Alice In Chains
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Rockfest 2014 – Jour 2 | Danzig, Alice in Chains, Primus, Cypress Hill

Deuxième journée du Rockfest de Montebello 2014, et le constat est : beaucoup plus calme. Pas d’attente interminable, une foule moins grande et visiblement en lendemain de veille (donc légèrement moins enthousiaste à tout casser), et peut-être des groupes qui vont chercher des foules moins universelles.

Exception faite des rois incontestés du glam que sont Mötley Crüe, qui eux rassemblent encore autant leurs contemporains que les enfants de ces derniers. Il y a avait d’ailleurs dans la foule tout un tas de jeunes affublés de perruques crêpées et de pantalons ultra serrés aux motifs divers.

DANZIG

L’homme derrière l’horror punk, le grand prêtre des Misfits, Glenn Danzig était de retour à Montréal pour retrouver ses fans.

Fans qui sont inconditionnels devant l’œuvre géante de Danzig.

Mais si flamboyant soit son passé, force est d’admettre que Glenn n’a plus sa forme d’antan. Côté physique, ça va, l’ex bodybuilder est encore très imposant, mais c’est sa voix qui manque.

Le même problème était notable lors de son passage au Heavy MTL de l’an passé : on n’entend pratiquement rien de ce qu’il chante. Ici et là on attrape un « Come on ! », mais sinon ne sont audibles que des bribes.

Ce qui fait qu’il sonne un peu comme un gars qui chante du karaoké et qui manque des paroles. Mais pour compenser il est sympathique et ses musiciens sont solides.

 

 

ALICE IN CHAINS

BAM.

C’est comme ça qu’a commencé la performance d’Alice in Chains. Un gros coup de guitare (les premiers accords de Them Bones, pour être précis) qui sort de nulle part et qui a fait faire le saut à tout le monde.

Faut aussi dire que le son était particulièrement fort, ça aide pour l’effet de surprise. Mais une fois la prestation lancée, on se rend compte que le groupe jouit probablement de la meilleure sonorisation de tout le Rockfest.

On entend à merveille chaque instrument. Plus important encore, on entend clairement les harmonies vocales, typiques des compositions de ce band phare du grunge et de l’alternatif.

La formation en était à sa première date après un long hiatus de la scène, et ils étaient tout sauf rouillés. La puissante voix de William DuVall est à son top. De quoi faire rougir Adele.

Ils nous ont en plus offert la première vraie ballade du festival (Nutshell), et la foule ne s’est pas fait prier pour sortir les briquets.

Point négatif hors du contrôle du groupe : le caméraman qui fait des zooms/dézooms à l’infini. ARRÊTE MAN.

Photo par Karine Jacques.

Photo par Karine Jacques.

 

PRIMUS

Visiblement les 90’s étaient un thème récurrent pour la journée, parce qu’un peu avant Alice in Chains se produisait l’excentrique Primus.

Avant même que le groupe entre sur scène, ils avaient déjà quelque chose de remarquable : ce sont les premiers de toute la fin de semaine à avoir un accessoire de scène.

Accessoire étant deux immenses cosmonautes gonflables.

Ce qui est assez représentatif de ce qui s’en vient, parce que Primus est un peu le groupe extraterrestre de l’alternatif.

En fait, Les Claypool, bassiste et membre principal du trio, vient clairement d’une autre planète. Personne ne joue de la basse comme lui. Un mix entre les grands du funk et les plus excentriques des métalleux.

Comme si Flea était sur l’acide.

Mauvais exemple.

Performances notoires qui résument bien ce qu’est Primus : les deux dernières pièces jouées, My Name As Mud et Jerry Was A Race Car Driver (que les fins connaisseurs auront reconnu de la trame sonore de Tony Hawk Pro Skater).

Anecdote cocasse, un des vendeurs de bières ambulants a arrêté toute activité pour s’asseoir et chanter My Name Is Mud.

Primus - Photo par GjM Photography   Primus - Photo par GjM Photography  Primus - Photo par GjM Photography

 

CYPRESS HILL

« Y’a Cypress Hill ici sur le côté de la scène en train de se préparer. C’est quoi ça ? J’pensais que c’était un festival punk rock ici. »

Voilà les dires pas particulièrement respectueux du guitariste de Lagwagon, qui performait juste avant.

Okay, oui, Cypress Hill était le seul groupe à ne pas entrer dans le moule punk-rock-metal cette année. Et oui, leur performance était bien meilleure que celle de Lagwagon. Prends ça.

En fait, ils étaient le groupe parfait pour ce moment de la journée. Gros soleil, les gens se remettent de leur brosse et recommencent à prendre vie, le ganja brûle partout, fait que quoi de mieux que du hip hop et des rythmes latins ?

B-Real et Sen Dog s’en sont donné à cœur joie, eux-mêmes s’allumant un énorme pétard sur scène. Ils ont joué avec la foule et ont laissé Dj Muggs et Bobo, leur impressionnant joueur de conga, s’échanger les solos.

Là, pour ceux qui n’auraient toujours pas digéré le fait qu’un groupe rap se produise au Rockfest, pensez donc au fait qu’ils ont quand même un hit nommé Rock Superstar.

 

Photo par GjM Photography

Photo par GjM Photography

Photos en vrac
par Greg Matthews et Karine Jacques

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