Sarah Slean
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Sarah Slean – Metaphysics (**1/2) | Joli, mais pas tout à fait à la hauteur des attentes

Sarah Slean - Metaphysics Sarah Slean Metaphysics

Sarah Slean est de retour, après six ans d’absence sur disque, avec Metaphysics, un album introspectif sur lequel la chanteuse dresse en quelque sorte un bilan de son parcours ainsi que de sa vie amoureuse, et où elle se questionne quant à son avenir.

Slean nous aurait-elle offert son chef-d’œuvre en 2011 avec Land & Sea? Ce disque grandiose (allez lire nos impressions à l’époque), avec lequel elle s’est promenée en tournée pendant des années, nous permettait de découvrir les deux facettes bien distinctes de Sarah Slean, telle une Mini-Wheats de la chanson canadienne : d’une part la chanteuse pop, et d’autre part l’interprète plus « sérieuse » et solennelle.

On savait que cet album serait difficile à égaler, voire à surpasser en qualité, et ce n’est malheureusement pas avec Metaphysics que l’artiste y arrive.

Il y a quand même quelques bonnes choses sur ce plus récent album : la voix de Sarah Slean est aussi belle et pure que jamais. Son chant est précis, comme toujours. La maitrise qu’elle possède de son art demeure, après près de 20 ans de carrière, tout à fait envoûtante.

Les chansons sont élégantes et matures. L’ensemble du disque est plaisant à l’oreille et fera certainement le bonheur de la plupart des amateurs de la chanteuse. On y retrouve la même Sarah sensible, son jeu délicat au piano, ses mélodies ensorcelantes.

Ce qui nous refroidit un peu, par contre, c’est la propension de Slean à évoquer la religion. Plusieurs des textes sont parsemés d’observations à propos de la bienveillance de Dieu (Every Rhythm is a Beat, Holy Ground). Ce point, très personnel, en dérangera certains plus que d’autres.

Aussi, comme nous l’avons mentionné, le disque en est un d’introspection. Slean passe la majorité des chansons à se poser des questions, à se demander si elle retombera en amour, et à se prodiguer à elle-même des conseils. Le tout devient lourd et lassant après un moment.

La pièce intitulée Sarah, telle une lettre adressée à soi-même, est un bon exemple de cela. Avec son rythme qui emprunte beaucoup au genre disco, la chanson semble faire référence au divorce de Slean et du chanteur Royal Wood en 2013, après un mariage qui aura duré 4 ans. Mais peut-être que la chanson traite d’autre chose.

Quoiqu’il en soit, c’est bien comme chanson, mais au bout d’un moment, après plusieurs textes d’introspection, même si l’ensemble du disque est fait avec goût et beaucoup de talent, on finit par s’ennuyer de la Sarah plus moqueuse, ricaneuse, enjouée.

Du point de vue musical, nous soulignerons la chanson Gypsy, qui ose être différente et sur laquelle Slean explore davantage sa créativité. Avec son ouverture au violon, son rythme lent et ensorcelant, et sa grande sensualité, cette chanson se démarque positivement du reste.

Il en faut de ce genre d’albums parfois, des disques où l’artiste se replie sur lui-même pour éventuellement mieux avancer, mais en écoutant Metaphysics, on est davantage portés à régir en disant « Meh… », plutôt que d’être réellement touchés.

En ce qui nous concerne, Metaphysics n’est pas à la hauteur des attentes que nous avions au cours des six dernières années, suite à un album parfait comme Land & Sea. Sarah Slean pourra-t-elle un jour nous proposer quelque chose d’aussi accompli que ce dernier? Ou nous a-t-elle offert son grand chef-d’œuvre qu’elle ne saura plus égaler? Seul le temps le dira.

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