Ride
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Ride au Théâtre Fairmount | Jamais trop tard…

Pour la première fois de sa carrière, la formation anglaise Ride était de passage à Montréal. Aucune visite durant son apogée des années 90 ni lors de son retour en studio en 2017 : « what were we thinking? » se demandait le chanteur et guitariste rythmique Mark Gardener. On ne le sait pas, mais heureusement le groupe phare du shoegaze s’est repris avec deux heures d’excellentes mélodies assourdissantes.

Beaucoup de bruit

Pour cette toute première montréalaise, Ride était en tournée de promotion de son sixième album studio « This Is Not a Safe Place », son deuxième depuis la récente réunion. Toujours composé des mêmes membres qu’au début, dont un Mark Gardener bien jovial et le chanteur et guitariste soliste Andy Bell bien concentré sur ses solos, le quatuor ne s’est pas retenu dans la petite salle intime du Théâtre Fairmount : le volume était fort à en regretter d’avoir oublié ses petits bouchons oranges à la maison.

Ride s’est évidemment replongé dans ses vieux classiques comme les accrocheuses OX4, Leave Them All Behind mais surtout Vapour Trail, la toune douce la plus noisy au monde. Mais le groupe n’est pas non plus passé à côté du single Lannoy Point de l’album « Weather Diaries », son grand retour en studio après près de 20 ans d’absence. Une chanson qui dévoilait encore mieux son charme en spectacle.

La formation a toujours misé sur les belles harmonies vocales aériennes d’Andy Bell et de Mark Gardener, mais a surtout réussi à créer un contraste attrayant en alternant entre ces harmonies vocales et un son de guitare lourd, comme sur Drive Blind et son long intermède infernal durant lequel tremblait le sol et flashaient les lumières.

Renouveler son style

Du dernier album, les membres ont interprété notamment Eternal Recurrence, aux sonorités typiquement shoegaze à la fois sereines et bruyantes qui rappelaient les meilleurs moments du groupe. Le public a aussi eu droit à la dansante mais moins mémorable Repetition, ainsi qu’aux joyeux singles pop Jump Jet et Future Love, et à l’intense Kill Switch. Preuves qu’ils ont su se réinventer et rester pertinents sans retomber uniquement dans le shoegaze alors que ça aurait pu être une voie facile, puisque c’est un style redevenu à la mode.

En un spectacle de deux heures, Ride a pu se rattraper pour toutes ces années perdues loin de Montréal. Le groupe a montré qu’il n’est pas seulement un nom important dans l’histoire du shoegaze, mais bien une formation capable de pondre de nouvelles mélodies indémodables bien bruyantes comme il le faut.

Première partie : The Spirit of the Beehive

En début de soirée, les philadelphiens de The Spirit of the Beehive offraient une musique indie légèrement shoegaze. Ce qui semblait au départ un style assez commun et sans surprise a rapidement progressé en un contraste déroutant, invitant et audacieux entre une indie rock et un rock plus trash et noise. Ce dernier style donnait les moments les plus marquants, surtout grâce au chanteur, à ses cris inattendus et à sa voix agréable à apprivoiser.

Liste de chansons :

  1. R.I.D.E.
  2. Jump Jet
  3. Future Love
  4. Leave Them All Behind
  5. Fifteen Minutes
  6. Eternal Recurrence
  7. Taste
  8. Chrome Waves
  9. Shadows Behind The Sun
  10. Repetition
  11. Lannoy Point
  12. All I Want
  13. OX4
  14. Twisterella
  15. Vapour Trail
  16. Drive Blind
  17. Kill Switch

Rappel : 

  1. End Game
  2. Seagull
  3. Chelsea Girl

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