PJ Harvey
Critique Publié le

PJ Harvey au Métropolis | Sans faille

Montréal aura attendu un peu plus de deux décennies avant de revoir PJ Harvey en tête d’affiche. Elle était là pour deux soirs : les 14 et 15 avril 2017. Un Métropolis rempli à craquer pour accueillir cette icône du rock. La soirée était presque parfaite, une heure et demie tissée serrée, où elle nous a fait voyager d’album en album.

 


Son dernier opus The Hope Six Demolition Project est sans aucun doute un album phare de sa carrière et socialement très engagé. Armée de son saxophone, elle était accompagnée de ses 9 musiciens : des guitares, des claviers, des percussions, des saxophones (ténor et baryton) et une clarinette basse. L’entrée du spectacle, où les musiciens se suivaient à la queue leu-leu donnant une ambiance de marche militaire ou de fanfare, était bien réussie. Cela a donné le ton au spectacle dont le fil conducteur était solide.

La présentation était presque sans faille, elle nous a montré sa solidité vocale autant dans les hautes que dans les basses. Sans aucun doute, elle est une performeuse de grande qualité. Son côté théâtral et sa façon, bien à elle, d’occuper l’espace fonctionnaient bien avec la proposition. Ce choix de mise en scène avait quand même ses limites. Elle ne s’est jamais adressée à la foule avant la quatorzième chanson et ce fût seulement pour nous présenter ses musiciens. Le quatrième mur fut présent et assumé par PJ Harvey tout au long de la soirée.

Entre chaque chanson, elle s’éclipsait avec les autres musiciens et revenait lorsque c’était son tour de chant. Cela a fait planer une atmosphère un peu froide, les gens ont passé des commentaires et auraient peut-être aimé se sentir plus inclus dans ce qu’elle nous proposait ou tout simplement le public avait peut-être envie de se faire dire bonjour.

Les chansons Line In The Sand, Let England Shake, When Under Ether se sont démarquées par l’appréciation de la foule. Ministry Of The Social Affair s’est aussi démarqué par ses arrangements de saxophones très bien mis en valeur. Le solo déchaîné du saxophoniste alto a terminé cette pièce de façon magistrale. Le solo avait un son agressif et des lignes très mélodieuses, voilà que la foule lui a bien rendu en criant et applaudissant de grand cœur. Elle a enchaîné en nous proposant son côté punk dans la pièce 50ft Queenies. Une PJ Harvey convaincante qui ne s’excusait pas du tout d’être là.

Tout allait si bien jusqu’à la fin de la dernière chanson To bring you my love durant laquelle la console a rendu l’âme. Ça n’a pas fait broncher aucun des musiciens sur scène ou même PJ Harvey. Ils ont continué comme si rien ne s’était passé. Des gens de la foule qui ne comprenait pas ce qui arrivait criaient : «Micro!» pour mettre encore plus de pression sur les techniciens, qui couraient sur un méchant temps. Finalement, tout est rentré dans l’ordre pour le rappel.

Ces dix musiciens ont terminé la veillée avec Highway 61 et Last Living Rose. Elle est revenue en expliquant le petit problème technique survenu plus tôt et s’est empressée de chanter ces deux chansons avant de disparaître pour de bon. Le spectacle était sans faille, avec une mise en scène solide et des propositions de chansons très fortes. Un immense bravo à toute cette équipe qui a porté ce spectacle et espérons que nous n’aurons pas à attendre encore deux décennies avant de la revoir dans les parages.

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