The Dead South
Critique Publié le

The Dead South au Théâtre Corona | Le folklore du Nord est bien vivant

Le phénomène bluegrass canadien The Dead South a emporté mercredi soir un Théâtre Corona complet et survolté dans presque deux heures d’un spectacle de musique acoustique, pure et authentique : superbe.

Ou comment quatre canadiens des Prairies ont conquis une foule déchainée avec simplement quatre instruments, quelques lumières, quelques accords, mais une tonne de talent et d’énergie. Et quel bonheur dans notre ère supra-technologique et numérique d’assister au triomphe de ces quatre cowboys du Saskatchewan qui font vivre la tradition ancestrale de la musique folk et bluegrass.

Photo de Susan Moss

La prouesse de The Dead South ce soir, c’est d’arriver à faire lever une foule dans une salle de cette taille, juste aux sons de leurs voix et de leurs doigts sur leurs instruments à cordes. Pas de batterie, pas d’amplis, pas d’effets : l’essence pure de la musique, et ça marche. Le public montréalais danse, saute, tape du pied et fait trembler le plancher en bois, crie, hurle, et la sécurité vient même calmer un mosh-pit qui devient intense sur les morceau rapides: on a déjà vu des concerts de metal dans cette salle avec moins d’ambiance…

Les quatre musiciens sont irréprochables et chacun excelle dans son instrument, en plus de tous chanter en harmonie. Un joueur de banjo timide au sourire contagieux fait claquer des arpèges à toute vitesse, les deux chanteurs principaux n’échangent pas leurs chapeaux mais leurs guitares et mandolines. Et que dire de ce joueur de violoncelle remarquable, qui s’en sert principalement comme contrebasse, jouant aux doigts mais aussi à l’archer pour des passages plus calmes. Très habile pour faire changer les couleurs et sonorités. Et c’est là toute la force de The Dead South : dans un genre de musique qui peut vite être répétitif, le quatuor arrive à varier les dynamiques et les ambiances, avec des chansons très inspirées et riches en mélodies. Moment fort : l’incroyable In Hell I’ll Be in Good Company où le groupe tient la foule entière juste avec le banjo, le violoncelle, et des voix: magnifique.

Photo de Susan Moss

Piochant principalement dans leurs 2 derniers albums Illusion & Doubt et Good Company, mais aussi quelques nouveautés comme Snake Man, The Dead South prouve ce soir qu’il sonne aussi bien, voir mieux que sur Youtube, où le groupe collectionne les millions de vues. Comme quoi il n’y a pas besoin de passer à la radio ou TV pour remplir des grandes salles : The Dead South surfe sur le succès et enchaîne les dates à guichets fermés jusqu’en Europe, et ce soir n’y fait pas défaut.

La mise en scène est simple mais très bien faite : quatre ampoules vintage à la lumière chaleureuse sont placées devant les musiciens et jouent avec le reste des éclairages, donnant parfois l’effet qu’ils sont dans une taverne, ou même au bord d’un feu, qui sont d’ailleurs les endroits de prédilections de leur musique. Ils ont même ramené un peu de forêt dans leur décor. On constate aussi que les gars sont bien rodés avec leurs petites chorégraphies, ou encore cette intro où le décompte « 1,2,3,4 » est fait par des ouvertures de canettes de bière.

Photo de Susan Moss

« Merci Montréal, on revient quand vous voulez ! » lance le chanteur en français après avoir plongé dans la foule pour rejoindre le mosh pit pendant le rappel. Et honnêtement on espère aussi qu’ils vont vite revenir, leur musique fait du bien. Chapeau bas The Dead South, que les vôtres vous emmène plus haut encore.

Artistes
Villes
Salles

Vos commentaires