Les 7 Doigts
Critique Publié le

Réversible à la TOHU | Magnifique création des 7 Doigts de la main !

Avez-vous déjà rêvé voyager dans une multitude d’univers tout en restant assis à la même place ? Avez-vous déjà rêvé passer du rire aux larmes tout en gardant le regard figé sur un même espace ? Avez-vous déjà rêvé être émerveillé en assistant à des scènes on ne peut plus réelles ? Gypsy Snider vous invite à découvrir tous nos microcosmes intérieurs dans cette nouvelle création des 7 Doigts, où se conjuguent calme, colère, tension et volupté, à travers les tableaux mis en scène par huit jeunes artistes talentueux.

Ils n’auront besoin que de trois murs pour nous faire pénétrer dans leurs univers – trois murs valsant au rythme d’une techno obsédante, d’un piano nostalgique, d’une guitare percussive et de voix poétiques. Trois murs qui prennent vie après un prologue à travers lequel des histoires de grands-parents sont contées par les voix singulières des artistes. Vous ne saisirez pas immédiatement cette farandole de mots, mais vous vous laisserez vite envouter par les danses endiablées et les sauts insensés à travers les portes et les fenêtres, par ces artistes plein de finesse et d’énergie. Ces histoires, ce sont celles vécues par les papis et mamies auxquels se sont liés les interprètes. Ils nous expliquent ainsi comment étaient leurs vies, à leur âge, à leur époque – créer un cirque comme « miroir d’une société », un cirque pour « creuser plus loin dans notre humanité », un cirque pour « célébrer nos défauts et nos conflits », tels sont en effet les objectifs de Gypsy Snider.

Plusieurs tableaux se succèdent ainsi en retraçant les différents univers de notre vie quotidienne, de la perte de nos clés pour rentrer chez soi au skate déferlant dans la rue, en passant pas le téléphone qui ne cesse de sonner…. Casquettes, bascule, balles, cerceaux, corde, diabolo, rubans, cercle et bras de métal… Les numéros s’enchainent de l’un à l’autre, parfois avec quelques longueurs, parfois sans grande cohérence, mais toujours avec une poésie et un caractère bien définis, davantage pour les numéros féminins. Vous apprécierez l’harmonie sublime entre les gestes et la musique (enregistrée malheureusement), les combinaisons parfaites au sein des numéros, et la diversité des scènes. Vous entendrez la fin des histoires sous la forme d’épilogue avant de voir ces corps disparaitre dans les flots d’une grâce gestuelle à couper le souffle. Ce spectacle, destiné à tout public, est à découvrir à la Tohu de Montréal jusqu’au 30 décembre.

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Photo par Alexandre Galliez

Photo par Alexandre Galliez

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