Slow Magic
Critique Publié le

Slow Magic au Théâtre Fairmount | Une énergie folle

Venu défendre la sortie de son troisième album « Float », Slow Magic faisait escale à Montréal. Dynamique et terriblement esthétique, son concert a sans aucun doute procuré des frissons à l’enjoué public d’un Théâtre Fairmount malheureusement peu garni ce mercredi soir.


Pour ambiancer tranquillement ce Fairmount encore endormi en début de soirée, c’est Qrion puis Omniboi qui sont sollicités. La première, jeune femme japonaise, présente un bon premier set où s’entrechoquent des vagues électro-pop plutôt joyeuses et des beats hip-hop aux tonalités plus sombres. Discrète mais sincère dans sa prestation, elle laisse la scène après 45 minutes sous les applaudissements d’un (encore) maigre public.

Puis Omniboi prend place, chandail blanc du Canadien sur le dos. Il ne vient pas d’ici, mais il comprend comment se mettre le public dans la poche. Tout en délicatesse, il impose progressivement au public (plus présent cette fois) une jouerie géniale. Avec ses gants blancs, il pianote avec ses dix doigts sur ses deux synthétiseurs, répondant par des sons parfois rétro aux échos rythmiques. Ses mélodies, souvent sucrées et positives, confère à cet homme tout droit venu d’Arizona une classe toute particulière. Et ce n’est pas son noeud de papillon qui dira le contraire.

 

L’intriguant Slow Magic

Il est tard mais la petite foule du Fairmount attend impatiemment Slow Magic. Il faut dire que l’artiste intrigue. Lorsque les techniciens arrivent sur scène pour installer le matériel, on remarque une installation simple. Elle contient seulement un MacBook Pro, un petit clavier midi et deux tambours à la structure transparente. Un minimalisme qui démontre qu’avec peu on peut parfois faire beaucoup. Parce que ce qui suit dépasse les simples productions basiques. On vit ici une performance electro live que rarement des mixeurs peuvent proposer.

Dès les premiers instants du concert, Slow Magic dégage une aura sur Valhalla. Affublé d’un iconique masque éclairé représentant un cervidé, il tape sur ses percussions comme un animal en cage voulant briser les barreaux qui l’oppressent. Puis surviennent de grosses basses complètent les vibrations dégagées par les toms. Le public s’extasie devant une performance qui s’annonce fascinante. Car oui, Slow Magic tient cette réputation de l’ami imaginaire (comme il aime le répéter) qui joue avec une énergie folle sur scène. Personne ne le connaît, mais c’est sa musique qui intéresse dans le fond. Et ce n’est pas plus mal, parce qu’il y a des pépites comme la suivante Waited 4 U, bien plus énergique qu’en studio avec ces variations rythmiques (syncopées, roulements) qui se synchronise avec les lumières colorées. Du meilleur effet.

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Derrière le masque un artiste accompli

Plus tard sur l’excellente Girls, Slow Magic commence vraiment à installer une ambiance apaisée et joyeuse. Il fait décrocher des sourires chez des spectateurs ébahis par cette puissance de jeu. C’est d’autant plus remarquable lorsque, dans un geste brusque, l’artiste masqué décroche le micro sur son tambour, le prend et s’invite avec au milieu du public. Ses baguettes sont aussi celles de ses admirateurs puisqu’il n’hésite pas à faire participer un fan qui a reproduit à la perfection le masque coloré de l’artiste.

Un moment de répit survient avec Diamond Ring, une instrumentale faite de violons qui cristallise l’instant où sur un fond noir ne ressort que les lueurs du masque illuminé. Le public l’est aussi. C’est tout simplement fantastique puisqu’entre  entre les instants apaisés de Light ou Belong To Me et les solos dantesques au tambour de Wildfire puis sur l’hallucinante Drum (qui porte bien son nom), tout le monde y trouve son compte. Certains passages ressemblent d’ailleurs à s’y méprendre à M83.

L’heure de concert se termine finalement par son titre phare Corvette Cassette et un énième, mais jouissif solo au drum (accompagné encore une fois par son fan fini). En rappel, c’est All The Small Things de Blink 182 qui est repris à sa manière avant que Slow Magic prenne un bain de foule. Une façon assez originale donc de quitter, sous des applaudissements nourris, cette scène assez grande pour y installer sons et lumières… mais bien trop petite pour accueillir tout le talent musical de cet ami imaginaire.

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Liste des chansons

  1. (Intro)
  2. Valhalla
  3. Mind
  4. Waited For You
  5. Girls
  6. Sorry Safari
  7. Diamond Ring
  8. Wildfire
  9. Hold Still
  10. Light
  11. Drum
  12. Belong To Me
  13. Corvette Cassette
  14. All The Small Things (Cover)
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