RuPaul's Drag Race
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RuPaul’s Drag Race au Théâtre Maisonneuve | «Sissy that walk»

Un après-midi de pur divertissement attendait les nombreux amateurs de drag présents au Théâtre Maisonneuve dimanche, alors que se tenait le RuPaul’s Drag Race: Werq the World Tour. Aquaria, Detox, Plastique Tiara, Naomi Smalls, Yvie Oddly, Violet Chachki et Monet Exchange se partageaient la scène, et Asia O’Hara assurait l’animation avec une prestance et une énergie incroyables. Le ton fut donné rapidement à ce spectacle haut en couleur, fort en sensualité et en perruques!

Quelques jours avant le spectacle, Sors-tu.ca a pu discuter avec Plastique Tiara de ce show, et des défis d’être une drag queen.


 

Une soirée Un après-midi éclaté

Quelque chose était clair dès le départ: ce spectacle n’allait pas être un spectacle comme les autres. Après tout, ce n’est pas tous les jours que le Théâtre Maisonneuve accueille un spectacle de drag, et à 16 h en plus! Une heure assez surprenante pour ce genre d’évènement, ce qui fut même noté par l’animatrice, qui allait lancer «Bonsoir», avant de souligner qu’il fait encore soleil dehors. Elle souligna par ailleurs que la troupe était en spectacle la veille à New York, expliquant ainsi que le sommeil de certains a été limité. Puis, elle précise à son public que non, pour ce spectacle, il n’y pas de restrictions quant à la prise de photos et de vidéos («Nous ne sommes pas aux Nations Unies ici!»).

Sous l’excuse (semi-assumée) d’une mission intergalactique afin de «sauver la planète de l’apocalypse», les performances des anciennes queens de l’émission RuPaul’s Drag Race se sont enchaînées, alors que certaines queens essayaient d’adhérer d’une certaine manière à la thématique donnée. Ainsi, le maquillage vert de Yvie Oddly et l’utilisation astucieuse des chansons Venus de Lady Gaga et Venus de Bananarama par Aquarius méritent notamment d’être salués.

Plastique Tiara a ouvert le spectacle avec une performance sous le signe de la douceur et la pureté, une mise en matière qui manquait en personnalité, malgré son fameux death drop. Naomi Smalls a toutefois bien su prendre le relais, en imposant sa présence avec une prestation épurée et originale. Quant à Detox, elle a offert quelque chose d’un peu plus sensuel. Fidèle à son habitude, elle a présenté un grand concept où elle était très consciente de son espace. Il faut toutefois admettre qu’elle semblait lassée, ou du moins fatiguée. Yvie Oddly ne s’est pas dénaturée et a offert une performance truculente et complète, remplie d’acrobaties. Le personnage qu’elle a incarné ainsi que son aspect visuel (maquillage vert, verres de contact rouges) la démarquait radicalement des autres queens. Aquaria a opté pour une approche en deux temps, passant d’un segment plus calme et conventionnel à un autre plus dansant. Finalement, Violet Chachki, déguisée en Cléopâtre du futur, s’est retrouvée principalement dans les airs, accompagnée de danseurs, dans un cerceau géant en forme de pénis, dans la performance qui fut probablement la plus sensuelle de toutes.

Un spectacle complet

Une grande variété de musique pop accompagnait les queens. Alors que plusieurs chansons figuraient parmi les classiques de l’émission (comme Sissy that Walk de RuPaul ou Let’s Have a Kiki des Scissors Sisters), les drags ont principalement ressorti des succès plus vieux de la dernière décennie, comme Run the World (Girls) de Beyonce, E.T. et Walking on air de Katy Perry ou même Save the World de Swedish House Mafia et All of the Lights de Kanye West avec Rihanna. Fait intéressant: Plastique Tiara est allée chercher dans le répertoire de sa «mère» Alyssa Edwards en utilisant à son tour les chansons plus nichées Cold Hearted de Paula Abdul et Everybody Wants to Rule the World (version de Lorde) de Tears for Fears.

Au rythme de ces chansons, six danseurs (deux femmes et quatre hommes) accompagnaient chacune des queens, démontrant une endurance et un professionnalisme remarquables. Le tout dans un décor simple mais efficace: deux escaliers auxquels sont accrochées des planètes. Les effets lumineux ont largement été mis à profit; un segment de Asia O’Hara semble presque servir exclusivement à démontrer certains de ceux-ci, dont un bâton lumineux qui, lorsqu’il était tourné à grande vitesse, pouvait montrer le visage d’Asia, le logo des Canadiens de Montréal, le drapeau de la ville de Montréal, ou celui du Canada (!).

Asia O’Hara, par sa constance, sa répartie, son authenticité et sa chaleur humaine, s’est assurée de préparer la foule, en plus de rajouter une teinte spéciale au spectacle, essayant de le différencier de tous les autres de la tournée. Outre les nombreux moments où elle parlait affectueusement de Montréal et du Canada («Est-ce que je peux déménager chez vous? Quelqu’un veut-il bien m’héberger?»), la queen de la saison 10 a invité cinq spectateurs sur scène. Le but? Transformer les gens en drag en deux minutes, puis faire du lip-sync sur une chanson afin de déterminer un vainqueur (comme le veut la tradition de l’émission). Cette originale intermission avait son lot de surprises et d’improvisation, et a très bien su plaire au public, qui participait ainsi au spectacle.

Après une finale généreuse en confettis, les queens ont sashay away, pour se préparer à répéter le même spectacle, quelques heures plus tard.

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