Les Soeurs Boulay
Critique Publié le

Les Bonnefemmes sortent #2 | Quand les Soeurs Boulay charment une chipie

Jeudi, 17 octobre: il pleut, il fait froid, j’ai mille choses à faire mais je me rends tout de même au Club Soda pour la première montréalaise des Soeurs Boulay, La mort des étoiles. Pourquoi? Parce que j’ai promis à ma fille que si elle slackait l’attitude d’ado de 7 ans cette semaine, je l’y emmènerais. Et aussi parce que j’ai dit à Marc-André Mongrain que je couvrirais le show pis j’avais peur qu’il me chicane.

Je ne suis pas particulièrement fan du duo. C’est juste pas mon genre de musique. Si Les Soeurs Boulay était un groupe de gangsta rap, honnêtement, je capoterais.

Nous arrivons dans un Club Soda rempli à ras bord de gens de tous âges et styles: je dois être la seule Montréalaise qui a pas eu le mémo que Les Soeurs Boulay sont excellentes.

J’ai froid, j’suis détrempée pis j’suis pognée pour m’asseoir dans les escaliers du balcon devant une madame chaudaille qui nous lâche pas avec sa vieille joke d’avancer sa main vers notre sac de Lay’s en disant « Nom nom nom m’en vas manger vos chips! ». HAHA MADAME, osti qu’le show va être long.

La madame cocktail est sûrement ben fine, mais j’ai d’la misère avec le public « libre, ouvert et pâmé ».  J’embarque pas quand tout le monde réagit positivement à toutes les interventions des filles. Qu’elles soient en lien avec le féminisme, l’environnement ou la politique, les statements des soeurs sont approuvés par des « OUAIS! », des « WOOOUUUH! » et d’autres cris de foule convenus/limite gossants. Je ne suis pas en désaccord avec les valeurs que les filles véhiculent, mais que voulez-vous;  je suis une vieille chipie.

FAIT QUE, le show débute, les Boulay entrent en scène et je fais le saut because leur look, man! Mélanie est en costume de prof-remplaçante-sévère-parce-qu’est-nerveuse tandis que Stéphanie brille avec son style After-Eight-emballé-qui-bench-200. C’est pas juste leurs choix vestimentaires qui me jettent à terre. C’est aussi le fait qu’elles les pull off. Habille-moi d’même pis regarde-moi me faire sacrer là par le père de mes enfants parce que j’ai l’air d’un parallélogramme aux couleurs mal assorties.

 

Comment gagner le coeur d’une vieille chipie

Elles ouvrent en présentant un concept interactif vraiment l’fun: elles ont invité le public à leur faire part de leurs plus grands souhaits via leur compte Instagram. Elles en ont lu quelques-uns, du plus touchant au plus creepy.

Ma fille m’a surprise dès la première toune (Chignon du cou). Ma petite Livia hyper timide se lève et danse sa vie. Tout le monde au balcon la regarde tandis que je fonds comme un G.I. Joe dans un micro-ondes. Oui, y’a un p’tit frette dans notre section quand elle entreprend de se gratter les fesses comme si elle cherchait de l’or mais quand même, ma Lili est la plus cool spectatrice d’la salle. Surtout quand elle joue du air piano, prend des notes dans son calepin pour faire comme moi et me poussaille en chuchotant « Pssst, travaille! » dès je dépose mon stylo.

Il ne me faut pas plus que deux tounes pour réaliser que Les Soeurs Boulay sont flawless. Elles chantent comme des anges, jouent une chiassée d’instruments À MERVEILLE et elles sont drôles. Elles sont bonnes, c’en est fâchant. Eille, elles m’ont fait aimer une toune de Francine Raymond; faut l’faire!

Avant le show, leur seule toune que j’aimais était De la terre jusqu’au courant… interprétée par 150 élèves de première année dans le cadre du show de fin d’année de ma fille. Si ça me prenait pas 3 heures pour publier quelque chose sur Instagram parce que je comprends pas c’te plateforme de milléniaux-là, je leur aurais envoyé mon souhait qu’elles la chantent ce soir.

Maintenant, j’aime toutes leurs tounes. TOUTES. Leur matériel est touchant, authentique et doux comme quelque chose qui est doux. Écouter une toune des Soeurs Boulay, c’est se faire conter une bonne joke, s’enfarger dans ses propres pieds tellement tu ris avant de tomber dans une piscine de toutous électriques qui te flattent les cheveux pis qui paient tes dettes en te disant que t’es awesome.

Je ne comprends pas comment elles ont pu me convaincre en 90 minutes. J’pense que c’est, outre leur talent et leur contenu; dû au fait qu’elles montrent concrètement à leur public qu’il est important. On se sent aimé, dans un show des Boulay. Elles nous invitent totalement dans leur univers. Elles veulent réellement savoir ce qu’on souhaite dans ‘vie (elles prennent un malin plaisir à lire et à répondre aux souhaits). En échange, elles nous montrent, à travers des anecdotes et des vidéos d’enfance projetées sur scène, d’où viennent ces artistes que le Québec a inconsciemment souhaité voir apparaître dans son histoire.

Avant de laisser la place à Livia et sa critique, je vous fais mon top 3 des affaires drôles que Les Soeurs Boulay ont dit hier, K?

3. « Haha, ton premier french, c’t’ait avec Tommy Gignac pis sa queue de rat! »

2. « Faire un bébé, c’est plus dur que faire un album. Imagine une boule de bowling qui passe dans une paille. »

1. « Si tu veux faire un trip à trois, demande à ta blonde; pas aux Soeurs Boulay! »

La critique de Livia, 7 ans

« J’aime beaucoup Les Soeurs Boulay c’est euhmm… elles sont dans mes préférées chanteuses et… et elles sont vraiment bonnes. Quand je les ai vues, euh, euuhm… c’était magique. Faisez plus de spectacles svp, j’adore vraiment vous voir et euhmmm… Euh, attends; comment s’appelle la chanson donc, le chine.. le chignon… ça s’appelle comment? Moi j’aime beaucoup Le chignon du cou. Je me demandais aussi quelque chose. Dans vos chansons… mais en fait euh… où vous avez mis l’article la terre jusqu’au courant? Oh non non je veux pas écrire ça ok? Je reviens. »

(17 minutes plus tard)

« J’aime beaucoup Les Soeurs Boulay. Elles sont dans mes préférées. Étape 1: Soeurs Boulay. J’aime beaucoup le spectacle. Aaargh! Merci pour le beau spectacle! »


 

C’est ce qui conclut la critique de moi et de la petite puce qui s’est endormie la face dans ma main durant le rappel du show des Soeurs Boulay.

Maintenant, des photos en vrac du duo, et de Thierry Larose qui assurait la première partie :

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