelques minutes et ont abandonné de trouver un endroit au sec. Ils étaient beaux à voir, sirotant leur cocktail dilué par la pluie, vêtus de sacs poubelle noirs percés à trois endroits, pour la tête et les bras, marquant le beat dans leurs souliers boueux. Ah! L’amour de la musique! Cela dit, il ne serait peut-être pas mal d’installer un abri temporaire, car personne n’a envie de manquer un Piknic à cause de l’instabilité du climat…

Heureusement, à 18h, le ciel s’était éclaircit pour de bon et les festivaliers commençaient à faire la file à l’entrée. À la scène SOLOTECH, Bambounou a relancé la soirée. Ce jeune DJ parisien, dont la carrière est bien lancée à 28 ans, a un style qui ne peut être catégorisé, en constante exploration, en perpétuelle évolution, frôlant le bizarre, cassant le canonique 4 par 4. Bambounou a déjà lancé deux albums : Orbiting (2012) et Centrum (2015).

19h. Le party avait repris autour d’Anthony Naples. Sur le parterre gazonné, enveloppés d’un vent chaud et humide, les danseurs avaient des looks flyés ce dimanche. Étaient-ils inspirés par le Festival Mode & Design? Pantalon-boule-disco-argenté, pantalon à motif pied-de-poule, débardeur en filet… torses nus et longues chaînes sous les imperméables jaunes déboutonnés…

Si la soirée fut difficile sous la pluie, nous avons tout oublié avec Floorplan. Durant les dernières heures, le duo père-fille a trouvé comment réchauffer les cœurs et faire bondir les danseurs. Tandis que la scène SOLOTECH passait du vert, au rose, au jaune puis dégradé, l’énergie s’élevait chaque minute plus haut, très haut, dans un ciel noir ou brillait une lune pleine. Robert Hood, pionnier de techno minimale de Detroit, une carrière de plus de 25 ans, a sorti ses derniers albums sous son alias Floorplan : Paradise (2013) et Victorious (2016). Il repasse aujourd’hui derrière les platines avec sa fille, Lyric. Un duo qui se complète à merveille, à en juger par leur performance de dimanche!

Ne manquez pas les derniers Piknic électronique jusqu’au 30 septembre, et n’oubliez pas que le weekend prochain, il n’y aura pas un, mais bien trois Piknics!

Vos commentaires