The Drums
Critique Publié le

The Drums au Théâtre Fairmount | Une ambiance électrique

The Drums s’arrêtaient à Montréal en ce début de semaine pour y jouer son dernier disque « Abysmal Thoughts », mais aussi ces titres qui ont propulsé les Américains sur le devant de la scène au début des années 2010. Et le public a apprécié !

Fondé en 2008, c’est déjà un quatrième album qui accompagne la discographie de The Drums. Le groupe originaire de Brooklyn a sorti au début de l’été le réussi Abysmal Thoughts dans la lignée de leurs précédents opus The Drums (2010), Portamento (2011) et Encyclopedia (2014). C’est tout de même trois années qui ont été nécessaires pour concevoir ce disque qui offre une belle occasion aux Américains de rependre à nouveau leur indie pop soignée. On s’attend donc, lorsque l’on franchit les portes du cosy Théâtre Fairmount à voir des gars enjoués, guidés notamment par la voix du fondateur Jonathan Pierce après une jolie entame proposée par Methyl Ethel. Et ce sera le cas.

Methyl Ethel : un groupe à suivre de près

 En ligne devant une marée d’instruments, la première partie de The Drums est originaire d’Australie. Perth pour être plus précis. Et si bien que le décalage horaire puisse affecter nos humeurs, celle de Methyl Ethel était surprenante. Le quatuor a joué un set particulièrement riche dans un style électro-pop psychédélique avec l’entraînante No. 28 ou encore la troublante Hyakki Yako. Dans la veine de Portugal. The Man, tout est joué avec une certaine poésie qui fait de Methyl Ethel un groupe à suivre sérieusement !

Plus rock que pop

Pendant que le public hétéroclite du Fairmount s’abreuve, le rideau tombe dévoilant une banderole où sont simplement écrite en grands caractères ‘’The Drums’’. Aucun risque de se tromper si bien qu’une dizaine de minutes plus tard, le quatuor américain fait son apparition sur scène devant une salle presque comble.

Disposés de manière classique sur scène, les musiciens offrent tout l’espace nécessaire pour le chanteur Jonathan Pierce. Devant SON public, il tient une place prépondérante au centre et ce dès l’entame du spectacle avec What You Were. Un reverb forge progressivement une ambiance digne des playlists que l’on écouterait sur la route. Si elle joue un rôle majeur depuis toujours sur les productions studios, cette réverbération est plutôt absente dans ce qui est un concert bien plus rock qu’indie pop. Et cela ne déplaît pas les gens amassés devant la scène.

Les chansons s’enchaînent et sont aussi entraînantes les unes que les autres à l’image de Me and the Moon ou Heart Basel. Puis Let’s Go Surfing arrive à point nommé avec sa dose de rock bien soutenue qui marque toutefois les limites sonores d’un spectacle inégal. Inégal, oui, parce qu’en terme de rendu sonore, les aiguës sont souvent difficiles à supporter tandis que la basse assoupi parfois le son d’une guitare déjà bien timide. Ces détailles techniques n’empêcheront en rien le public de s’éclater puisque sous les amples mouvements de Johnny, la rythmique dédoublée sur Money ou Blood Under My Belt font des ravages.

 

Le show de Johnny Pierce

Moins d’une heure après le début du spectacle, les quatre gars sortent de scène sous les acclamations. Bien trop tôt dans le set et bien trop long dans l’attente, Johnny revient en héro pour encore une vingtaine de minutes. Un verre de vodka à la main, il trinque et perpétue une réputation de chanteur parfois tipsy… qu’il assume. Après les deux énergiques Best Friend et Rich Kids, Johnny Pierce prend trois minutes de son temps pour envoyer un doux message de confiance vu qu’il est assez sobre comparé à d’autres places. ‘’Be yourself’’ dit-il. Et il n’y a pas à dire, c’est ce qu’il est pleinement sur scène…

Il en profite d’ailleurs une dernière fois sur la mystique Down By the Water et surtout If He Likes It Let Him Do It où son bain de foule conduit à des attouchements sensuels (et consentants) de la part de son jeune public.

Si Jonathan Pierce est le dernier des membres fondateurs à faire vivre le groupe après deux départs successifs (Connor Hanwick et Jacob Graham), il conserve néanmoins un flegme paradoxalement charismatique. Ses petits pas de danses et autres mouvements lancinants se conjuguent à une voix singulière toute en puissance. Il vit son moment et son public avec. Une belle communion avant que Johnny vienne à son tour le saluer personnellement…

 

 

Liste des chansons

  1. What You Were
  2. Me and the Moon
  3. Book of Stories
  4. Heart Basel
  5. Days
  6. Let’s Go Surfing
  7. Money
  8. I Need A Doctor
  9. Blood Under My Belt
  10. Best Friend
  11. Rich Kids
  12. Head of the Horse
  13. Mirror
  14. If He Likes It Let Him Do It
  15. Down By the Water

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