Nikamotan MTL
Entrevue Publié le

Présence autochtone 2018 | Électro et hip-hop à Nikamotan MTL – nicw

Nikamotan MTL – nicw, le grand spectacle annuel de Musique nomade, est de retour pour une deuxième année avec sept artistes hip-hop, électro et indie-pop, dans le cadre du festival Présence autochtone. Petit portrait de l’événement.

Nikamotan, qui signifie « chanter ensemble » en atikamekw, était un projet issu du 375e anniversaire de la ville de Montréal. « C’était pour rappeler que le territoire était autochtone. Il y avait un côté politique là-dedans », explique l’organisatrice Joëlle Robillard. Cette année, Nikamotan MTL — nicw (Nicw, deux en atikamekw), reprend l’esprit collaboratif du spectacle précédent.

« Les collaborations se forment selon la personnalité des artistes, selon ce qu’ils font.  Dès que j’ai vu Anachnid, j’ai pensé à un duo avec Annie Sama. Elles sont vraiment “girl power”. Les deux évoluent dans le milieu de la mode, des arts visuels. En trois jours, elles ont enregistré leur chanson. Trois jours intenses de création. » Le résultat sera présenté pour une première fois sur scène le 11 août prochain.

Autre collaboration prometteuse, celle du groupe indie-pop électro Chances et de IsKwé, auteure-compositrice interprète dénée-crie et irlandaise dont son dernier album The Fight Within était en nomination aux Juno 2017 et se retrouvait sur la longue liste du Prix Polaris 2018. « IsKwé est assez connue sur la scène canadienne, mais moins au Québec, précise Joëlle Robillard. On est content de l’avoir cette année. Je voulais la faire découvrir à Montréal. »

 

Musique nomade

Découvrir les nouveaux talents autochtones et les aider dans leur démarche, c’est l’objectif de Musique nomade, l’organisme derrière le spectacle. En plus d’offrir des ateliers dans les communautés du Québec et du Canada, Musique nomade installe pendant deux semaines des studios avec une équipe professionnelle. Elle enregistre avec les auteurs-compositeurs-interprètes des œuvres originales, des vidéos, des entrevues et rédige leur biographie. « On fait gratuitement une espèce de kit aux artistes pour promouvoir leur musique, résume Joëlle Robillard. À chaque escale, dépendamment où ils sont rendus dans leur carrière, on développe d’autres projets. Des fois, ce sont des résidences de création, des fois des rencontres d’artistes. On les accompagne dans leur demande de subventions, on fait de la tournée promotionnelle. C’est varié. »

Il va donc de soi que Nikamotan MTL – nicw mette la relève en valeur. « Il y en a partout, dans toutes les nations et dans tous les styles. Il y a énormément, énormément d’artistes hip-hop dans les communautés autochtones. » Le rap sera justement représenté sur scène par Tristan Grant, rappeur mi’gmaq de la communauté de Pabineau au Nouveau-Brunswick connu sous le nom Wolfcastle, et par Violent Ground, duo formé des frères Allan et Christian Nabinacaboo issu de la communauté de Kawawachikamach.

Les tambours de Tee Cloud du groupe Sacred Wolf Singers résonneront également sur scène. Musicien dans les Pow-Wow d’Amérique du Nord depuis quinze ans, l’originaire de Metepenagiag au Nouveau-Brunswick ajoute des sonorités modernes à ses rythmes traditionnels.

Allier Hip-hop, électro, indie-pop et musique traditionnelle: voilà un beau défi relevé par le directeur musical, Blaise Borboën-Léonard, ex-Hôtel Morphée et proche collaborateur de Lydia Képinski et Mélanie Venditti. La mise en scène a été confiée à Xavier Huard, acteur et cofondateur de la compagnie théâtrale Menuentakuan. « L’équipe est là pour s’assurer du respect des valeurs traditionnelles dans une facture contemporaine ».

Nikamotan MTL – nicw se tiendra le 11 août 2018 à 21h30 à la Place des Festivals, et c’est gratuit.

La programmation complète du festival Présence autochtone paraîtra sous peu.

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