Show Me The Body
Critique Publié le

Show Me the Body et cie à La Vitrola | Ce fut punk

Tu le sais que ça va être punk. Après tout, tu t’en vas voir un trio avec un banjo pluggué sur le 220 comme instrument central. Un trio de hardcore qui fait des collaborations avec Denzel Curry et Wiki et Princess Nokia…


Avez-vous dit punk?

Tu le sais que ça va être punk quand t’es pas capable de dire quelle marchandise est de quel band parce que t’es pas capable de lire les noms qu’y a dessus.

Tu le sais que ça va être punk quand la première personne à monter sur le stage est coiffée de ce qu’on pourrait qualifier de « 50% Tyler the Creator, 50% Eugene dans Walking Dead ». C’est à dire les cheveux rasés teints en imprimé léopard + un derrière de coupe Longueuil.

Tu le sais que ça va être TRÈS punk quand c’est même pas le seul mullet de la place.

Tu le sais que ça va être punk quand le mini clavier plein de disto qui fait office de basse marche pas pendant les 5 premières minutes.

Tu le sais que ça va être punk quand du Death Grips joue entre les prestations.

Tu le sais que ça va être punk quand les paroles d’une chanson sont presque entièrement remplacées par des aboiements.

Ou quand le feedback fait partie de l’instrumentation.

Ou que le plancher est fait d’une concoction de sueur, de crachats et de bière.

Ou que le plancher semble sous le point de céder sous tes pieds.

Fait que Show Me the Body, GAZM, Urochromes et Beep Test, c’était punk. Chaque band plus que le précédent. Et avec 2 groupes montréalais sur 3 parmi ceux qui occupaient la première partie des New-Yorkais de Show Me the Body, ce petit lundi humide était un beau rappel que la scène underground de la métropole est peut-être en meilleur état qu’on ne l’imagine.

Bien loin des collectifs de rap d’une blancheur immaculée et des chansonnettes reluisantes bouillent encore quelques gros riffs désaccordés, et ça, des fois, c’est rassurant de se le rappeler.

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