Mademoiselle Julie
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Saison 2019-2020 du Théâtre du Rideau Vert | Du Madame Filiatrault tout craché!

« Réunir en une même saison les grands Cervantès, Molière et Strindberg, pour les faire cohabiter avec des écritures contemporaines nord-américaines, est pour moi aussi stimulant que réjouissant », nous dit Denise Filiatrault dans le programme de la prochaine saison du Rideau Vert qui, exceptionnellement, commencera dès le 27 août avec la reprise d’une comédie à succès du Théâtre La Licorne, « Comment je suis devenu musulman », un spectacle hors-série écrit et mis en scène par Simon Boudreault. Cinq autres titres des plus prometteurs constituent le menu de l’année prochaine au TRV.

« Je ne compte pas les saisons », tranche Madame Filiatrault à propos de sa 15e cuvée théâtrale en ce lieu, sans toutefois s’être réservée une mise en scène dans la programmation. « Ah non, ah non, ce serait trop pour moi. Écoutez, j’aurai 88 ans dans un mois », commente sans ambages la directrice artistique du plus ancien théâtre professionnel au Canada.

La saison régulière commencera le 24 septembre avec une autre reprise, L’homme de la Mancha, dans l’adaptation française qu’en a faite Jacques Brel à partir de la version américaine du fameux texte de l’auteur espagnol Miguel de Cervantès. René Richard Cyr revient à la mise en scène avec sensiblement la même distribution qu’en 2002 et ses trois musiciens sur scène. On retrouvera donc Jean Maheux dans le rôle chanté de Don Quichotte, entouré de huit comédiens-chanteurs parmi lesquels Sylvain Scott, Éveline Gélinas et Roger La Rue, sur fond de cachots de l’Inquisition espagnole.

Une autre tradition qui dure, le spectacle 2019 revue et corrigée plantera ses décors dès le 26 novembre. Comme pour l’année dernière, le spectacle polisson par excellence sera mis en scène par Nathalie Lecompte avec un noyau de cinq auteurs, dont le script-éditeur Daniel Leblanc, trois comédiens en tant que piliers et deux nouveaux qui sont François Parenteau et Martin Vachon, retenus suite à un long processus de près de 5 000 auditions.

« Je suis contente, c’est certain, disait la vétérane Suzanne Champagne. C’est rare pour un comédien de pouvoir revenir sur un spectacle annuel. Mais, je vous dis qu’il faut être en forme. C’est un spectacle qui demande plus d’heures de répétition que la moyenne, parce qu’il y a des chorégraphies, des textes qui s’écrivent à mesure et des nouveaux qui s’ajoutent à la dernière minute selon l’actualité. C’est complètement un spectacle de création », ajoute la comédienne qui s’est immortalisée en personnifiant Pauline Marois, entre autres perles.

Julie Ringuette de 2019 revue et corrigée.

 

Molière et Strindberg au menu

En janvier 2020, la fête continuera avec un Molière irrésistible, Le malade imaginaire, qui sera monté comme une création par Michel Monty, avec Luc Guérin dans le rôle du riche hypocondriaque Argan, et Violette Chauveau dans celui de l’impertinente servante Toinette.

Luc Guérin dans Le malade imaginaire.

La comédienne précise : « J’ai joué la jeune Angélique dans la pièce il y a plusieurs années ici même dans la mise en scène de Guillermo de Andrea. C’est Guylaine Tremblay qui jouait Toinette. Là, maintenant, ça provoque en moi une tout autre lecture de ce Molière. Je me considère comme une comédienne privilégiée d’être demandée par des jeunes aussi intéressants professionnellement que des plus vieux. Je suis vraiment chanceuse. »

Suivra au printemps le seul drame de la saison en Mademoiselle Julie du maître suédois August Strindberg. Le metteur en scène Serge Denoncourt, qui en rêvait depuis longtemps, a réuni un tandem d’acteurs gagnant : Magalie Lépine-Blondeau qu’il vient de diriger divinement dans le rôle d’Électre au Théâtre Espace Go, et le toujours excellent David Boutin en Jean, le simple mais fier valet livrant à la jeune aristocrate un passionnant duel amoureux.

« J’aime beaucoup les grands personnages féminins de la dramaturgie, avance le bouillant Denoncourt. Je suis fasciné par cette pièce où il y a une tension sexuelle pendant une heure et demie : est-ce qu’ils vont le faire ou pas, tout en en mesurant les conséquences? J’ai appelé Magalie, j’ai appelé David, et les deux ont dit oui tout de suite. On est très contents. »
Le polyvalent metteur en scène à qui rien ne résiste a profité de l’occasion pour parler en catimini d’un projet fou avec des producteurs français qui lui ont proposé d’écrire le livret d’une comédie musicale autour du personnage de Bernadette de Lourdes.

Magalie Lépine-Blondeau dans Mademoiselle Julie.

« Je n’avais pas envie de monter un spectacle religieux, dira Serge Denoncourt, mais je suis allé à Lourdes, et après avoir eu accès aux archives du clergé, je me suis rendu compte à quel point son histoire est étonnante. Cette petite fille-là n’a jamais dit qu’elle avait vu la Sainte-Vierge, mais quelque chose. Elle a été traitée de menteuse dans les journaux, et tout le monde a sauté sur elle selon leurs croyances. Et ça, c’est très intéressant dramatiquement. »

Enfin, pour terminer la saison, Denise Filiatrault est allée chercher un texte de l’Américain Christopher Durang traduit par Maryse Warda, et pour sa première mise en scène le même Marc St-Martin qui joue depuis plus de 10 ans dans le Bye Bye de fin d’année du Rideau Vert. Vania et Sonia et Macha et Spike est une satire mordante de la société américaine d’aujourd’hui qui a reçu le Tony de la meilleure pièce à Broadway en 2013. « C’est tellement actuel, comme si l’auteur avait voulu passer Tchekhov au blender », commente Madame Filiatrault à sa manière. La pièce compte dans sa distribution des comédiens aussi solides que Christian Bégin, Valérie Blais, Anne Casabonne et Sylvie Léonard, pour terminer la saison en beauté.

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