Ross The Boss
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Ross The Boss aux Katacombes | Le flambeau de Manowar

Un jeudi soir sous le signe de Manowar et un excellent concert de Ross The Boss à Montréal devant des fidèles relativement nombreux, les poings dans les airs pour scander les hymnes du groupe culte.


Metalian

C’est le quatuor montréalais Metalian qui ouvre la soirée en mettant une claque à tout le monde, même la troupe de Ross The Boss qui headbangue dans le fond de la salle, pas assez remplie pour la qualité du groupe. Un mélange bien dosé de heavy metal traditionnel aux touches speed et thrash, qui sent le cuir et le punk non sans une mise en place remarquable.

La rythmique groove à mort appuyée par un monstre de bassiste, alors que les guitaristes s’échangent les solos comme des flèches qui se rencontrent parfois dans d’épiques harmonies. Un Maiden des débuts qui aurait pris du speed en faisant une trace de coke sur un vieux vinyle de Priest. Du feu.

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Old James

Pas facile de prendre la suite pour Old James qui arrive juste à temps en ville, même si le trio de Toronto possède son pesant de musiciens talentueux.  Ils se promènent dans un hard rock groovy aux aspects parfois progressifs, tendant vers une couleur 70s, mais avec une touche résolument grunge. Très bien exécuté, mais peut-être que le style musical accroche difficilement le public Manowar, même en reprenant un Thin Lizzy. Les frères Stephenson n’en demeurent pas moins énergiques et impressionnants, alliés à un bon guitariste qui aurait mérité d’être plus fort pour que l’ensemble accroche mieux.

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Ethan Brosh

La suite aurait pu être vraiment ennuyeuse avec le groupe instrumental d’un jeune guitar-hero. Mais Ethan Brosh s’en sort très bien avec des morceaux aux dynamiques variées et son lot de mélodies accrocheuses, sans tomber dans le piège de l’interminable shredding, avec aussi le très bon choix d’avoir un deuxième guitariste qui renforce les rythmiques tout en harmonisant quelques solos.

Cependant, l’image « salon de la guitare » et « clinique de matériel » avec un décor conçu par une agence de web marketing de 1998 ne jouent pas en sa faveur. Une reprise bien placée de Wasted Years avec le batteur au chant rattrapera l’attention. Et avec une bonne humeur et une touche d’humour pour balancer l’ultra-technicité, impressionnante avouons-le, Ethan Brosh tire son épingle du jeu.

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Ross The Boss

La foule est compacte et la testostérone remonte pour accueillir sous une ovation le légendaire Ross The Boss. Dès le début et l’épique (non en fait, elles sont toutes épiques) Blood Of The Kings, on comprend qu’on va assister à un grand moment de heavy metal. Le son de guitare de Ross est massif, son jeu est grandiose, puissant et subtil à la fois. Mike Lepond (Symphony X) est hallucinant avec un jeu de basse hybride proche de la guitare, semblant caresser des cordes mais à une vitesse déroutante. Et que dire de Marc Lopes qui mène le groupe avec une performance vocale remarquable, s’appropriant parfaitement le répertoire Manowar 80s.

Blood Of My Enemies, Kill The Power, Sign Of The Hammer: les hymnes s’enchaînent, scandés par une foule conquise. En fait, Manowar est un peu au heavy metal ce qu’est la Oi au punk: des riffs simples et efficaces avec des refrains clichés entraînants, chantés par des hordes de brutes avec les poings dans les airs. Imparable, impossible de résister.

Tout en jouant des petites salles, Ross The Boss fait brûler la flamme éternelle de Manowar avec autant, sinon plus de force et de feeling que le Manowar récent sur des scènes immenses. Et pouvoir chanter Fighting The World, Battle Hymn et Hail and Kill aux Katacombes, c’est pas tous les jours. Hail Ross The Boss.

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Grille de chansons Ross The Boss

  1. Blood of the Kings
  2. Death Tone
  3. The Oath
  4. Blood of My Enemies
  5. Hatred
  6. Thor (The Powerhead)
  7. Kill With Power
  8. Each Dawn I Die
  9. Gloves of Metal
  10. Sign of the Hammer
  11. Metal Daze
  12. Fighting the World
  13. Battle Hymn
  14. Hail and Kill

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