Saxon
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Saxon vole la vedette à UFO (et Vinnie Moore) au Théâtre Corona

Les deux légendes anglaises UFO et Saxon ont croisé le « british steel » à Montréal, et UFO a eu du mal à relever la barre après le Heavy Metal Thunder de Saxon, malgré une bonne prestation où le virtuose Vinnie Moore prenait beaucoup de place.


Le Corona est plutôt bien rempli ce mercredi soir, car c’est une belle affiche NWBHM qui est en ville. Après une première partie (que nous manquerons), Saxon se jette en premier, et on voit que la bande à Biff Byford est très attendue. Avec un gros son et deux guitares redoutables, les Anglais martèlent leurs gros riffs à merveille, et la foule répond. Le classique Power and the Glory arrive en quatrième et fait lever tous les poings dans les airs, avec son bridge si groovy. Saxon possède une artillerie lourde de tubes qui te font forcément remuer la tête en faisant cette moue des lèvres  du genre « Oh Yeah, ça c’est du pur heavy metal. »

Et surtout, à 66 ans, le meneur de jeu est toujours aussi incroyable, un monstre de charisme, un chanteur toujours au top qui abuse du delay, en plus d’être drôle et sympa. Biff remarque un viking dans la foule et lui demande de lui passer sa veste, car la prochaine chanson est Denim and Leather ! Il la portera pendant le célèbre morceau avant de lui rendre autographiée, à son nom Richard, lançant : « Can I call you Dick ? »

Le chanteur joue aussi avec la réaction du public, demandant de choisir entre certains morceaux, et déchirant même la set-list avant la fin du concert qui verra les classiques Crusader, Princess Of The Night et l’inévitable Wheels Of Steel. Des morceaux souvent écrits à une époque où la moitié de la salle n’était même pas née, mais comme dit Mr. Byford, peu importe l’âge, it’s all about the music !

UFO… et Vinny Moore

Difficile pour UFO d’enchaîner après ça. Juste à voir le nombre de t-shirts Saxon dans la salle, le défi était déjà là, alors que fusent les débats pour savoir qui aurait dû jouer en tête d’affiche. N’importe quel métalleux moyen est capable de nommer le nom du chanteur de Saxon, mais qui connaît celui du vocaliste d’UFO ? Phil Mogg a seulement trois ans de plus que Biff Byfford, mais il en paraît dix de plus. Certes ce n’est pas le même genre de hard-rock et d’énergie, on donne plus ici dans une vibe 70’s, et ils le font très bien. Mais l’énergie dégagée peine un peu à reconquérir la salle, malgré de bonnes cartouches comme Too Hot To Handle ou We Belong To The Night.

Cependant, UFO a une corde à son arc qui un est acte à part entière à lui tout seul : Vinnie Moore. Guitar-héros resté un peu dans l’ombre des Satriani et Vai à l’époque, l’homme demeure un grand de la six-cordes avec quelques excellents albums solo, ayant aussi joué avec Alice Cooper quelques années. Et ça tricote à mort et dans tous les sens, le syndrome du guitar-hero qui en rajoute partout où il peut. Il y a du spectacle, et Vinnie envoie des passes de guitare hallucinantes. Mais placer du sweeping dans le riff mélodique de Doctor Doctor, pour certains puristes c’est presque du blasphème. Et il est vrai que Moore contraste un peu avec l’aspect 70’s de UFO, même s’il apporte énormément au groupe.

Après une version de vingt minutes de Rock Bottom, UFO fait un rappel obligatoire pour finir avec son hymne Doctor Doctor. Un bon concert mais avec quelques longueurs, car on dirait bien que Montréal a voté ce soir en majorité pour le côté plus heavy de Saxon.

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