Iggy Pop
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Semaine de sorties en vrac | Iggy Pop, La Bronze et We Are Wolves

À peine remis de POP Montréal, les opportunités de sorties se multipliaient en cette dernière semaine de septembre, au cours de laquelle Iggy Pop s’offrait au public montréalais en entretien et en câlins, La Bronze donnait un spectacle pas mal sympathique sur le toit d’Ubisoft pour une bonne cause, et les gars de We Are Wolves viraient le Matahari sans dessus dessous, lançant du coup un nouveau disque.

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Les lundis soirs sont souvent tranquilles, même à Montréal. Surtout après 5 jours de POP Montréal. Il serait sage de rester chez soi, reprendre son souffle…

Sauf que le Red Bull Music Academy a eu la brillante idée de nous tendre une invitation pas facile à refuser : Iggy Pop, en peau et en os, qui vient jaser de sa vie et de son oeuvre devant public au Monument National. Ok faut y aller.

Deux divans sur scène, un décor à la Actors Studio, des sièges pour s’asseoir dans l’une des salles les plus confortables à Montréal ; ça s’annonçait tout de même tranquille. Sauf que voyez-vous, le parrain du punk, lui, avait le feu au derrière. À peine annoncé par l’animateur de la soirée Carl Wilson – le journaliste canadien, pas le défunt membre des Beach Boys – Iggy Pop est arrivé sur scène comme un bâton de dynamique allumé, galopant de manière frénétique malgré sa hanche fragile, comme s’il s’agissait d’un show rock’n’roll. Au lieu de serrer la pince de Wilson, il l’agrippe fermement et lui sert un manhug digne d’une retrouvaille de vieux chums (les deux ne se connaissent pourtant pas au préalable).

Vêtu d’un pantalon et d’un veston assorti ouvert sur son légendaire chest orangé, il prend une pause un peu playboy sur le canapé, et s’adonne à une discussion devant public de plus de 70 minutes. Il sera question de son nouvel album Post Pop Depression, de Josh Homme (de QOTSA) qu’il considère comme le maître du rock moderne, du passé (qu’il se remémore avec une précision épatante pour ses 69 ans), de Bowie, de mixage, des années 1980, et même de son rapport à son propre corps et à la féminité.

Au sommet de sa générosité, Iggy n’a jamais semblé au-dessus de quoi que ce soit. Son amour de la race humaine transparaît dans chacune de ses réponses, et l’attention qu’il donne aux membres du public qui ont tour à tour posé des questions est attendrissante.

Au final, il laissera entendre que « je me suis promis de ne plus faire de bodysurfing, mais je ne suis pas du tout fermé aux autographes, selfies et même aux câlins ». Le public n’allait pas rater pareille occasion, ce qui a mené à une invasion en règle de la scène par ses fans, d’abord disciplinés, mais progressivement de plus en plus envahissants. Le pauvre homme a fait preuve d’une générosité et d’une patience sans borne, distribuant généreusement de l’amour, de la chaleur humaine et des égoportraits à la pelletée pendant une vingtaine de minutes. On aurait pas pu en demander plus.

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La Bronze sur le toit d’Ubisoft

Mercredi soir, Ubisoft Montréal faisait appel à la chanteuse La Bronze dans le cadre de sa campagne de financement au profit du Club des petits déjeuners.

Rendez-vous à 18h sur le toit de l’édifice coin St-Laurent et Bernard pour un petit spectacle fort sympathique, synchronisé avec le coucher de soleil, dans un lieu extérieur enchanteur qui donne une vue époustouflante sur le Mont-Royal, le centre-ville et le quartier Mile-End.

Pour un spectacle annoncé à la dernière minute, il s’est amassé une belle petite foule mine de rien. La météo était parfaite, ensoleillée, pas trop frisquette. Ça sentait la fin de l’été, mais l’atmosphère était tout de même fébrile, surtout avec la pétillante panthère qu’est La Bronze au-devant de la scène.

En formule trio avec ses fidèles acolytes Clément Leduc (claviers et co-compositeur des chansons) et Francis Brisebois (guitare), La Bronze a créé un beau petit moment plein de rythmes entraînants, d’airs fredonnables et d’élans de voix bien sentis.  Sa reprise de Formidable de Stromae en arabe demeure un moment à faire fondre les coeurs, mais ses chansons à elle font aussi un effet boeuf : Mangez nos coeursMonarque, l’enivrant Ballet de fôrets, l’électro-groovy Mon Coeur est fauve et bien sur Jeunesse Féline font lever la foule.  Elle a le vent dans les voiles, La Bronze, et sa prestance scénique gagne en assurance de mois en mois.

Beau moment, pour une belle cause.

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We Are Wolves au Matahari Loft

Concert tôt = on peut en faire deux le même soir. Yé. Direction Matahari Loft, au-dessus du chic Dollarama de l’avenue Mont-Royal, pour We Are Wolves.

Bon, la cause était peut-être moins noble : We Are Wolves lance un nouvel album. Mais après les avoir vus régulièrement il y a un certain, puis presque plus au cours des dernières années, il faisait bon retrouver le trio électro-post-punk-dins-dents qui n’a jamais donné un show de plate de sa vie.

Le nouvel album s’appelle Wrong, et nous a semblé, sur disque, pas mal plus pop et moins vigoureux que les précédents. Mais sur scène, c’est aussi baraqué et (savoureusement) crasseux qu’avant !

D’autant plus que c’était pas un lancement 5 à 7 chiche avec 2-3 nouvelles tounes. Oh que non! Le trio a joué plus d’une heure et a ressorti ses bons vieux Coconut NightBlue, Vague, Sun, Fight & Kiss, et bien sur, Magicien au rappel.

Le groupe jouera un peu partout au Québec au cours des prochains mois et l’album est disponible dès maintenant, notamment sur la plateforme Bandcamp.

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