The Dodos
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The Dodos au Ritz P.D.B. | Une fascinante complexité

Après trois ans d’absence, The Dodos revenait à Montréal dans le cadre de la tournée comptant pour leur septième album studio « Certainty Waves ». Sans artifices, le duo californien aura simplement offert aux spectateurs du Ritz P.D.B. une heure musicalement riche à travers des sonorités saisissantes.

 

Les lumières sont tamisées et une délicate ambiance s’étend dans la salle, comme bien souvent dans le fameux bar-spectacle du Mile-Ex. Elle laisse le temps pour certains de terminer leur partie de pinball et pour d’autre, d’entamer une bière fraîche avant les concerts de ce dimanche.

Après une première partie offerte par Palehound (voir plus bas), The Dodos font leur entrée sur la petite scène et leur décontraction est à l’image de leur musique. Paradoxalement, derrière cette pointe de psychédélisme qui définit leur folk se cache une musique progressive qui surprend très souvent. En fait, The Dodos est ce genre de groupe qui, derrière la complexité de ses pièces, serait difficile d’approche mais par le choc de ses couleurs sonores arrive à faire ressortir de leur art une fascination immuable, en témoigne le silence complet qui habilla l’heure de concert des californiens. Et cela commença dès les premières chansons avec les polyrythmies de la récente Forum, où la voix exceptionnellement nonchalante de Meric Long rappelle subtilement celle de Julian Casablancas. Nombreux titres de Certainty Waves seront d’ailleurs joués ce dimanche soir (Coughing, Center Of ou encore la détonante SW3).

Un duo en symbiose

Parlant de silence, le public aura été fantastique cette soirée et de vrais mélomanes étaient sur place. Oui, ceux-là même qui, à l’inverse des grandes salles populaires, se taisent lorsque Long interprète à la guitare acoustique des séquences calmes sur Confidence ou Winter issu de l’album culte Visiter (2008). Une expérience bonifiée à partir de laquelle le fondateur du groupe aura d’autant plus subjugué la foule, d’abord par son charme discret, mais surtout par cette voix puissante qui s’imprègne dans les tympans lorsque les « hé » résonnent sur l’excellente Black Night! Les mélomanes s’enthousiasmeront aussi lorsque l’orage rythmique, amorcé par Logan Kroeber, s’invite dans Competitions puis l’excellente Fools, l’un des clous du spectacle derrière sa progression exaltante.

Le batteur fêtait d’ailleurs son anniversaire ce soir là, et le public le lui rendait bien. Derrière une salve d’applaudissement et après un shooter de liqueur offert par la maison, le duo revint (par deux fois) sur scène pour interpréter deux titres intenses dont la magnifique Joe’s Walz qui démontre, à elle seule, à quel point Long et Kroeber sont complémentaires. Et surtout de magnifiques musiciens.

Palehound en ouverture

C’est le groupe de Boston Palehound qui s’est d’abord invité sur scène. D’habitude en formation trio, la guitariste et chanteuse Ellen Kempner n’était accompagnée ce soir là que de sa bassiste. Dommage, car sans batterie, le rock sauvage proposé sur les albums Dry Food (2015) et A Place I’ll Always Go (2017) devenait peu avenant. Il n’empêche que le potentiel du projet est là car la technique musicale de Kempner est excellente derrière des titres efficaces. Un groupe à revoir très certainement, mais dans de meilleures conditions.

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