Ce qui émerge après
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Retour sur Ce qui émerge après (4Kg) – REMIX Les Mioles – REMIX En attendant le pick-up de Tangente Danse

Ce jeudi soir avait lieu, au studio Hydro-Québec du Monument National, la première soirée de représentation des trois pièces issues de la collaboration de Sarah Bronsard et Nancy Gloutnez dans le cadre de la saison 2015-2016 de Tangente Danse contemporaine. Tantôt originale (En attendant le pick-up), tantôt revisitée par Nancy pour Sarah (Ce qui émerge après (4 Kg)) ou encore par Sarah pour Nancy (Les mioles), les trois créations contemporaines sont la rencontre de deux univers de corps sonores.

Le corps sonore, c’est tout corps qui rend, ou qui peut rendre immédiatement du son, dixit le dictionnaire de la musique. Une notion qu’il vaut la peine de garder en tête si vous allez assister à la représentation. Un exemple facile de corps sonore? La corde de piano! Pour une utilisation pas mal moins conventionnelle du concept, direction le Monument National.

Peintre à l’origine, Sarah Bronsard préfère la danse flamenco comme moyen d’expression. Du flamenco, elle reprend la forme. Son objectif n’est pas de s’approprier la culture mais d’en utiliser le rythme, les codes. Nancy Gloutnez, elle, est pianiste classique à l’origine, elle a cependant choisi la gigue comme medium principal. La gigue? Cette danse traditionnelle québécoise? Oui, mais une version très actualisée.

La soirée se divise en trois parties, chaque artiste revisitant une création personnelle de l’autre, pour ensuite se retrouver dans une pièce commune.

Ce qui émerge après (4 kg) est la suite de « 4 kg », la première production de Sarah présentée en 2012. Dans cette nouvelle production, Sarah traite de maturation, de renouvellement.

L’intensité de la représentation va en crescendo et le dialogue s’installe entre les deux artistes. Ici, Nancy Gloutnez est aux commandes d’une foule de petites boîtes disposées un peu partout sur l’espace scénique. Assise par terre, elle les contrôle par ordinateur, et les utilise pour construire et déconstruire le rythme de la représentation. Sarah, seule danseuse, interagit avec Nancy par le flamenco en restant bien loin de la musique flamenco!

Dans la version remixée de Les Mioles, Nancy dirige en chef d’orchestre un groupe de 4 danseurs. Elle les utilise alors, construisant des boucles musicales. Sarah y apporte ici l’utilisation des pieds et des mains, atypiques à la gigue. Le groupe de danseurs, pieds nus, évolue alors de façon organique dans une version très épurée de la gigue traditionnelle.

C’est à la suite de ces deux remix qu’est né En attendant le pick-up. Pour cette dernière partie de représentation, Nancy et Sarah partagent une nouvelle fois la scène. Ici la danse n’est qu’un outil parmi d’autres, en fait on s’éloigne de la danse et pour assister à de l’art performance.

Là où les deux premières pièces étaient plus solennelles, En attendant le pick-up est ponctuée d’humour. Les deux filles ont clairement développé une grande complicité durant cette collaboration de presque deux ans, et ça fonctionne bien. Après le sérieux des deux premières pièces, on se détend. Les filles sourient, les spectateurs rient, à plus d’une reprise, et avec raison.

En fait, je ne serais pas surprise d’apprendre qu’En attendant le pick-up n’est pas leur dernière collaboration. Les deux artistes prennent manifestement beaucoup de plaisir à travailler ensemble, et le résultat est franchement agréable.

En attendant une prochaine collaboration, les trois pièces sont en représentations jusqu’au 13 décembre. Détails et billets sur le site de Tangente.

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