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Talisco – Capitol Vision (***½) | Récit de voyage sonore

Talisco - Capitol Vision Talisco Capitol Vision

A l’occasion de la récente sortie du nouvel album du Français Talisco, retour sur un disque pop réussi qui s’avère être un véritable voyage ensoleillé. Fort de son titre phare Stay (Before the Picture Fades), Jerôme Amandi (de son vrai nom) et ses musiciens prennent depuis ce début d’année une toute nouvelle dimension en Europe.

7 mars 2016, 22h30. Salle du Divan Orange. En compagnie des locaux On a crée un monstre et Jeffrey Piton, le Français Talisco et son groupe présentent, en avant première, quelques-unes des nouvelles compositions de Capitol Vision, telle l’entraînante Stay (Before the Pictures Fades). Et c’est un peu moins d’une année plus tard que débarque enfin cet opus scintillant qui souffle un vent de fraîcheur pop dans la chaleur ardente d’une Californie inspirante.

Mentionner ce grand Etat de l’Ouest américain n’a rien d’anormal puisque c’est là que le multi-instrumentiste Jerôme Amandi s’est inspiré de ce qui constitue maintenant le corps de son second album faisant suite au réussi Run (2013) et ses tubes The Keys ou Your Wish, qui l’ont fait connaître évidemment en France mais aussi en Suisse, Belgique et Allemagne.

Disponible depuis le 27 janvier dernier, Capitol Vision est un donc album très personnel pour le Bordelais, qui fût d’ailleurs adopté, le temps d’une année, par Montréal. En plus d’avoir joué la majorité des instruments et enregistré de façon autonome les deux-tiers de cet opus, le processus de composition s’est avéré lui aussi particulier comparé à son premier essai. Interrogé par Abigaïl Aïnouz chez nos confrères des Inrocks, il avoue ainsi que « le premier album a été créé autour du fantasme [et] le deuxième (…) autour de la réalité ». Et ça se ressent. À l’écoute de ce récit de voyage musical, on sillonne les routes et les vallons de vignobles sous haute dose d’énergie. À vrai dire, on entend même l’écho renvoyer les contretemps de l’excitante Monsters and Black Stones depuis les parois rocheuses du Pacifique.

Avec Capitol Vision, on respire différentes odeurs, on perçoit aussi différents sentiments. Souvent agréables, ces quarante minutes s’avèrent être tintées tantôt d’une quiétude ambiante comme sur The Martian Man, tantôt d’une plaisante tension rythmique avec The Race. Mais résumer ce nouvel album par ces quelques titres s’avère réducteur puisque dans le lot se dévoile une variété de sonorités qui pourraient s’avérer pesantes aux premiers abords mais qui n’atteindront jamais le sentiment de désolation, comme pour les stupéfiantes Behind the River ou Sitting with the Braves. Une forme de plongée abyssale qui se conclue finalement par une rédemption face à un soleil couchant.

En nous montrant toute l’étendue des capacités vocales et instrumentales que présente Jérôme Amandi en tant qu’auteur, compositeur et interprète d’une électro-pop enjouée, ce nouveau Capitol Vision mérite d’être écouté, ne serait-ce que pour son sentiment d’évasion. La qualité de certains titres joués par Talisco s’avèrent d’ailleurs puissants émotionnellement, notamment Before the Dawn et sa conclusion réussie. Alors puisque le froid est bel et bien présent, c’est le moment idéal pour partir sur les routes californiennes. Et cela ne coûtera qu’onze titres.

 

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