Rire et Agir
Critique Publié le

Soirée Rire et agir 2019 | Un spectacle d’humour varié pour Oxfam-Québec

Sept humoristes sont montés sur la scène du Théâtre St-Denis le 14 mars dans le cadre de la soirée Rire et Agir, un événement au profit d’Oxfam-Québec. De styles variés et de niveaux différents, ils ont su faire rire le public pour une bonne cause. Si l’animation de Jean-Philippe Wauthier n’a pas été mémorable, les numéros d’humour, assez légers, ont été assez variés pour divertir la salle.

L’animateur, qui n’a pas été en mesure de livrer le peu de texte qu’il avait pour introduire les humoristes sans une feuille, a tout de même fait sourire le public en introduction du «spectacle pour faire avancer la société», en lançant une blague qui s’est voulue grinçante : « La société a avancé depuis la première édition de la soirée. Il y a 4 ans, Gilbert Rozon était peut-être dans la salle à rire et à agir. »

Moments forts

Les humoristes Dominic Paquet et Neev ont sans aucun doute volé la vedette en deuxième partie de spectacle. Dominic Paquet a servi un numéro dans lequel il s’est imaginé le moment où celui qui a pensé au système de calendrier l’a expliqué à des villageois, parce que « les humoristes parlent souvent des systèmes qui ne marchent pas, mais pas de ceux qui marchent. » Ses imitations des villageois qui n’y comprennent rien ont été hilarantes.

En terme d’imitations, Neev, qui a conclu le spectacle, n’a pas laissé sa place et a provoqué des éclats de rire. D’une dame responsable d’un centre équestre à Roger de Varennes qui commande de l’alcool dans le Sud, en passant par Consuela, une femme de ménage le sauvant d’un cafard dans une chambre d’hôtel, ses anecdotes d’activités de couple hilarantes ont très bien fini la soirée.

Maude Landry, humoriste de la relève, a aussi bien servi son numéro d’observations si simples qu’elles en deviennent absurdes. Même en passant du coq à l’âne entre des blagues de zoothérapie et de chat suicidaire à des gags de menstruation, elle n’a jamais perdu l’attention et les rires de la salle. Sa façon de rire d’une évidence cocasse, comme des cheerleaders qui vendent du chocolat pour encourager un sport qui, à la base, est un sport d’encouragement dont les compétitions n’encouragent aucun autre sport, est digne de mention.

Celui qui a quitté le groupe d’âge des 18-49 ans, Martin Petit, a aussi beaucoup fait rire en expliquant qu’à cet âge, les publicités ne l’atteignent plus, entre autres « parce qu’une voiture, ça sert juste à aller au Costco. »

 

Thèmes vus et revus

Bien que drôle, le sujet de la paternité abordé par Billy Tellier n’avait rien de très original. Son naturel et sa présence sur scène ont sauvé la mise. Papa d’un bébé de 2 mois, il n’a cessé de dire qu’il manque de sommeil, a avoué qu’il n’aimait pas vraiment son premier enfant (« comme un casse-tête, plus le fun à faire qu’à voir une fois fini ») et y est allé d’autres anecdotes dans lesquelles les parents se sont tout de même reconnus. Eddy King a surfé sur le même sujet en parlant de l’accouchement difficile de sa femme qui a donné naissance à une fille de 10,3 lb. Ce dernier a aussi raconté son voyage au Congo après 25 ans sans s’y rendre et de son cousin devenu président dans son pays d’origine, ne lui donnant aucun privilège comme d’être sur la guestlist aux douanes. Des numéros comiques, mais sans plus.

Pour Sinem Kara, la tâche de livrer un bon numéro a semblé ardue, surtout en montant sur scène après Martin Petit. Ses gags d’immigrés sur les noms difficiles à prononcer pour les enseignants au secondaire, d’obtention de visa, de se « faire sauter » (sexuellement parlant) dans un aéroport et de bombes dans la piscine n’ont pas fait fureur et ont même créé quelques froids.

La soirée Rire et Agir a donc été en dents de scie, mais la variété a permis au public de passer une belle soirée et de rigoler tout en contribuant à une bonne cause : celle d’Oxfam-Québec, qui fête cette année ses 45 ans d’existence.

Événements à venir

Vos commentaires