La salle Octave Crémazie est la plus intime des 2 salles du Grand Théâtre de Québec. Elle tire son nom d’un poète, libraire et membre fondateur de l’Institut canadien de Québec, ayant vécu de 1827 à 1879.
La salle de spectacle a la capacité d’accueillir un total de 506 personnes.
Lundi 25 mai, alors qu’une partie du cœur du Québec vivait encore au rythme des demi-finales de la Coupe Stanley, le Canadien s’apprêtant à disputer une troisième rencontre contre les Hurricanes de la Caroline, les rues désertes laissaient présager que la plupart d’entre nous étions devant nos téléviseurs (où j’aurais probablement été aussi dans d’autres circonstances). Pourtant, une salle comble accueillait l’ensemble Constantinople pour ce qui allait s’avérer, pour moi, une première rencontre attendue.
Au moment où les lumières s’éteignent, une étrange douceur envahit la salle. Sur scène, un long banc de salle d’attente, derrière, un mur tapissé de feuilles épinglées, oubliées sur un babillard, une petite musique d’ambiance presque rassurante. Puis, Michel Rivard entre avec sa soif de raconter et son regard chargé de temps. Dès les premières phrases lancées pour cette proposition musico-théâtrale de Après on va où?, présenté hier au Grand théâtre, tout devient évident: il ne sera pas seulement question de musique. Il sera question de la vie. De la mort. De l’amour. Et surtout de ce qui reste à la fin.
Pour cette dernière semaine avant les Fêtes, l’équipe de Sors-tu? vous proposera au cours des quatre prochains jours des articles en mode Rétrospective afin de revisiter ce qui a marqué notre année! Après avoir souligné nos 10 albums favoris de 2025, Sors-tu? s’est rappelé que, eh bien, nous sommes avant tout un média de couverture culturelle live. De janvier à la fin du mois de novembre, voilà 12 spectacles qui ont retenu nos yeux (et surtout nos oreilles), allant du métal symphonique à la britpop mancunienne, tout en passant par des percussions contemporaines et l’incontournable d’ici. Bonne lecture!
Il y a des soirs où tout commence avant même la première note, comme si le Père Noël lui-même avait été invité pour annoncer ce qui s’en vient. Hier, au Grand Théâtre de Québec, Elliot Maginot et ses amis-artistes ont transformé la salle en écrin de guirlandes de lumières, des mousses rouges sur les micros, et une chaleur douce installée sur scène comme un foyer rempli de flammes. Puis, la clarinette s’est levée, seule, avant d’être rejointe par les autres instruments pour offrir Somewhere In My Memory, chanson mythique de Home Alone. Une évidence. Comme si Noël n’attendait que cette chanson-là pour faire son entrée. Le public, conquis d’emblée, savait déjà qu’une parenthèse unique venait de s’ouvrir.
La soirée s’ouvre d’une façon rarement vue au théâtre. Sur scène, avant même la première réplique, la metteuse en scène Mélanie Demers reçoit le prix Molson de la présidente du Conseil des arts du Canada. Longue présentation, remerciements sentis, prise de photos… Une parenthèse solennelle, suspendue, où le public assiste à un moment d’histoire, sans trop savoir si cela fait partie du spectacle ou s’il faudra bientôt changer d’état d’esprit. Puis, quand la salle plonge dans le noir, une fanfare militaire se fait entendre. Personne n’apparaît encore sur scène. On se croirait au bord d’une parade, dans cette seconde étrange où les échos d’une troupe précède son apparition. L’amour ou rien commence comme ça : par un son avant un sens, par un pas avant une direction.
Il arrive que le théâtre secoue dès les premiers instants, comme une claque qui oblige à rester éveillée. Au Théâtre du Trident, Le bizarre incident du chien pendant la nuit s’ouvre raide, avec une femme qui répète en boucle « Fuck », pendant qu’au devant de la scène, recroquevillé derrière une fourche plantée, un adolescent semble se protéger du monde. Déjà, la tension est palpable, le mystère s’installe. Cette pièce, adaptée du roman de Mark Haddon, fait basculer la salle dans l’univers de Christopher, un garçon neurodivergent qui décide de mener une enquête sur la mort du chien de sa voisine. Une enquête qui, bien vite, se transforme en quête intérieure et familiale, là où le vérité blesse plus qu’elle ne libère.
Dans la douceur d’un souffle, une boucle vocale naît. Dominique Fils-Aimé tisse les premières textures avec son looper (machine à boucle sonore), et doucement, les musiciens la rejoignent sur cette vague musicale invitante. La calebasse résonne, la pulsation prend vie. La musique démarre et — chose rare pendant ce concert — elle ne s’arrêtera presque jamais. Le 31 mai 2025, dans la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec, un public captivé, presque ensorcelé, s’est laissé bercer pendant plus de deux heures par les univers musicaux de deux femmes épatantes.
Hier soir, le 24 avril 2025, au Trident, La trajectoire des confettis a rempli la salle comme une pluie d’émotions éclatées, comme un souffle de vie dans ce qu’elle a de plus tendre, de plus fragile, de plus imprévisible. Présentée en grande première, la pièce, qui utilise notamment des effets stroboscopiques tout au long de la représentation, a fait mouche pendant trois heures vingt (entracte compris), et le public, suspendu sa trajectoire, n’a pas boudé son plaisir.
La formation Maneige, qui célébrait le 50e anniversaire de son premier album du même nom sorti en 1974, a fait ses adieux à son public lors d’un dernier concert à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec le 5 avril 2025 dernier. Le groupe, fort de sept albums originaux, de nombreux enregistrements en concert et de rééditions au cours des années, tire sa révérence après cinq décennies d’existence.
Un spectacle hors norme.
Un espace où la parole retrouve sa liberté.
Un moment où l’humain redevient collectif.
Sans vouloir trop en dire – pour préserver la magie –, comment nommer ce que Catherine Dorion, Vincent Massé-Gagné et Alexandre Fecteau nous offrent ? Ce n’est pas qu’un spectacle. C’est une mise en mouvement. Un terrain d’expérimentation du possible. Un moment où le public cesse d’être spectateur pour devenir acteur d’un récit à bâtir ensemble, un récit plein de sens, un récit qui nous accompagnerait jusqu’à notre dernier jour.