Tabarnak (Cirque Alfonse)
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Saison 2019-2020 de La Tohu : Le Cirque dans tous ses états

« Côtoyer l’extraordinaire » est le slogan qui marquait l’annonce des spectacles à venir à la TOHU par Stéphane Lavoie, son avisé directeur général et de la programmation. Après une saison toute québécoise pour la 15e édition l’an passé, soulignant de facto la croissance exponentielle des talents circassiens des compagnies d’ici, la programmation de cette année, en plus du contenu québécois, fera une place de choix à des compagnies de renom venues du Maroc, de l’Espagne, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Australie, et même de l’Amérique du Sud avec l’Argentine. Que la fête commence!

* Photo d’entête de l’article par Ishka Michocka.

Une programmation particulièrement étoffée qui nous réserve douze grandes productions internationales, à commencer en septembre par Un Poyo Rojo des Argentins. Ce spectacle qu’on dit hilarant met en piste deux artistes hommes posant un regard décapant sur le pouvoir de séduction au masculin et la rivalité qui en découle. « Un combat de coqs drôlement musclé » est ajouté en sous-titre. Et heureux fait à noter, la performance sera présentée en codiffusion avec le Théâtre Centaur.

Octobre propose ensuite la reprise attendue du fameux Tabarnak du Cirque Alfonse, une compagnie originaire de Saint-Alphonse de Rodriguez qui cogne fort. Leur spectacle déluré, avec sa fresque musicale trad rock, revisite le sacro-saint post-Grande Noirceur de la façon la plus joyeusement irrévérencieuse qui soit.

Après l’immense succès de ses deux spectacles précédents à la TOHU, notamment Beyond et Opus, la célèbre compagnie australienne CIRCA reviendra nous présenter en novembre Humans, mêlant acrobaties et danse contemporaine. Les dix artistes australiens entendent repousser à l’extrême les limites de leurs capacités physiques en explorant ce qu’il est possible de supporter par le corps humain. Ça promet.

* Humans par CIRCA. Photo par Pedro Greig.

En décembre, la compagnie bien connue FLIP Fabrique, de Québec, s’amène avec sa nouvelle création au parfum hivernal, intitulée fort justement Blizzard. Une tempête blanche avec acrobates et jongleurs dont les prouesses rivalisent de dextérité pour souder la foule avec sa chaleur artistique. Le programme parle d’« une poésie visuelle hors du commun réchauffant les cœurs ». Aussi, il est amusant de signaler que ce spectacle climatique sera présenté en collaboration avec Météo Média. Bienvenue aux frileux!

Halka par Tanger. Photo par Richard Haughton.

Le Groupe acrobatique de Tanger nous visitera en janvier 2020 avec Halka, une création collective de haut vol. Connue au Maroc depuis la nuit des temps, la halka est une pratique consistant en un cercle formé par la foule sur une place publique autour d’artistes forains. Les 14 acrobates marocains offriront des compositions reposant sur le concept de pyramides humaines et de prouesses athlétiques propres à leur pays d’Afrique du Nord, en plus de chants envoûtants et de percussions transcendant la géographie et les frontières identitaires.

Retour des Coups de coeur

Comme chaque année et pour une 5e édition, le mois de février sera pris par les Coups de coeur à la TOHU, sous-titrés par Tous les exploits sont permis. L’occasion est unique pour voyager d’une culture circassienne à une autre avec un aéropage de numéros choisis parmi les plus spectaculaires sur la planète cirque. La salle circulaire, parée de velours rouge, de miroirs et de lustres, transportera les spectateurs dans l’atmosphère feutrée et intimiste des Spiegeltent et des cabarets, avec tout le meilleur du meilleur au monde.

Suivra au printemps la 6e mouture du Tournoi de L’Impro Cirque s’échelonnant sur trois soirées enlevantes. 16 circassiens d’ici ou étrangers et quatre comédiens s’affrontent en équipe, sur le modèle de la Ligue nationale d’improvisation, ce qui donne une foire de disciplines de cirque au cours de laquelle tous les thèmes sont autorisés sous l’œil vigilant d’un arbitre, et accompagnés d’une prestation musicale improvisée aussi, histoire de survolter l’atmosphère avec une enfilade inusitée de thèmes aussi délirants que créatifs.

L’Espagne nous visitera pour une première fois en mars avec la compagnie Vaivén Circo et son spectacle Esencial. S’inspirant du jeu pour enfants L’arc-en-ciel de Waldorf, avec son entrelacement de piliers et d’arcs offrant une scénographie sans pareille, les cinq personnages entraînent l’auditoire à travers leurs aventures cocasses, en en faisant les observateurs ahuris d’une architecture circassienne en perpétuel changement.

Présenté en avril par l’organisme Montréal pour enfants, le spectacle familial Glob réunira les cocos de tous âges. La compagnie québécoise Les Foutoukours propose un duo qui encourage l’éloge à la lenteur dans un monde enchanté jumelant jeu clownesque, acrobaties et théâtre.

Suivra en première nord-américaine Hotel Paradiso, par la compagnie allemande Familie Flöz, reconnue comme l’une des plus grandes en théâtre masqué au monde. Ayant comme seul outil le langage corporel, dans la veine réinventée de Charlie Chaplin ou de Buster Keaton, les interprètes nous entraînent dans l’univers sens dessus dessous de cet étrange hôtel hanté par le conte alpin macabre d’un corps retrouvé là. Le tout s’avère d’un contenu des plus désopilants, positionné radicalement à l’inverse de la touche féérique du conte traditionnel.

Autre spectacle famille à venir en mai à la TOHU, Tetris, par la compagnie Arch8 des Pays-Bas, sera offert en codiffusion avec la Maison Théâtre. Combinant acrobaties et mouvements défiant la gravité, un quatuor de danse physique poussée à l’extrême explore la manière dont nous sommes tous connectés les uns aux autres. Tetris, présenté en première montréalaise, se veut un terrain de jeu acrobatique inventif, fantaisiste, et disjoncté à souhait.

La saison, comme d’habitude, se termine avec Le spectacle des finissants de l’École nationale de cirque. Après des années d’apprentissage acharné, d’entraînement intensif, de sueurs froides et de découragement, les finissants de l’ÉNC évolueront dans plus d’une dizaine de disciplines circassiennes originales, se livrant à la meute affamée que nous sommes avec passion, fougue et maîtrise artistique. C’est là l’occasion par excellence de découvrir ceux qui ensuite seront repéchés par les grandes compagnies internationales en nous faisant honneur, car la formation dispensée à notre École de cirque montréalaise bénéficie d’une très solide réputation mondiale.

* L’École nationale de cirque. Photo par Roland Lorente.

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