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Premiers Prix Duceppe | Harold et Maude rafle presque tout

C’était soir de gala mercredi au Théâtre Jean-Duceppe pour la toute première remise des Prix DUCEPPE, réclamés depuis longtemps par les abonnés de la compagnie. Surtout que depuis la disparition de la Soirée des Masques, les praticiens du théâtre sont trop rarement récompensés. Cette fois, c’est la pièce Harold et Maude adaptée de Colin Higgins, présentée au printemps dernier, qui a raflé huit des dix nouveaux Prix DUCEPPE, lesquels sont accompagnés d’une bourse de 500$.

La soirée était animée par Michel Dumont, le directeur artistique de la compagnie depuis 1991 qui a passé récemment le flambeau au jeune tandem David Laurin et Jean-Simon Traversy. Pour plusieurs, les Prix ont aussi été présentés par de fidèles abonnés qui, dans certains cas, le sont depuis plus de 30 ans.

Deux Prix, soit celui de Découverte avec une première présence chez Duceppe, et celui de la meilleure scénographie, ont été attribués respectivement à Sylvain Marcel et Guillaume Lord pour leur travail sur la pièce française Nos femmes d’Éric Assous, mise en scène par Michel Poirier et jouée par le trio Sylvain Marcel, Guy Jodoin et David Savard. Une production cependant contestée, notamment pour la banalisation de la violence faite aux femmes.

Photo par Sébastien D'Amour.

Photo par Caroline Laberge.

La grande gagnante de la soirée aura été sans conteste la production Harold et Maude qui, en plus des sept autres, s’est vu attribuer le Prix Michel-Dumont du spectacle de l’année.

Les deux prix de la meilleure interprétation féminine et de la meilleure interprétation masculine sont allés au couple dépareillé  formé par l’octogénaire insolite incarnée par Béatrice Picard, et son acolyte de 19 ans, Sébastien René. Ce dernier recevant ainsi le Prix Jean-Duceppe du meilleur acteur en même temps que le Prix Relève décerné à un artiste de moins de 35 ans. Michel Dumont en a profité ensuite pour annoncer que dès l’an prochain, le Prix de la meilleure actrice porterait le nom de Prix Béatrice-Picard.

On pouvait s’en douter, le Prix de la mise en scène est allé à Hugo Bélanger, alors que Luc Prairie a récolté le Prix Lumières et Ludovic Bonnier le Prix Musique originale qui lui a été remis par l’ex-homme politique Gilles Duceppe, maintenant président du conseil d’administration de la compagnie de théâtre fondée par son illustre père. Pour sa part, la costumière Marie Chantale Vaillancourt s’est vue décerner le premier Prix François-Barbeau, du nom du père spirituel de la conception des costumes de théâtre décédé en janvier 2016.

Faisant écho au slogan de la compagnie qui est « des émotions en temps réel », Béatrice Picard qui vient d’avoir 88 ans, fut incontestablement la reine de la soirée. Arborant une petite coiffe ronde et plate sur le côté et surmontée d’une grande fleur rouge à la Kate Middelton, Madame Picard avouait après la cérémonie que c’était la première fois de toute sa longue carrière qu’elle recevait un prix pour meilleure actrice.

« Je suis ravie, a-t-elle confié à Sors-tu?, car c’est pour un rôle qui me tenait à cœur depuis longtemps, et j’ai eu tant de plaisir à le jouer. D’autant plus que maintenant, j’ai l’âge du personnage. Ce n’était pas un rôle de composition comme quand j’avais 50 ans et que je jouais des femmes de 75 ans. Plus je vieillis, plus mes rôles me rajeunissent. »

Néanmoins, elle avait subi un malaise grave sur scène pendant une représentation de Harold et Maude. Mais sitôt redevenue vive et alerte comme on la connaît, désireuse acharnée de jouer jusqu’à 100 ans, Béatrice Picard ne cache pas le secret de son éternelle jeunesse : « Le secret? C’est d’aller plus vite que le temps, être occupée, toujours avoir de la motivation pour faire des choses et en tirer du plaisir. »

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