Psychédélique Marilou
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Psychédélique Marilou au Théâtre La Licorne | La barre trop haute

Écrit dans le cadre de la résidence d’auteur de Pierre-Michel Tremblay, Psychédélique Marilou nous transporte dans l’intimité de Marilou, universitaire en quête d’identité, et de ses parents à la recherche de changement et de nouveaux défis. Le tout est présenté sur fond de musique, de LSD et de peace and love, accompagné par la figure mythique Timothy Leary, véritable gourou du psychédélique.

Les bons coups

Avant tout, commençons par les fleurs! Mention d’honneur à Bruno Marcil qui est délicieux dans son interprétation de Timothy Leary. Le comédien endosse tour à tour le rôle du professeur, du metteur en scène chiant, en plus de plusieurs autres chapeaux. On le sent à l’aise sur scène, il provoque des éclats de rire d’un coup de regard et il semble s’amuser avec les musiciens. Bref, un plaisir franchement contagieux. D’ailleurs, Thomas B. Champagne et Alexis Aubin-Marchand qui forment ensemble le groupe Le Futur accompagnent le tout avec brio grâce à leur musique planante, nous embarquant facilement dans leur ambiance sonore.

De son côté, le metteur en scène Philippe Lambert propose une mise en scène efficace et dynamique. Il nous transporte aisément de la maison familiale au studio de radio où travaille la mère de Marilou jusqu’à San Francisco, sans casser le rythme. Et question de rythme, on doit avouer que les comédiens sur scène n’en manquent pas. Le duo de parents en quête de défis et de nouveautés formé d’Isabelle Vincent et de Jacques Girard ne manque pas de nous faire rire. Ces deux-là ont un sens du punch indéniable. Alice Moreault quant à elle nous livre une Marilou convaincante et attachante, à la fois forte et fragile, qu’on se plait bien à suivre à travers ses remises en question et ses doutes.

Les moins bons coups

Là où la pièce Psychédélique Marilou nous rejoint moins, c’est au niveau du propos… On comprend bien que l’auteur souhaite nous faire réfléchir à nos travers, notre besoin de réalisation et de liberté, mais le problème c’est qu’il est difficile d’embarquer dans cette critique. On y croit difficilement. Au début de la pièce, le père de Marilou décide de quitter la politique sur un coup de tête, à bout de nerfs de tous ces mensonges et promesses non tenues de son parti. On retrouve aussi le directeur de thèse de l’étudiante qui n’a pas accepté son projet, pas parce qu’il ne trouve pas la jeune femme intelligente, mais bien parce qu’il a envie de coucher avec elle. Et des exemples du genre, il y en a d’autres qui provoquent ce sentiment de déjà vu et, avouons-le, de cliché. Et c’est dommage. La proposition est intéressante, on a envie nous aussi de se laisser aller à la douce folie que Timothy Leary tente d’insuffler à cette famille.

Bien que Psychédélique Marilou n’ait pas répondu à toutes nos attentes, on ne boude pas nécessairement ce plaisir. On y va pour passer un bon moment, voir ces acteurs de talent livrer de solides performances et se laisser planer au son de la musique psychédélique.

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