Motley Crue
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Retour sur Motley Crue (avec Alice Cooper) au Centre Bell

Montagnes russes, explosifs et pentagrammes enflammés : la « dernière » tournée de Motley Crüe mettait littéralement le feu à Montréal ce lundi 24 août, et ils nous en ont mis plein la vue, avec une finale absolument démentielle.


Alice Cooper : le père du shock rock en forme

La cérémonie est ouverte par un grand maître du hard-rock, mais aussi du théâtre : l’unique Alice Cooper. Le rideau à l’effigie des yeux du chanteur tombe à 19h45 et les musiciens font leur apparition sur The Black Widow. Et c’est sous un rideau de feu et d’étincelles que le rockeur de 67 ans fait son apparition, ovationné par un Centre Bell très bien rempli. Force est de constater que certains tiennent mieux le coup que d’autres dans les dinosaures du rock encore vivants. Proche d’être un septuagénaire, Alice Cooper fait partie de ceux qui sont encore incroyablement en forme. Un concert d’une heure où s’enchaînent les tubes comme No More Mr. Nice Guy, I’m Eighteen ou l’excellent Poison chanté par toute la foule.

Coté musiciens, les trois excellents guitaristes s’en donnent à cœur joie et assurent le spectacle. Mention spéciale à la très énergique Nita Strauss, dont la chevelure blonde arpente la scène de long en large, succédant sans problème à la non moins remarquable Orianthi.

On a droit à la totale, de l’électrocution et apparition du Frankenstein géant, à la guillotine et décapitation du chanteur, en passant par la camisole et l’infirmière sexy et sanguinolente. Certes, si on a déjà vu Alice Cooper ces dernières années, ça peut paraître déjà-vu et un peu répétitif. Mais cela n’enlève rien à la qualité de la prestation de lundi soir.

School’s Out clôt le concert en beauté avec notamment le passage reprenant Another Brick In The Wall de Pink Floyd, chanté à l’unisson par une foule conquise. Chapeau, Monsieur Cooper.

Alice Cooper et la guitariste Nita Strauss

Motley Crüe : All bad good things must come to an end

Petit rappel pour replacer le contexte : les membres de Motley Crüe ont signé leur arrêt de mort en 2013, avec un contrat de cessation d’activité de tournée le 31 décembre 2015. Ce serait donc la dernière fois qu’on verrait le groupe lundi soir dernier. Il est 21h et tel un cœur qui bat de plus en plus lentement, une grosse lanterne rougeoie au-dessus de la scène et annonce l’arrivée du quatuor californien. Sous une ovation monstrueuse et une détonation qui a dû s’entendre jusque sur le Mont-Royal, le groupe monte sur scène et nous balance le classique Girls Girls Girls d’emblée, suivi de Wild Side et Primal Scream. Pas de temps à perdre, c’est la dernière ! Pas le temps de respirer, Same Ol’ Situation, Smokin’ In The Boys Room et Look That Kill, les succès s’enchaînent et la température du Centre Bell explose, le public est en ébullition.

Visuellement, on assiste à un spectacle hallucinant, des jeux de lumières et projections grandioses, et surtout à des flammes et explosifs dans tous les sens. Motley Crüe n’a rien à envier à Kiss ou Rammstein, la mise en scène est simplement énorme.

Coté vocal, alors que Vince Neil n’a pas la meilleure réputation dans le genre, notamment sur ces dernières années, ce soir c’est une superbe performance que nous livre le chanteur. Égal à lui-même, Nikki Sixx déchaîne la foule, avec sa basse qui lance des flammes de 8 mètres de haut. Mick Mars est très statique, tel un corbeau morbide en chapeau haut de forme, mais livre aussi une bonne prestation. Deux choristes aux physiques intéressants enchaînent les chorégraphies derrière Vince Neil.

Tommy Lee au Cnetre Bell

Première surprise: la reprise d’Anarchy in the U.K des Sex Pistols, où Vince Neil remplace U.K par U.S.A. S’en suit le classique Shout At The Devil avec son pesant de pentagrammes et de flammes dont on sent la chaleur jusqu’en arrière.

Et c’est enfin le grand moment : la Carmina Burana introduit le solo de batterie de Tommy Lee. Tous les spectateurs auront remarqué en rentrant dans le Centre Bell ces immenses rails sillonnant le plafond jusqu’à la console de son : c’est simplement le roller-coaster de Tommy Lee. Surréaliste. Le batteur avance dans les airs, tout en faisant des rotations complètes avec sa batterie entière, et il continue à jouer, la tête en bas, en criant qu’il trippe à mort et que c’est un rêve qui se réalise. C’est évidemment la folie dans la salle, où les gens hurlent ou bien se frottent les yeux pour arriver à croire ce qu’ils voient.

Comment ne pas baisser l’intensité après ça ? En enchaînant le récent et très efficace Saints of Los Angeles, les bombes Live Wire et Dr.Feelgood, pour arriver sur la finale en apothéose avec Kickstart My Heart. Deux grues se décrochent du plafond et viennent porter Nikki Sixx et Vince Neil dans les airs, proche des tribunes, saluant une dernière fois la foule, alors que Mick Mars et Tommy Lee s’élèvent sur des plateformes. Explosions de confettis projetés dans les airs, alors que des serpentins rouges et blancs tombent du plafond, pendant que les lance-flammes brûlent dans tous les sens et qu’un pentagramme géant – à faire pâlir un black métalleux – flambe en fond de scène. Démentiel. Ha-llu-ci-nant. Une dernière explosion vient faire trembler les murs alors que les musiciens disparaissent.

Comment faire un rappel à la hauteur ? En traversant le Centre Bell au milieu de la foule pour se rendre à une petite scène derrière la console de son, pour jouer la ballade Home Sweet Home, introduite par Tommy Lee, qui non-content d’être un batteur aérien, sait aussi jouer du piano. Et alors que le premier refrain monte en intensité, la scène s’élève à 10 mètres de hauteur au milieu du Centre Bell. Dans le public ça crie, ça pleure, ça chante, c’est l’orgasme final. « We’re gonna miss you motherf***ers », lance Vince Neil avant que la bande de Los Angeles ne se retire pour de bon, serrant quelques mains au passage.

Pour une dernière (si  ça en est vraiment une, fusent les débats dans la foule), Motley Crüe a mis la barre très, très haute, et peut tirer sa révérence avec la certitude d’avoir marqué les esprits à jamais,  avec une place prestigieuse assurée au panthéon du rock.

Le rail du Roller-Coaster de Tommy Lee

 

 

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