Roosevelt
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Roosevelt au Belmont | La fièvre du dimanche soir

Dans le cadre de sa tournée « Young Romance », Roosevelt était de passage dimanche soir à Montréal. Dans une salle du Belmont pleine, le musicien allemand aura très vite saisi son public derrière une électro-pop scintillante et efficace pour conclure à merveille cette première semaine de décembre.

Des mélodies percutantes

Écouter Roosevelt sur scène, un dimanche soir, c’est peut-être s’assurer de bien terminer ou commencer la semaine, c’est selon. Car oui, bien que loin d’être révolutionnaire, la synthpop du natif de Viersen aura garanti d’inévitables mouvements d’un public heureux de la joyeuseté des titres structurés de mélodies percutantes.

C’est d’ailleurs suite à une introduction rondement transmise par le DJ montréalais Radiant Baby – qui venait de jouer une petite heure en ouverture – que les notes mystérieuses de Take Me Back se manifesteront. Sous la lumière de violents stroboscopes, Roosevelt et ses musiciens arrivent sur scène avec un enthousiasme qu’ils transmettront rapidement pour le reste du spectacle. Aussi, le fait de voir des instrumentistes sur scène, avec un batteur, un bassiste, un claviériste et Marius Lauper au chant et guitare, donnera une assise au contenu musical, particulièrement valorisé ce soir-là par une balance de son agréable à l’oreille.

Roosevelt donne le ton

Au fil des titres, un collectif parfaitement rôdé se démarquera parmi ces lumières tamisées qui laissent rarement transparaître les visages du discret quatuor. Quant à leur musique maîtrisée, elle offrira de bout en bout une constance bienvenue au passage des pièces de Roosevelt (2016) et Young Romance (2018). Issu de ce dernier, le second titre du set Illusion sonnera étonnement plus rock qu’en studio, puisque le batteur s’amusera à frapper avec insistance les cymbales en conclusion du morceau avant que Roosevelt annonce le prochain, Montreal.

Les téléphones cellulaires sont de sortie pour l’une des premières et plus connues productions du jeune homme. S’enchaîneront par la suite, et sans accrochage, plusieurs morceaux dont les excellentes Under The Sun, Lucia et Losing Touch sous une marée de lumières chaudes. L’enthousiaste public se réjouira aussi du riff introduisant Moving On, avant de chanter à pleins poumons le refrain accrocheur d’une Fever jouée dans une autre tonalité. C’est la fièvre du dimanche soir.

Réinterprétations et reprises

Ce qui a été particulièrement réjouissant dans ce concert, c’est cette capacité pour Roosevelt de réinterpréter sa musique de sorte à surprendre son public. On pense notamment à des morceaux comme les captivantes Sea et Gateway où des rythmes parfois sauvages viennent intégrer ces phases électro et introspectives à la sauce berlinoise. Deux titres qui concluent d’ailleurs le set avant qu’un rappel logique vienne surprendre à nouveau les mélomanes connaisseurs du répertoire de Fleetwood Mac. Everywhere est reprise magnifiquement avant que Night Moves, au titre révélateur, conclue une heure et quart de spectacle enjoué.

Roosevelt, ta musique pop est assumée. Elle fait sourire, chanter et danser… et parfois, ça fait du bien. Car Montréal, ce soir-là, n’espérait rien d’autre que bien terminer ou commencer sa semaine. C’est selon. Et c’est tant mieux.

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