Pop Montréal
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POP Montréal 2016 | À bout de souffle

POP Montréal 2016 vient de finir et on est encore à bout de souffle. Passer d’une salle à l’autre sans manquer l’artiste qu’on veut voir est devenu un art qu’on a appris à maîtriser durant ces cinq jours fébriles, du 21 au 25 septembre dernier. Voici ce qui a retenu l’attention de nos rédacteurs Camille P. Parent et Marc-André Mongrain cette semaine.

Mercredi 21 septembre

Allah-Las au Cabaret La Tulipe

Après un petit BBQ d’ouverture plutôt sympathique, on s’est excentré afin d’aller voir ces fameux Allah-Las, groupe californien dont on entendait beaucoup de bien. Le concert affichait d’ailleurs complet.

La formation montréalais imbibé-dans-les-années-1980 TOPS ouvrait la soirée avec sa pop mid-tempo à synthés, puis les cinq mecs de L.A. ont envahi la scène et proposé un set surf-rock-pop plutôt sympathique, dans une ambiance qui n’est pas sans rappeler les virées des Black Lips, en un peu moins punk. Les Allah-Las n’ont pas manqué l’occasion de présenter des chansons du nouvel album Calico Review, paru une semaine plus tôt, mais surtout des hits des albums précédents, qui ont véritablement fait levé le party. Quand le percussionniste s’est décidé à plonger dans la foule, l’atmosphère a réchauffé de trois crans et c’était parti pour une soirée pas mal chaude. Assez pour nous faire oublier qu’en même temps, The Kills et sa toujours très chaude chanteuse Alison Mosshart se produisaient au Métropolis. (L’effet de rareté nous a porté à choisir plutôt Allah-Las, choix qu’on n’a pas regretté).  – M-A.M

Photo par Ashutosh Gupta

Photo par Ashutosh Gupta

Jeudi 22 septembre

Jesse Mac Cormack, lancement de EP au Rialto Hall

C’était assez feutré, mais surtout assez plein au lancement du EP de Jesse Mac Cormack. Je pense que c’est la fébrilité du moment qui nous a permis de voir un Jesse beaucoup plus dynamique qu’à son habitude. Ses textes sont tout aussi chargés d’émotion et de profondeur, et pourtant, le chanteur nous a offert ça de manière tout à fait chaleureuse. Il nous a démontré ses talents de solo de guitare et nous a émoustillé à en enlever des couches. Un beau moment qui nous a fait oublié la pluie à l’extérieur. – C.P.P.

Photo par Jean-Philippe Sansfaçon.

Photo par Jean-Philippe Sansfaçon.

HWYS au Mademoiselle

Le duo de HWYS nous propose un électro planant mais entraînant, parfait pour se réchauffer après la pluie. Le Mademoiselle n’était peut-être pas parfaitement équipé d’enceintes pour nous faire entendre toutes les subtilités dans leur son, mais on a quand même pu y passer un très bon moment avec une odeur de friture dans l’air et le verre à cocktail généreux. Les gars de HWYS sont resté bien concentrés, le nez dans leur console, mais nous ont donné un bel avant-goût de ce qui se trame sur la scène électro montréalaise.  – C.P.P.

 

John Cale au Théâtre Rialto

Pendant ce temps, au Théâtre Rialto, le légendaire John Cale, l’un des fondateurs du Velvet Underground, proposait une prestation savoureusement étrange, du haut de ses 74 ans. Proche collaborateur de Lou Reed, on le devinait aussi axé sur l’expérimentation que son compère, et le musicien gallois n’a pas déçu.

Sa version de Waiting For The Man a bien fait réagir la foule, qui était autrement plutôt attentive et respectueuse de l’ambiance (volontairement) cauchemardesque que nous proposait le vétéran du art rock.  – M-A.M.

Photo par Louis Longpré

Photo par Louis Longpré

Holy Fuck au Théâtre Fairmount

Le nom du band, y’a de quoi le dire! En début de numéro, le public était un peu réservé, côté déhanchement, mais perdait tous ses moyens dès que le beat dropait. Un contraste assez drastique avec HWYS d’une autre forme d’électro, beaucoup plus trash cette fois-ci. Que ce soit dans leurs jams entre les tounes ou dans leurs morceaux adorés du public, les gars de Holy Fuck ne retiennent rien. C’est une expérience concert recommandée. – C.P.P.

 

Vendredi 23 septembre

Caveboy + Let’s Eat Grandma au Bar Le « Ritz » P.D.B.

On a eu droit à une soirée de filles au Ritz avec Caveboy et Let’s Eat Grandma, deux groupes formés uniquement que de femmes. On vous l’avait dit qu’on se déhancherait sur Caveboy, eh bien, on s’est déhanché au spectacle de Caveboy. La formation montréalaise ne s’est pas gênée de venir danser avec nous sur le plancher et nous a même offert leur version de la très populaire What Goes Around…Comes Around de Justin Timberlake.

À leur tour, les deux multi-instrumentistes de Let’s Eat Grandma sont montées sur scène dans toute leur théâtralité, le visage caché dans leurs cheveux longs pour nous interpréter leur chanson Deep Six Textbook. Le public était plutôt impressionné du jeune âge et du talent des deux jeunes filles et sa réponse a fait écho à son appréciation. – C.P.P.

 

Samedi 24 septembre

Beyries + Kandle sur le toit d’Ubisoft Montréal

Beyries a lancé la soirée tout en délicatesse, assise à son piano, accompagné de sa choriste. Sa musique avec le Mont-Royal au coucher du soleil en arrière-plan se mariait merveilleusement bien et nous faisait oublier le temps frisquet d’automne. Le public, la tuque bien enfoncée sur les oreilles, se laissait bercer sur les airs indie pop.

Son set terminé, les musiciens de Kandle (les Krooks) ont commencé à s’installer… quand l’alarme de feu a retenti. La foule s’est dit que ça passerait et a choisi de faire la sourde oreille, mais on s’est bel et bien fait prier de descendre dans le calme et l’ordre. Alarme de feu. Dans un show de Kandle. (Candle). Ça s’invente pas.

On a attendu un bon vingt minutes avant de pouvoir remonter, retrouver une Kandle qui ne comprenait pas plus que nous ce qui venait de se passer. Soit, elle nous a tout de même donné un spectacle à la hauteur avec une ambiance rock, formule acoustique feutrée. Le soleil couché, la température était plus que frisquette, mais la foule se tenait bien serrée et ondulait en harmonie avec la musique. Une soirée inoubliable par son atmosphère (et son anecdote).

kandle-pop-montreal-2016

 

Dimanche 25 septembre

Wolves in the Throne Room à la Sala Rossa

Notre collaborateur Bruno Maniacci et notre photographe Thomas Mazerolles s’y trouvaient. Consultez leur critique de la soirée avec photos.

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